Le 4 octobre 2011, Greg Selinger était pour la première fois élu premier ministre du Manitoba par les électeurs manitobains. Un an plus tard, comment se porte la Province?

 

LA LIBERTÉ (PRESSE)
Greg Selinger dans son bureau de premier ministre au Palais législatif de Winnipeg.

 

Le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, fêtera le 4 octobre son premier anniversaire en tant que premier ministre de la Province élu par l’ensemble des électeurs manitobains. Le 4 octobre 2011 en effet, son parti, le Nouveau Parti démocratique (NPD), avait remporté une majorité franche avec 37 sièges sur 57.

« Le grand défi après l’élection a été de faire le suivi des inondations du printemps 2011, confie Greg Selinger. Il y avait beaucoup de choses à réparer et de personnes à aider, et ça continue encore maintenant. Mais on continue de travailler pour qu’elles puissent rentrer chez elles. »

Un autre défi a été l’économie, très incertaine aux États-Unis et en Europe notamment, mais le premier ministre du Manitoba se dit satisfait de sa gestion, malgré le fossé fiscal qui touche presque toutes les Provinces.

« Nous avons réussi à mettre l’accent sur les priorités des Manitobains, comme l’éducation et la santé, tout en réduisant le déficit, affirme-t-il. Nous avons gardé comme priorité d’offrir aux Manitobains une vie abordable. Les coûts de l’électricité, du chauffage et de l’assurance automobile dans notre province sont les plus bas du Canada.

« Certes, nous avons dû étendre la base de la Taxe sur les ventes au détail (TVD) et augmenter la taxe sur l’essence, ajoute-t-il, mais elle reste tout de même parmi les plus basses du pays. De plus, les électeurs manitobains comprennent bien en général qu’il est nécessaire de trouver des solutions au déficit. »

Greg Selinger se réjouit aussi que le taux de chômage du Manitoba soir resté parmi les plus bas du pays, à 5,4 % et que l’économie manitobaine soit toujours l’une des trois meilleures au Canada.

« Ça attire les familles et les investissements, et ça garde les jeunes ici, assure-t-il. D’ailleurs, on a accueilli près de 15 800 nouveaux arrivants lors les trois dernières années, un record historique. »

L’analyste politique Michel Lagacé nuance pour sa part l’importance de ce succès économique. « C’est très typique du Manitoba d’aller relativement bien aux niveaux économique et social, quel que soit le gouvernement au pouvoir », estime-t-il.

Enfin, Greg Selinger souligne plusieurs succès de l’année touchant la communauté francophone, dont la création de l’Université de Saint-Boniface, ou encore la mise sous la protection de la loi des Centres de services bilingues.

Défis

Si Greg Selinger est satisfait de sa première année comme premier ministre élu, il ne cache pas qu’il y aura des défis à relever dans la deuxième année. D’abord, en termes de relations avec le gouvernement fédéral, « ça va être difficile avec le gel des transferts de garder une voie modérée pour équilibrer le budget, craint-il. Il y a des tensions entre nous et Ottawa, mais on continuera à travailler ensemble pour le bien des Manitobains ».

Le politologue Raymond Hébert confirme que « la révision des transferts fédéraux va faire mal au Manitoba, surtout à long terme ».

Michel Lagacé ajoute que la question de Bipole 3 a été et restera un grand défi pour le premier ministre du Manitoba. « La situation autour de Bipole 3 est en train de changer car des gisements de gaz importants ont été découverts, et cela met Greg Selinger dans une position difficile car il a toujours appuyé publiquement le projet Bipole 3. C’est très difficile de changer de direction. »

Pour sa part, Raymond Hébert identifie la question du financement des partis politiques comme la plus controversée à laquelle Greg Selinger a dû, et devra encore, faire face. « Greg Selinger est mal pris sur cette question car le Parti progressiste-conservateur (PC) a dit qu’il n’accepterait aucune aide financière, quelle qu’elle soit, rappelle-t-il. Politiquement, Greg Selinger voudrait donc aussi refuser, mais une aile du NPD conteste que le premier ministre s’oblige à refuser à cause du PC. C’est une controverse qui le touche à la fois comme premier ministre et comme chef de son parti. »

Néanmoins, Greg Selinger se dit prêt pour sa deuxième année à la tête du Manitoba, et Michel Lagacé ne s’inquiète pas trop de son avenir. « Il y a des défis à gérer, mais rien de vraiment menaçant, conclut-il. Greg Selinger a bien maintenu sa popularité grâce à l’absence d’Opposition forte et organisée en face de lui. »

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