Après 12 ans à la direction générale du Centre Renaissance, Daniel Beaudette tire sa révérence. Il laisse derrière lui un organisme en bonne santé, que son successeur Nolin Turenne entend bien continuer à développer.

Après avoir consacré plus de 40 ans de sa vie au domaine de la santé mentale, Daniel Beaudette prenait sa retraite le 28 septembre après 12 ans passés à la direction générale du centre Renaissance.

Le Franco-Manitobain a débuté sa carrière en 1982 auprès des jeunes dans les écoles de la province avant de rejoindre le Service correctionnel du Canada en 1988.

Il offrira des services psychologiques dans le milieu carcéral jusqu’en 2013 où il prendra sa première retraite… pendant neuf mois.

« Je suis venu rendre visite à l’un des conseillers ici (au Centre Renaissance) et on m’a dit qu’il n’y avait pas de directeur. J’ai décidé de parler au président du CA de l’époque, Claude Dufault, qui m’a proposé la job et j’ai accepté. »

Le Centre Renaissance fournit des services essentiels d’accompagnement psychologique bilingue.

À l’époque où il rejoint le navire, Daniel Beaudette se souvient que l’organisme traversait une mauvaise passe.

« Le président pensait que l’on allait fermer nos portes. On ne payait pas beaucoup les employés, la plupart étaient des conseillers ou psychologues à la retraite. C’était un modèle qui fonctionnait bien pour ceux qui souhaitaient travailler un peu et rencontrer des gens. L’idée était de faire venir des professionnels prêts à se dévouer au centre à plein temps. »

Lorsqu’il prend le poste, Daniel Beaudette entend rester « trois ou quatre ans ».

12 ans plus tard, force est de constater qu’il aura largement dépassé ses propres prévisions!

« Au fur et à mesure, j’étais de plus en plus intéressé à développer des services à différents endroits, l’Université de Saint-Boniface, à Sainte-Anne aussi où il n’y avait pas de services en français. Sainte-Agathe, Saint-Adolphe, La Broquerie. Au départ c’était une question d’offrir des services aux francophones. »

Au fil de sa carrière, Daniel Beaudette a vu les mentalités évoluer autour de la santé mentale, la stigmatisation lentement se retirer.

« Il y a eu aussi un moment où les compagnies d’assurance ont commencé à admettre les travailleurs sociaux dans leur volet de prestations pour répondre au problème de pénurie de psychologue. Ça a permis à un plus grand nombre de personnes d’obtenir des services en santé mentale. »

C’est en raison des progrès, mais aussi des défis que la carrière de Daniel Beaudette a fini par s’allonger.

Il se souvient notamment de la période de pandémie de COVID-19 pendant laquelle, « on a réussi à faire avancer les choses et continuer d’offrir des services ».

Fier du chemin parcouru, Daniel Beaudette passe le relais à Nolin Turenne.

Le nouveau directeur général cumule plus de quinze ans d’expérience en intervention psychosociale, en conseil, en enseignement postsecondaire ainsi qu’en supervision clinique.

Il a exercé, entre autres, en tant que travailleur social scolaire, clinicien en santé mental ou encore thérapeute en pratique privée. Métis et francophone, Nolin Turenne est né et a grandi à Winnipeg.

« Je ne pensais pas du tout à prendre ce poste de direction, admet-il. J’ai commencé avec le centre il environ deux ans et quand Daniel m’a annoncé qu’il prenait sa retraite, j’y ai vu une façon pour moi de continuer à desservir la communauté francophone. »

Bien conscient de l’importance que revêt l’organisme pour la francophonie manitobaine, les priorités de Nolin Turenne prennent déjà forme.

« Renforcer nos services ailleurs en dehors de la ville, et le recrutement de personnes francophones est important aussi. »

En particulier lorsqu’il s’agit de trouver des spécialistes.

Aujourd’hui le Centre Renaissance éprouve de la difficulté à offrir des services adressés aux enfants.

« Lorsque les parents appellent, nous sommes souvent obligés de leur demander si leurs enfants parlent anglais », explique Daniel Beaudette.

Pour le reste, Nolin Turenne couvre l’ambition « d’honorer ce que fait déjà le centre et explorer des façons d’élargir nos services jusqu’à Notre-Dame-de-Lourdes par exemple, explorer les services virtuels. Je veux vraiment miser sur la communauté francophone. »

Le Franco-Métis reprend donc les rennes d’un organisme en santé, sur de « bonnes bases ».

Lorsque vient le moment de faire le bilan, Daniel Beaudette semble serein.

« On est maintenant loin de devoir fermer nos portes. On est capable d’offrir des frais compétitifs, on est capable de facturer auprès des compagnies d’assurance, on a augmenté les salaires de nos professionnels et recruter des plus jeunes. Je suis optimiste, on part dans la bonne direction. »

Le Centre Renaissance a vu le jour en 1979 sous l’impulsion de Gilles Beaudry.

Il compte aujourd’hui une dizaine de professionnels de la santé mentale.

Initiative de journalisme local