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Linda Filteau et un lapereau élevé sur sa ferme à Killarney.

Les Canadiens de l’Ouest n’affectionnent pas la viande de lapin, mais s’il n’en tenait qu’à Luc Laflamme et à Linda Filteau, on pourrait s’en procurer bientôt dans nos épiceries manitobaines.

 

«La chair de lapin est délicieuse, lance Luc Laflamme. Elle est l’une des meilleures viandes pour la santé. Les Européens le savent depuis des siècles, et les consommateurs de l’Est du pays, notamment au Québec et au Sud de l’Ontario, en ont récemment fait la découverte. Mais dans l’Ouest canadien, le public n’a pas encore pris goût à cette viande. Ma conjointe, Linda Filteau, et moi aimerions changer ça en créant une demande pour cet aliment. »

Pas facile, étant donné la culture du bœuf qui prévaut dans les Prairies. Mais les résidants de Killarney ne se sont pas laissé décourager. En effet, le couple a développé un plan visant à unir plusieurs éleveurs, dans le but de fournir une quantité suffisante de lapins pour attirer l’attention des abattoirs et des fournisseurs de viande.

« Nous possédons 100 femelles qui portent une moyenne de six lapereaux, explique Luc Laflamme. Nous produisons donc environ 600 lapins par mois. Or, l’abattoir américain qui s’intéresse à faire affaire avec nous voudrait acheter un minimum de 2 000 lapins par mois. Sachant que seuls, nous ne serions pas en mesure de livrer la marchandise, j’ai créé, en mai 2012, la coopérative Rabbit Producers
Co-Op Limited. »

Plus d’une soixantaine d’éleveurs ont répondu à l’invitation du couple à une rencontre à Killarney. Une dizaine se sont finalement joints à la coopérative.

« Plusieurs éleveurs n’avaient pas encore beaucoup de cages ou de lapins lors de la réunion, précise Luc Laflamme. Mais en décembre, la plupart d’entre eux ont réussi à faire accoupler leurs premiers lapins. La coopérative est donc au seuil de pouvoir expédier ses premières commandes. Dans trois ans, si tout va comme prévu, nous serons très près de gagner nos vies uniquement de nos lapins. »

L’expertise est requise

Du couple, c’est Linda Filteau qui possédait l’expertise requise pour mener à bien les opérations d’élevage. « Il y a 15 ans, lorsque j’habitais au Québec, j’élevais des lapins de fantaisie, raconte-t-elle. J’ai ensuite dérivé vers le lapin de chair. Alors je savais exactement dans quoi nous nous lancions.

« J’ai présenté un plan d’affaires à la Corporation de développement communautaire de la Municipalité rurale de Turtle Mountain, qui nous a prêté 10 000 $ pour la réalisation du projet, poursuit-elle. J’ai acheté le matériel nécessaire, et Luc et moi avons approché les entreprises et organismes susceptibles de s’intéresser à la chair de lapin. »

En décembre 2012, le couple a signé un contrat d’un an avec le Zoo du parc Assiniboine de Winnipeg, pour fournir des lapins en vue de nourrir les lions et les tigres.

Et en 2013, Linda Filteau suivra une formation, chez un éleveur du Québec, pour apprendre la technique de l’insémination artificielle. « Nous serons les seuls éleveurs manitobains à faire appel à cette technique, souligne-t-elle. Ça nous permettra de produire plus de lapins plus rapidement. C’est ce qu’il nous faut, puisque la coopérative pourrait signer dès aujourd’hui trois contrats si elle pouvait garantir les quantités requises.

« Je n’imaginais pas réaliser ce rêve si rapidement, conclut-elle. Mais nous sommes au point de non-retour. Notre première livraison aux États-Unis se fera prochainement. Lorsqu’elle quittera notre ferme, j’ouvrirai une belle bouteille de champagne! »

Par Daniel BAHUAUD
separateur

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Je viens de l’est de l’Ontario et j’aimerais faire l’élevage de lapin mes en savoir plus ou je pourrais aller les livrer pour les vendre. J’ai déjà fait l’élevage je sais un peu comment sa fonctionne j’ai une petite ferme de 65 acres je faisait l’élevage de moutons et j’aimerai bien recommencer dans les lapins.
    Merci

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