Le Festival du film 48 est de retour. Pour cette nouvelle édition, de nouvelles règles encadrant l’utilisation de l’intelligence artificielle ont été mises en place, tandis que les participants pourront concourir pour un tout nouveau prix.
Un marathon de création chronométré
Silence, moteur, action! Pendant toute une fin de semaine, plusieurs équipes de cinéastes de tous niveaux se réuniront pour réaliser des courts-métrages de trois minutes.
Qu’ils soient comiques, fantastiques ou dramatiques, ces projets débuteront dans la soirée du 12 juin et devront être tournés, montés et prêts à être projetés d’ici le 14 juin.
Les règles du concours encadrent strictement le calendrier de production.
Dès le premier jour, chaque équipe reçoit un document clé présentant les critères imposés par le jury (comme une réplique précise à intégrer ou une contrainte de mise en scène).
James McLellan, président du Festival du film 48, explique que cette règle vise à éviter la tricherie et à garantir que toutes les œuvres soient bien conçues durant le temps imparti.
« C’est notre façon de veiller à ce que les films restent fidèles à l’esprit du concours, et cela change chaque année »
Cependant, cette année, la feuille de route ne sera pas la seule nouveauté.
L’IA sous haute surveillance
De nouvelles directives concernant l’IA s’appliqueront désormais aux soumissions.
Il sera permis d’y recourir pour nettoyer le son capté sur le tournage ou pour prolonger des effets spéciaux.
James McLellan compare ce second usage à l’utilisation d’un fond vert, tout en reconnaissant les limites actuelles de cette technologie.
En revanche, aucune tolérance ne sera accordée à la génération de musique ou de comédiens par IA : chaque performance devra être portée par de vrais interprètes.
Ces règles s’inspirent de celles du Festival de Cannes, bien qu’elles se révèlent ici plus restrictives.
Le président souligne l’importance de devancer les évolutions technologiques avant qu’elles ne soient utilisées sans cadre.
« Nous avons examiné ce que faisaient d’autres organisations avant de prendre position. Il était important pour nous de nous exprimer rapidement et de clarifier notre position », déclare-t-il. « En fin de compte, notre objectif est de rassembler la communauté pour réaliser des films. »
Le guide d’utilisation de l’IA sera fourni à chaque équipe en même temps que leurs critères de production.
Récompenser la conception artistique
L’autre nouveauté majeure est la création d’un prix de la meilleure conception artistique, remis lors du gala de clôture. Remplaçant le prix du design sonore, il est né d’un constat unanime du jury l’an dernier : les efforts des équipes pour bâtir des univers immersifs méritent d’être salués.
Aucun critère rigide n’est fixé. Le jury se laissera guider par son coup de cœur visuel, garantissant ainsi les mêmes chances à tous les genres cinématographiques. Une comédie pourra se démarquer par des accessoires loufoques, tandis qu’un film fantastique ou de super-héros brillera par des maquillages et des costumes extravagants.
« Même un appartement délabré, destiné à un personnage ou à une histoire tragique, peut constituer une bonne conception artistique. Si l’univers représenté à l’écran nous semble crédible, ça compte », explique-t-il.
Les nominations seront dévoilées lors du Festival International du Film de Gimli, où les 18 meilleurs films seront projetés.
Selon James McLellan, cette formule permet au public de mieux apprécier les détails techniques salués par le jury. Enfin, la remise des prix officielle aura lieu en août au Centre culturel franco-manitobain, lors d’une soirée où l’ensemble des films soumis seront diffusés.
« Ces projections sont tout simplement l’occasion idéale pour les cinéastes de se rencontrer et d’échanger sur leurs films respectifs. C’est vraiment ça, l’essence de tout cela. »



