Quelle place la culture occupe-t-elle dans la vie des Franco-Manitobains en région rurale et qu’attendent-ils de leurs comités culturels?

Camille SÉGUY

« La culture, c’est la préservation de notre langue et de nos traditions », affirme la résidante de Sainte-Anne, Lise Dupuis. Le résidant de Sainte-Anne, René Dupuis, ajoute que « pour savoir qui je suis, je dois savoir d’où je viens ».

Fêter les traditions culturelles grâce aux comités culturels, notamment dans les villages, est donc vu comme un gage d’identité pour beaucoup.

« Grâce aux activités qu’il offre, un comité culturel donne une identité à un village, souligne le résidant de Saint-Adolphe, Gilles Gratton. Ça donne le goût d’appartenir à un groupe. La culture se partage et se transmet, entre amis, entre voisins, en famille. On sait qu’on n’est pas seuls, donc ça renforce les liens. »

« Ça crée la joie de vivre ensemble, renchérit la résidante de Sainte-Anne, Émilienne Tougas. On a toujours beaucoup de plaisir aux activités du comité culturel. »

L’identité passe aussi par la langue française, chère aux comités culturels des villages bilingues du Manitoba. « S’il n’y a pas de langue, il n’y a pas de culture », affirme la résidante de Winnipeg, Lynne Connelly.

« Les comités culturels organisent des activités en français, remarque la résidante de Sainte-Geneviève, Juliette Brandt. On peut parler anglais si on veut, mais c’est d’abord en français. On n’a pas besoin de se forcer. »

Le résidant de Winnipeg, Claude Allard, se réjouit d’ailleurs que « grâce au travail des comités culturels, la langue française est préservée, même dans les petits villages ».

« La langue française ne serait pas si évidente et présente à Sainte-Anne sans le comité culturel, confirme Lynne Connelly. Il nous donne des occasions de nous rencontrer et de nous parler en français, et il s’assure que les services en français sont toujours là. »

Dénicher les talents

Les comités culturels, et les activités qu’ils organisent, semblent aussi être un bon moyen de s’exprimer et de révéler les talents locaux.

« Les comités culturels ont une place spéciale dans la communauté, car ils encouragent les talents de la région et les font rayonner, affirme la résidante de Saint-Malo et choriste, Germaine Gosselin-Marion. Quand on est sur scène, c’est un moment magique. C’est précieux.

« Les enfants participent aussi beaucoup aux activités culturelles, poursuit-elle. Ça permet de les former à la culture dès leur jeune âge et d’éveiller les talents. Sans les comités culturels, comment savoir qui a du talent à exploiter? »

Pour Germaine Gosselin-Marion, la survie d’une communauté dépend, entre autres, de sa vitalité culturelle.

« Si une communauté cesse de faire de la musique et du chant, elle meurt un peu, estime-t-elle. C’est un volet essentiel à l’être humain. Ça apporte beaucoup de joie aux gens et ça met de l’harmonie dans les communautés. »

Dans un village où « le hockey domine », elle confie être « contente qu’il y ait un comité culturel qui fasse quelque chose pour la culture. Ça fait un bon équilibre avec le sport ».

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