L’inflation a accéléré à 3 % sur un an en juillet au Canada, sous l’effet de la remontée des prix de l’essence liée au conflit au Moyen-Orient, selon des données officielles publiées lundi.

En juin, l’inflation s’était établie à 2,8 %.

L’annonce de cette accélération des prix à la consommation en juillet intervient juste avant l’entrée en vigueur, prévue le 19 août, de nouveaux droits de douane punitifs américains de 50 % sur plusieurs produits canadiens.

Interrogé à ce sujet lundi, le Premier ministre canadien Mark Carney a souligné que les négociations en cours entre les deux pays pour tenter d’éviter ces nouveaux droits de douane étaient “intenses et délicates” mais a refusé de donner des détails. Il a assuré que le pays avait des “options” pour se défendre s’ils entraient en vigueur.

Les prix à la pompe ont augmenté de 25,7 % sur un an en juillet du fait de la persistance du conflit au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz, a détaillé l’agence Statistique Canada.

L’augmentation du coût du transport aérien et des hébergements touristiques liée à la Coupe du monde de football, dont le Canada était l’un des pays hôtes, ont aussi concouru à la hausse de l’inflation.

En dépit de cette accélération, “la Banque du Canada n’a pas à se précipiter pour relever ses taux d’intérêt”, juge, dans un communiqué, l’économiste de la banque CIBC, Andrew Grantham.

Le 15 juillet, la banque centrale avait maintenu son taux directeur à 2,25 %, évoquant alors des “signes d’amélioration” de l’économie canadienne. Sa prochaine annonce concernant ses taux est prévue le 2 septembre.

La perspective de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains introduit néanmoins un nouveau degré d’incertitude.

Le ministre canadien des Relations commerciales Etats-Unis-Canada, Dominic LeBlanc, est actuellement à Washington pour tenter d’éviter l’entrée en vigueur de cette nouvelle salve de droits de douane et obtenir parallèlement un allègement de l’ensemble des droits de douane sectoriels déjà imposés par l’administration Trump.

Une entrée en vigueur mercredi de ces nouveaux droits de douane “reste un risque manifeste pour l’économie canadienne”, note l’économiste de la banque TD, Leslie Preston.

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