Le premier recueil de poésie de Paul Brochu, publié aux Éditions du Blé, évoque comment le souvenir permet de relire le passé et de lui donner un sens.

 

LA LIBERTÉ (PRESSE CANADA)
Paul Brochu

Le professeur de sociologie à l’Université de Saint-Boniface (USB), Paul Brochu, a dévoilé le 19 septembre dernier au grand public un nouveau talent, celui de poète. En effet, il a publié aux Éditions du Blé son premier recueil de poèmes, Au souffle retenu.

« Au souffle retenu parle du parcours de la mémoire, de comment elle nous permet de revenir en arrière sur les évènements passés pour retrouver ou attribuer un sens qu’on n’avait pas saisi sur le moment, explique Paul Brochu. C’est un outil de reconquête de ses repères. L’intérêt d’un évènement, ce n’est pas l’évènement en lui-même, mais ce qu’on en fait, ce qu’on en retient, comment on se l’approprie par la suite. »

La quête de sens est chère à Paul Brochu, qui est un sociologue du courant wébérien. « Les wébériens sont très axés sur la compréhension de l’action sociale et du sens que les acteurs sociaux lui donnent, révèle-t-il. Comme sociologue, la question du sens dans les sociétés contemporaines m’interpelle donc toujours. »

Cependant, de la confidence de l’auteur, le thème de la mémoire dans son recueil, comme outil de reconquête de sens, s’est dégagé de lui-même au fur et à mesure de l’écriture.

« J’ai écrit mes poèmes sur une période de sept ans, et quand j’ai commencé, je ne pensais pas à un thème général, explique-t-il. Je voulais juste écrire de la poésie, pour moi. Mais finalement, je me suis rendu compte qu’un thème revenait parmi mes poèmes et qu’il y avait une dynamique entre eux. »

Apprentissage

Si Paul Brochu a travaillé pendant sept ans sur son premier recueil, c’est que la poésie n’est pas un art à prendre à la légère.

« Mon intérêt pour la poésie est né grâce à un bon ami que j’ai retrouvé quand j’avais des difficultés existentielles et qui m’a emmené avec lui à des soirées de poésie, confie l’auteur d’Au souffle retenu. J’ai aimé la beauté de la poésie. Ça m’a touché.

« Toutefois, j’ai vite appris qu’écrire de la poésie n’est pas facile, ajoute-t-il. Il faut du rythme et des idées, mais il faut surtout travailler sur les mots, avec les mots, pour faire des mots. En poésie, on ne peut pas se permettre de s’en tenir au premier jet de mots, à la première impulsion non travaillée. D’ailleurs, je cherche encore mon style. »

Paul Brochu travaille déjà sur son prochain recueil. « Ce premier recueil m’a donné le goût de continuer, conclut-il. J’ai déjà une douzaine d’autres poèmes que je n’ai pas publiés. Mais mon second recueil sera plus philosophique, alors que le premier était plutôt sentimentaliste. »

 

Par Camille HARPER-SÉGUY

1 COMMENTAIRE

  1. Chercher son style ou le bon mot, ne jamais s’en tenir à la facilité, voilà une bonne attitude. Je vous propose de connaître la plus vieille langue du monde, celle qui a produit le plus grand chef-d’œuvre poétique que l’humanité ait jamais produit, le sanskrit, et de connaître du même coup le poète qui a écrit pour la première une œuvre littéraire digne des Dieux.

    Je vous propose de me lire sur Le Blog de Maroudiji concernant la mémoire.

    Bien à vous –Laziz

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