Devenir cinéaste n’était pas un rêve d’enfance du franco-manitobain Julien Nayet-Pelletier.

Mais bien qu’il ait toujours été fasciné par la nature et le théâtre, et bien qu’il demeure fan des documentaires de David Attenborough, c’eat donc sans surprise que la vie l’a finalement mené sur cette voie.

Il est l’animateur de la série numérique Julien Looks Under Things, où il vise à dévoiler les éléments variés de la nature avec humour et un talent pour rendre la nature accessible.

Cette série a commencé pendant la pandémie, lors de son travail avec le marais Oak Hammock, où il a très vite découvert que sa passion pour la science se traduisait surtout par une passion pour sa vulgarisation.

« Être interprète de la nature, c’est une façon de réunir toutes ces passions. Au début, ce n’était qu’un emploi d’été pendant mes études en sciences. Mais entre ce travail et mes cours, j’ai réalisé que ce que j’aime le plus, plus encore que la recherche, c’est présenter la science et éduquer les gens. »

Mais même avant l’inauguration de cette série, il a toujours été un voyageur invétéré et un amoureux de la faune. Il partage avoir voyagé au Costa Rica pour travailler avec des organismes locaux afin de contribuer à la protection des tortues marines.

Cette même volonté de rendre la nature accessible au plus grand nombre l’a ensuite mené jusqu’en Australie, où il a réalisé son premier court métrage international.

C’est à son retour qu’il a appris comment utiliser une caméra plus professionnelle et des logiciels de montage.

Et c’était avec ces outils qu’il a pu réaliser son projet le plus récent.

Sous les eaux de l’Islande

Inspiré par un documentaire de David Attenborough qu’il a visionné en Islande, intitulé David Attenborough : L’Appel de l’Océan, Julien Nayet-Pelletier a voulu explorer ce terrain à sa propre façon.

« Le film montre les nombreux problèmes auxquels l’océan est confronté, et ils sont tous urgents. Mais il présente aussi des entrevues avec des personnes qui travaillent à sa protection, notamment des communautés locales et autochtones de partout dans le monde qui prennent soin de leur portion de l’océan.

« C’était très intéressant, parce que ça me donnait de l’espoir. Ce n’est pas souvent que les documentaires sur l’environnement donnent ce genre de sentiment », répondit-il, ému aux larmes.

Alors qu’il se trouvait encore en Islande, il a profité de l’occasion pour explorer la vie sous-marine locale et s’entretenir avec des experts de la région, qui sont tous devenus les vedettes du film Julien Looks Under Things: Under Iceland’s Waters.

Ce film, d’une durée d’environ quarante minutes et qui est désormais disponible gratuitement sur sa chaîne YouTube, vise à sensibiliser le public aux écosystèmes marins entourant le pays, ainsi qu’à ceux présents dans ses lacs.

Les défis auxquels ces écosystèmes sont confrontés sont également soulignés, tels que le changement climatique, la pollution causée par les particuliers et les entreprises, ainsi que les espèces envahissantes.

Toutefois, s’inspirant du dernier film de David Attenborough, il a consacré du temps à mettre en lumière les efforts déployés par des particuliers et des organisations pour préserver ces espèces et leurs écosystèmes.

« Chaque personne à qui j’ai parlé faisait quelque chose de différent. Il y avait des scientifiques, mais aussi des artistes, des avocats et des guides touristiques. Ça montre très bien comment les arts et les sciences peuvent se compléter. La science est essentielle, bien sûr, mais il faut aussi faire en sorte que le public comprenne ce qui se passe. »

La biodiversité aquatique sous les projecteurs

Parmi les espèces qui figurent dans le film, du plancton aux baleines, en passant par diverses espèces de poissons, de vers aquatiques et de coraux. Une biodiversité qui l’a particulièrement impressionné, puisqu’il ignorait auparavant que ces espèces étaient présentes naturellement dans la région.

L’omble chevalier était, avant tout, son espèce préférée dans le film, en raison de l’histoire de son adaptation à la région — un aspect qu’il a découvert lors du tournage.

« Dans certaines régions d’Islande, l’activité volcanique a isolé des populations dans des grottes. À travers seulement 2 000 ans, l’omble chevalier a évolué pour s’adapter à ces grottes, en devenant beaucoup plus petits que d’autres espèces. La vitesse de l’évolution ici est fascinante », raconte-t-il avec enthousiasme.

Il s’estime très chanceux d’avoir eu l’occasion de les filmer pour son documentaire.

Les sujets – et les enjeux auxquels ils font face – servent à mettre en lumière l’écologie islandaise, estime-t-il. Selon lui, le film pourra encourager les gens qui souhaitent protéger les eaux canadiennes, ou même manitobaines.

Bien qu’il ne croit pas que le film donne des réponses spécifiques aux défis canadiens, il estime qu’être conscient de ces problèmes est une étape essentielle pour les résoudre.

« Il y a déjà beaucoup de gens qui travaillent en science, en architecture et en vulgarisation. J’aimerais, moi aussi, contribuer à ce travail. »

Il confie qu’il aimerait un jour réaliser un documentaire similaire sur les terres humides — que ce soit au Canada ou ailleurs — car il continue d’observer les défis qui y sont liés.

Les océans islandais à l’honneur

 Le film a été projeté pour la première fois à la Nordic House — un lieu qu’il compare au Centre culturel franco-manitobain — à Reykjavik. Bien que le projet ait été en grande partie autofinancé, il a pu présenter le film grâce au soutien financier de l’organisme SEEDS Iceland.

Julien Nayet-Pelletier espère créer un portfolio avec ce film en vedette, afin d’obtenir plus de financements à l’avenir pour ses autres projets.

Le documentaire sera aussi projeté au New Iceland Heritage Museum à Gimli dès le 15 août.

Il décrit la réception du film à Reykjavik comme étant « très bonne ».

« Tout repose simplement sur l’art de raconter une histoire — et sur beaucoup de pratique. Même lorsque je réalise mes films, je me déplace toujours avec ma caméra. Dès que je vois quelque chose, je le filme », partage le cinéaste en montrant sa caméra compacte.

Il avoue que la taille minuscule de sa caméra lui permet de tourner des scènes et des moments presque n’importe où dans la nature.