La Liberté - Chronique haïtienneIl est un secret de polichinelle que le couple Martelly/Conille n’allait pas faire long feu compte tenu du contexte qui a favorisé l’arrivée de Conille à la Primature et le profil des deux hommes d’état. Conille fut contraint de remettre sa démission le vendredi 27 février 2012 suite à quatre mois d’enfer où ce dernier fut systématiquement absorbé par l’aura de Martelly qui ne laissait aucune occasion pour être sous les feux de la rampe. Le président allait inaugurer même les écoles primaires et dernièrement se prêtait à des extravagances sur les chars allégoriques lors du carnaval.

Deux points sont à signaler dans le concours des événements qui ont abouti à cette démission. Conille, acculé de toutes parts, a lancé une enquête sur les contrats de gré à gré totalisant à peu près 500 millions de dollars dans le cadre de la loi d’urgence élaborée pour hâter les démarches de la reconstruction. Ces contrats ont été conduits par Jean Marx Bellerive, ancien premier ministre sous Préval, qui a accordé 80% de ces contrats à des firmes dominicaines. Jean Marx Bellerive s’est défendu en arguant que Martelly fut au courant de la signature de ces contrats signés deux jours avant son investiture le 14 mai 2011. Actuellement Jean Marx Bellerive qui aurait eu une femme dominicaine est devenu le conseiller de son cousin, Martelly, au palais national. Vieux routier de l’administration haïtienne, il fut tour à tour fonctionnaire, ministre de la planification chargé de gérer des fonds de reconstruction et premier ministre.

Si Martelly se démarquait de cette démarche de mener un audit sur ces fameux contrats de la reconstruction sans appel d’offre, les deux hommes s’achoppaient sur la grande question de l’heure à savoir la double voire la triple nationalité du chef de l’état. La constitution de 1987 interdit carrément la double nationalité (citoyenneté) à ceux qui veulent devenir président, ou parlementaires de la République. Le sénateur Boulos fut renvoyé du grand corps à cause de sa citoyenneté américaine, il y a quelques années. Sous l’instigation du sénateur Moise Jean-Charles, une commission devait enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement. Martelly accusé d’avoir violé la constitution en étant à la fois : Haïtien, Américain et Italien refuse de déposer ces dossiers d’immigration devant la commission parlementaire. Le premier ministre démissionnaire a déposé les siens contrairement à ses ministres qui ont rejeté l’idée au départ, mais qui ont quand même suivi l’exemple du chef de gouvernement, quelques jours plus tard.

Cette position publique de Conille sur la question de la nationalité semble être la goutte d’eau qui fait renverser le vase. Ses ministres donnant leur allégeance indéfectible à Martelly a boudé le jeudi 26 février une réunion ministérielle devant se tenir à la Primature. Ce coup fatal a eu raison du calme et du courage implacable de l’Ancien fonctionnaire onusien qui dans une lettre de trois phrases a signifié au Parlement et à Martelly qu’il plie bagages.

Les réactions ont plu après cette démission qui menace la stabilité politique du pays déjà secoué par l’insécurité rampante et la ré-émergence du trafic de drogue. Les amis d’Haïti ont déploré le départ de Conille et invite Martelly et les deux représentants du Parlement à nommer un autre premier ministre dans les meilleurs délais.

Laurent Lamothe, homme d’affaires haïtien qui a vécu en Floride, et ministre des Affaires Étrangères démissionnaire, devient le premier ministre désigné. Plusieurs s’accordent pour dire que ce fut le ministre le plus dynamique du gouvernement démissionnaire. L’infatigable Laurent Lamothe, ami très proche de Martelly et ancien sponsor du groupe musical de ce dernier, est, semble-t-il, l’homme de confiance du président. Sa ratification au Parlement s’achoppe à plusieurs niveaux. Certains parlementaires veulent recevoir d’abord les dossiers d’immigration de Martelly, voter les amendements de la constitution de 1987 avant de statuer sur le vote d’un nouveau premier ministre. De plus que la prétendue nationalité américaine de Lamothe attend d’être clarifiée.

Tout compte fait, Haïti retourne à la case de départ.

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. I think President Martelly is the best thing that has happened to Haiti in a long time. I visit Haiti 3-4 times each year and I am happy to see that many of the pelope from the tent cities have been relocated to new homes and the many other changes that have taken place. However, there is one major detriment to visiting Haiti and that’s apparent when a person steps out of the airport buiding. The airport may be liberated from the rubble, but it still isn’t liberated from the men who attack each visitor as they leave the airport. Men in red shirts argue with the men in the white shirts, they push you away from your cart and insist that they help you push the cart down the walkway. Sometimes they’ve even pushed over all the suitcases on the cart and then put them back on so they can say they helped you. These men have frightened the mission teams that have arrived time after time. There are no words that I can say to my friends who visit Haiti with me that can prepare them for the horrendous exit from the airport. It’s a terrible way for guests and visitors to be treated. Most of the pelope say they would never go back there if it wasn’t for our friends in Bon Repos. By the time I meet my friends at the end of the walkway I’m almost in tears. I hate it!Please, President Martelly, find a way to rectify this situation. It’s as important as any of your other duties. I saw your posters at the airport and I know you want a nice experience for visitors. Thank you. I’d really like to meet you one day. With admiration ~ Carol

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