Le médecin de famille franco-manitobain, Marc Fréchette, voudrait transformer l’ancien poste de police de Saint-Boniface en clinique multidisciplinaire entièrement francophone. Il attend une réponse de la Ville de Winnipeg le 30 novembre.

 

LA LIBERTÉ - PRESSE CANADA
Le docteur Marc Fréchette voudrait mettre sur pied une clinique médicale totalement francophone pour mieux desservir la population de Saint-Boniface, notamment ses nouveaux arrivants unilingues.

 

Le docteur franco-manitobain exerçant au Marion Medical Centre, Marc Fréchette, a déposé le 25 septembre dernier à la Ville de Winnipeg un projet de redéveloppement pour l’ancien poste de police de Saint-Boniface, situé au 227, boulevard Provencher. En effet, il souhaite le reconvertir en clinique francophone. La Ville doit répondre à sa proposition le 30 novembre.

« Le nombre de plus en plus grand de nouveaux arrivants d’Afrique, pour beaucoup unilingues francophones, pose un gros problème, constate Marc Fréchette. C’est très difficile pour eux, surtout en santé, de se faire comprendre, car on manque de médecins francophones pour les accueillir.

« J’ai donc proposé à la Ville de créer dans l’ancien poste de police de Saint-Boniface une clinique médicale entièrement francophone, avec des médecins qu’on ferait venir du Québec ou des Maritimes, poursuit-il. J’ai l’appui du conseiller de Saint-Boniface, Dan Vandal, et du directeur général d’Entreprises Riel, Normand Gousseau. »

Il estime que le recrutement de cinq à dix médecins francophones ferait déjà une grande différence pour la population de Saint-Boniface.

Arguments attractifs

Faire venir des médecins du Québec ou des Maritimes au Manitoba ne fait pas peur au docteur Marc Fréchette.

« Nous avons des atouts pour les faire venir, assure-t-il. D’abord, financièrement, un médecin au Manitoba gagne facilement de 100 000 $ à 200 000 $ de plus par année qu’un médecin dans l’Est. De plus, les médecins auront une certaine liberté d’horaires, un stationnement chauffé, et on s’arrangera pour accommoder leurs besoins. Par exemple, il pourrait y avoir un chauffeur à disposition pour ceux qui doivent se rendre à l’hôpital.

« Et si on frappe vraiment un mur de béton avec le recrutement, ajoute-t-il, on peut toujours offrir d’autres incitatifs, par exemple une partie des revenus de la bâtisse. C’est à discuter. »

Marc Fréchette assure aussi que les charmes du quartier de Saint-Boniface et de la vie culturelle francophone au Manitoba, notamment le Festival du Voyageur, ont de quoi retenir plus d’un Canadien de l’Est.

Le médecin de famille souligne par ailleurs qu’à sa connaissance, « personne n’a encore essayé de recruter des médecins au Québec ou dans les Maritimes. Le Centre de santé de Saint-Boniface reçoit des résidents de l’Université d’Ottawa, mais pas du Québec ni des Maritimes. Or, l’Université d’Ottawa n’est qu’une petite porte de recrutement. Il y en a beaucoup d’autres à explorer! »

Quant à l’équivalence de diplômes, ce n’est pas un problème, car « les examens sont nationaux donc tous les diplômés du Canada peuvent aller exercer n’importe où dans le pays, explique Marc Fréchette. Ils doivent juste demander un permis de travail au Manitoba, ce qui se fait sans avoir besoin de repasser d’examen ».

Après le 30?

Pour l’heure, Marc Fréchette garde encore ses cartes, même s’il a déjà établi des contacts avec Montréal. La suite de son projet dépendra en effet de la décision prise par le conseil municipal de Winnipeg le 30 novembre pro­chain.

« Si c’est un oui, alors on commencera le recrutement, annonce Marc Fréchette. Et on ne fera pas que mettre des annonces dans les revues médicales. Je suis prêt à me rendre sur place, pour rencontrer les médecins qui viennent d’être diplômés chez eux pour leur faire la promotion du Manitoba. »

En parallèle du recrutement, il faudra aussi lancer les démarches d’établissement, notamment l’évaluation architecturale et le processus de subdivision du terrain, puis les rénovations. « Je connais déjà deux hommes à tout faire qui sont prêts à faire les rénovations dès le feu vert de la Ville », se réjouit Marc Fréchette.

Il précise que la bâtisse étant spacieuse, il espère y voir des médecins de famille, mais aussi d’autres spécialistes francophones, hommes comme femmes, offrant par exemple des services de psychologie, chirurgie, obstétrique, physiothérapie ou encore de pharmacie.

« Une nouvelle clinique médicale entièrement franco­phone servirait tout Saint-Boniface, conclut le médecin de famille franco-manitobain. Non seulement il y aurait plus de médecins qui comprennent les francophones, mais de plus le niveau de connaissances et de savoir-faire des étudiants québécois en médecine est impressionnant. On va donc s’arranger pour être si attrayants qu’ils ne pourront pas refuser de venir! »

 

Par  Camille HARPER-SÉGUY

 

1 COMMENTAIRE

  1. Voilà une belle initiative qu’il faut encourager. Il est inacceptable que si peu de services de santé soient offerts en français à Saint-Boniface. Félicitations au Dr Fréchette de passer à l’action sans attendre d’autres études et rapports qui confirment l’évidence mais aboutissent rarement à des actions concrètes.

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