La banque centrale du Canada a maintenu mercredi son taux directeur à 2,25%, évoquant des “signes d’amélioration” de l’économie canadienne alors que les entreprises ont commencé à s’adapter à la guerre commerciale lancée par Washington.

C’est la sixième fois consécutive que l’institution maintient son taux inchangé.

Le Canada est entré en récession technique au premier trimestre, après deux trimestres consécutifs de repli de son PIB, mais “des signes montrent clairement que l’économie a renoué avec la croissance au deuxième trimestre”, a assuré la banque centrale dans son communiqué.

“Nous percevons une légère accélération des exportations, les entreprises s’étant adaptées aux droits de douane américains”, a détaillé son gouverneur, Tiff Macklem, lors d’une conférence de presse.

Durement touchées par les droits de douane mis en place par Donald Trump depuis le début de son deuxième mandat en 2025, les entreprises canadiennes ont réagi en diversifiant leurs exportations.

“Les entreprises, comme celles du secteur de l’aluminium, trouvent des nouveaux marchés, en Europe par exemple”, a souligné le gouverneur de la banque centrale.

Malgré les tensions commerciales entre les deux pays, le marché américain reste toujours demandeur de produits canadiens et certaines entreprises américaines “augmentent leurscommandes” au Canada, a-t-il ajouté.

L’excédent commercial du Canada a d’ailleurs de nouveau bondi en mai pour atteindre son plus haut niveau en quatre ans, porté notamment par une hausse des exportations vers les Etats-Unis.

Incertitudes “considérables”

En annonçant le maintien de son principal taux, la banque centrale souligne néanmoins que “des incertitudes considérables” liées à la guerre au Moyen-Orient et à la politique commerciale de Donald Trump persistent.

Washington a ainsi annoncé le 1er juillet qu’il ne renouvellerait pas l’accord de libre-échange entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique (ACEUM), le soumettant désormais à une revue annuelle et à une prolongation d’année en année.

Cet accord est vital pour le Canada, les Etats-Unis étant son principal partenaire commercial et la destination de 75% de ses exportations.

En outre, la reprise des bombardements en Iran, d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, mine les efforts diplomatiques pour rendre durable le protocole d’accord signé le 17 juin et déstabilise encore davantage l’économie mondiale.

“Les pressions sur les coûts liés à la guerre continuent de se répercuter sur certains prix à la consommation”, estime la Banque du Canada.

L’inflation a atteint 3,2% en mai du fait de la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. La banque centrale estime qu’elle devrait “rester élevée en juin puis ralentir progressivement” au cours des mois suivants.

“Même si l’incertitude demeure élevée, le ton adopté par la Banque du Canada était légèrement plus optimiste”, a estimé dans un communiqué la banque Desjardins, qui prévoit le maintien de ce taux directeur jusqu’à la fin 2026.

La prochaine publication du taux directeur par la banque centrale est prévue le 2 septembre.

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