Couturière débrouillarde, Agnès Fréchette fabrique sa ligne de vêtements à partir de retailles de vêtements usagés. Portrait d’une entrepreneure qui peut tirer de la farine d’un sac de son.

 
 

© 2013 La Liberté (Manitoba)
Agnès Fréchette.

 

Lorsque la propriétaire de l’entreprise Agnès Fréchette Design et des collections de vêtements Agg’s Raggs et d’articles prêts à porter Métis Traditions, Agnès Fréchette, était haute comme trois pommes, la native de Saint-Malo savait déjà qu’elle avait une vocation de couturière.

« J’ai commencé à coudre à l’âge de cinq ans, déclare la Winnipégoise. Nous étions une famille très pauvre, avec sept enfants, et mes parents ne pouvaient pas se permettre d’acheter des vêtements neufs.

Lorsque ma petite sœur, Diane, est née, ma mère, qui était propriétaire d’un magasin d’articles usagés, m’a demandée de lui coudre ses habits, en me disant “Va au grenier voir quelles retailles de tissu nous avons, et fais quelque chose avec ce qu’il y a”. »

En regardant le bébé, Agnès Fréchette pouvait déterminer la taille du vêtement. Ensuite, elle se mettait à tailler le tissu, pour fabriquer les manches et les jambes, en faisant attention de ne pas poser des élastiques trop serrés.

« C’était un excellent boulot pour m’esquiver de faire la vaisselle, déclare-t-elle. Plus tard, j’ai cousu la robe de mariée de Diane. C’était ma toute première. Depuis, j’en ai fait beaucoup d’autres. »

En effet, Agnès Fréchette a longtemps enseigné la couture à Pinawa, où elle a habité, et gagné quelques sous en fabriquant des robes pour les jeunes mariées et finissantes de la région.

« Les filles me présentaient des photos d’actrices hollywoodiennes, et je reproduisais leurs robes, explique-t-elle. J’ai également fabriqué quantité de bottes de type mukluk, ainsi que des manteaux en peau de daim. L’hiver, tout Pinawa était habillé en style autochtone. »

C’est en 2000, à l’âge de 53 ans, qu’Agnès Fréchette a lancé officiellement son commerce, qui offre toute une gamme de robes, de complets, de pantalons, de bourses, de mocassins et plus encore, en recyclant des vêtements usagés. En 2003, la Franco-Manitobaine est même venue a vendre sa ligne de vêtements au Festival Folk de Winnipeg.

« En quelques jours seulement, j’ai obtenu un bénéfice net de 3 000 $, raconte-t-elle. Cette année, le Folk Fest m’a invitée à y ouvrir à nouveau mon kiosque. Les organisateurs s’attendent à une foule d’environ 75 000 personnes. Alors je vais devoir recruter des couturières. »

Le succès de Métis Traditions et d’Agg’s Raggs n’est pas passé inaperçu. En 2003, Agnès Fréchette a remporté le prix de l’entrepreneure de l’année de l’organisme winnipégois Women in Business. La même année, l’entrepreneure a accueilli l’émission On the Road Again de la CBC, venue se renseigner sur son talent de couturière. Le réseau APTN lui a également rendu visite.

« Je suis tellement heureuse que ma mère m’ait demandée de l’aider quand j’étais fillette, conclut-elle. Avant son décès, ma mère m’a demandé pardon pour tout ce travail qu’elle exigeait de moi. Je lui ai souligné que la couture n’a jamais été une corvée. Bien au contraire! Lorsque je suis à la tâche, je me mets à fredonner comme je le faisais à l’âge de cinq ans. »

Par Daniel BAHUAUD

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