En plus d’avoir atteint son objectif de mettre au monde 100 bébés dans sa première année, le Centre de naissance de Winnipeg a proposé une vision plus personnelle, voire humaine de l’accouchement.

 

LA LIBERTÉ (PRESSE-CANADA)
Nathalie Pambrun.

 

Le Centre de naissance de Winnipeg a réussi à atteindre l’objectif, établi par la Province, de mettre au monde 100 bébés au cours de sa première année d’existence. En effet, au moment d’écrire ces lignes, 118 enfants y sont nés.

« Le Centre a ouvert ses portes en octobre 2011, et le premier bébé y est né le 10 décembre suivant, rappelle la directrice générale de la Clinique de santé des femmes de Winnipeg, qui gère le Centre, Joan Dawkins. Pour nous, ce nombre très satisfaisant représente la réalisation d’un travail ardu. Le Centre est unique au Manitoba. C’est le premier centre du genre à l’extérieur du Québec. Et lorsqu’on se fraie un nouveau chemin, les défis se multiplient. »

Entre autres, il fallait voir à l’établissement des locaux, situés dans le Vieux Saint-Vital. Le Centre de naissance est doté de quatre salles de travail confortables, de trois salles d’examen, d’une salle familiale, ainsi que de nombreuses salles de rencontres pouvant accommoder des groupes de différentes tailles qui suivent les cours offerts par le Centre.

La touche personnelle

« Tout cela reflète la philosophie que l’accouchement peut se faire dans un endroit agréable, qui ressemble à celui de la maison, où les mères et les familles obtiennent un service répondant davantage à leurs besoins personnels », indique Joan Dawkins.

En outre, le Centre de naissance a élaboré une programmation destinée aux mères qui y accou­cheraient, ainsi qu’aux femmes et familles de la communauté. « Plus de 3 200 rencontres prénatales et postnatales ont eu lieu chez nous, avec les sages-femmes ou encore notre conseillère, indique Joan Dawkins. De plus, des centaines de femmes de la ville ont assisté à nos séances éducatives, souvent bilingues, portant sur une variété de sujets entourant la maternité. Le Centre veut rejoindre les familles et toute la communauté. »

Sage-femme au Centre de naissance, Nathalie Pambrun, abonde dans le même sens. « Lors d’un accouchement récent, le père, une grand-mère et trois enfants étaient présents à différents moments du travail pour offrir leur encouragement à la mère, raconte-t-elle. Au Centre, donner naissance est plus qu’une procédure médicale. La femme et la famille sont au centre de l’expérience. Nous voulons encourager la création et le renforcement des liens entre la mère et l’enfant, dans une ambiance qui optimise la physiologie de l’accouchement et qui diminue les interventions médicales.

« Nous voulons aussi nous assurer que la mère, en quittant le Centre, sera prête à poursuivre sa vie familiale, poursuit-elle. Une bonne préparation prénatale et une bonne expérience et formation postnatales assurent une meilleure transition vers la maison et un milieu familial plus sain. Cela est très important pour les mères adolescentes, les mères seules et les mères provenant de milieux socio-économiques défavorisés. »

Nathalie Pambrun a pu également constater l’impact du Centre de naissance chez les nouveaux arrivants francophones. « De nombreux Africains sont de cultures où la sage-femme est valorisée, explique-t-elle. De plus, ils cherchent une expérience personnelle qui respectera l’importance de la langue dans ce qui s’avère un moment très intime. C’est un plaisir pour moi, en tant que Franco-Manitobaine, de pouvoir les desservir en français. »

N’empêche que le Centre de naissance de Winnipeg doit toujours relever d’importants défis, notamment une pénurie de sages-femmes dans la province. « Il y a 42 sages-femmes au Manitoba, dont 27 à Winnipeg, indique Joan Dawkins. Onze d’entre-elles, dont deux sont parfaitement bilingues, travaillent au Centre. Or si nous voulons augmenter le nombre de naissances par année au Centre, il nous faudra plus de sages-femmes. C’est notre plus grand défi. La création de nouveaux centres de naissance, en milieu rural par exemple, ne sera possible qu’en augmentant leur nombre. »

 

Par Daniel Bahuault

 

 

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