Danser, célébrer sa culture et prendre sa place : voilà le programme de la Nuit de la jeunesse Afro, de retour ce 28 août au Centre culturel franco-manitobain (CCFM).
Pour Malaïka Mone et Stacey Ehako, l’évènement représente aussi une occasion de développer leur leadership et de faire entendre la voix des jeunes noirs du Manitoba.
Après une première édition au mois de février, la Nuit de la jeunesse Afro revient pour marquer la fin des vacances d’été ce vendredi 28 août 2026 au Centre culturel franco-manitobain.
C’est sous l’impulsion du comité jeunesse de Noir et Fier et notamment de ses membres, Malaïka Mone et Stacey Ehako que la soirée fait son retour ce mois-ci.
Au-delà de l’envie de célébrer la diversité et de, tranche d’âge oblige, kiffer chaque instant, la Nuit de la jeunesse Afro est aussi une façon de rappeler que « l’on est noirs toute l’année, pas seulement en février ».
Le comité jeunesse a vu le jour avec la volonté de donner plus de voix et d’espace aux jeunes membres de la communauté noire, c’est donc sans hésitation que Malaïka Mone s’est lancée dans l’aventure.
« J’ai accepté parce que je trouvais que le mois de l’histoire des Noirs n’était pas assez célébré et j’ai voulu saisir la chance d’apporter quelque chose en plus à ce mois très spécial pour beaucoup de personnes et aussi pour les jeunes. »
Pour la jeune adulte, prendre part au comité représente à la fois l’occasion d’avoir un impact sur la vitalité de la jeunesse noire, mais il s’agit aussi d’un moyen de vivre sa communauté.
« Je voulais pouvoir embrasser ma communauté noire et de montrer que je suis fière d’être noire aussi. »
Pour Stacey Ehako, cet engagement auprès de Noir et Fier est une manière de prendre sa place.
Lorsque Wilgis Agossa, directeur artistique et fondateur de l’organisme, affectueusement surnommé Tonton, lui propose d’embarquer, Stacey Ehako n’hésite pas.
« Je me suis dit, c’est le moment où les jeunes doivent se lever pour montrer que l’on a notre place dans la société et que l’on peut faire des choses, même à notre âge. »
À travers le comité, les deux jeunes femmes, respectivement âgées de 16 et 17 ans, développent aussi des compétences.
Organisation, collaboration et prise de décision, des compétences que Stacey Ehako compte bien utiliser à l’avenir.
« J’adore créer des évènements et j’aime faire la fête. Mon rêve c’est de créer un grand festival ici comme la fête de la musique à Paris! Parce que c’est un rassemblement de toutes les communautés. »
Malaïka Mone, elle aussi, retire beaucoup de cette expérience.
« J’apprends à faire des compromis et ça développe le leadership, l’esprit d’équipe mais aussi la résilience. »
Toutes les deux s’accordent également à dire que leur engagement auprès du comité jeunesse ouvre une fenêtre vers une vie et des réussites qui s’éloignent du cadre scolaire.
« Ça montre que tu peux faire autre chose et être fier de toi-même au-delà de la réussite scolaire. Ça montre que la vie ne se résume pas qu’à ça, que tu peux créer de belles choses et ça te pousse à prendre des responsabilités. »
Une belle expérience donc, et qui, au regard de leur enthousiasme ne risque pas de s’arrêter de sitôt.
Malgré son ancrage dans la culture afro, la Nuit de la jeunesse n’est pas un évènement fermé.
Les organisatrices insistent sur le fait que toutes les communautés sont les bienvenues.
L’on souhaite célébrer son identité sans créer un espace d’exclusion.
« On veut montrer l’ambiance à l’africaine, explique Malaïka Mone, mais il ne s’agit pas de rejeter les autres communautés, au contraire. Plus on est de fous, plus on est heureux, venez découvrir comment on s’amuse. »
Quant à la soirée, elle se déroulera de 18h à 23h et les places sont d’ores et déjà disponibles à la vente sur le site internet de Noir et Fier (1).
Sauf pour les parents bien sûr, après tout, « c’est la nuit de la jeunesse ! ».
Initiative de journalisme local
