Entre 2008 et 2009, 49 millions d’hectares de terres agricoles des pays du tiers monde sont vendues ou louées à des pays riches ou émergents, ou encore à des sociétés et multinationales provenant de ces mêmes États. Les africains sont parmi les plus touchés au monde. Pourquoi ces achats ou locations de terres? Tout simplement pour produire en Afrique ce qu’ils n’arrivent pas à faire pousser chez eux.

– 850 000 hectares de terres agricoles ougandaises louées vendues à l’Égypte pour cultiver du blé

– 1,5 million d’hectares de terres agricoles soudanaises louées ou vendues à des firmes étrangères pour 99 ans!

– 100 000 hectares des terres maliennes produisent du riz et des légumes pour la Libye et la Chine.

– Au Mozambique, environ 10,9 millions d’hectares de terres agricoles ont été vendues à des « investisseurs étrangers »,

– 23 % des 8,3 millions d’hectares de terres cultivables du Bénin sont présentement exploitées par des Chinois, Italiens et Saoudiens.

– La Corée était sur le point d’être propriétaire de 1,3 million d’hectares de terres agricoles malgaches,  heureusement que l’opération échoue en 2010.

– Etc.

Autrement dit, l’Afrique produit pour nourrir des bouches étrangères et alors que les Somaliens meurent de faim. En Éthiopie, des centaines de milliers d’hectares ont été expropriés, vendus mais le pays dépend de l’aide alimentaire pour nourrir près de quatre millions de ses ressortissants. Allez-y comprendre quelque chose!

Peut-on parler d’investissements ou simplement de néocolonialisme?

Xavier Colin de l’émission Géopolitis, se demandait s’il était moralement acceptable de voir des produits alimentaires exportés en masse à partir de pays où sévissent la malnutrition et l’insécurité alimentaire?

La réponse à cette question, évidemment, est non;  cette situation n’est pas moralement acceptable et ne représente aucunement des investissements. Malgré cette abondance de produits alimentaires cultivés sur les terres africaines et exportés dans les pays européens, arabes et américains, je le répète, la Somalie a, on ne peut plus, faim. En effet, la corne de l’Afrique est confrontée à la pire sécheresse depuis 60 ans. La Somalie est la région la plus touchée par la crise. Environ 300 000 enfants souffrent de malnutrition sévère, 29 000 ont perdu la vie depuis le début de la crise et 1,5 million de Somaliens ont pris le chemin des camps de réfugiés, contraints de quitter leurs domiciles.

Il faut dire en vérité que l’accaparement des terres n’est pas directement responsable de cette catastrophe humanitaire, mais il mérite d’être souligné, ici, à un moment où cinq régions somaliennes sont déclarées en état de famine.

Heureusement, les agences des Nations Unies, de nombreuses organisations non gouvernementales et plusieurs pays, à travers le globe, se sont mobilisés pour venir en aide aux populations somaliennes confrontées à cette catastrophe. Cependant, il faut dire que les milices Shabab, alliés d’Al-Qaida, ont été les principaux obstacles à l’aide humanitaire. Ces derniers interdisent aux organisations humanitaires d’accéder aux territoires du Sud du pays sous leur contrôle. Mais, la communauté internationale continue sa mobilisation générale pour aider ces familles africaines durement frappées par cette calamité et qui ne cherchent qu’à survivre;  pas plus.

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Dans un livre intitulé « L’Afrique étranglée » publié en 1980, René Dumont (ingénieur agronome) et Marie-France Mottin (sociologue) mettaient déjà en évidence les erreurs commises aussi bien par les élites locales africaines que par les puissances étrangères, dans la définition et la mise en oeuvre des politiques/programmes agricoles en vigueur dans la plupart des pays d’Afrique.

    Les décideurs – tant du Sud que du Nord – ont des parts de responsabilité dans cette situation qui sévit dans la Corne de l’Afrique et dont les conséquences, liées à la malnutrition, seraient à l’origine de la mort de 36 millions de personnes dans les pays en développement chaque année (…).

    Pourtant, la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations-Unies stipule en son article Premier que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

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