Le Franco-Manitobain d’origine résidant à Toronto, Paul Savoie, a remporté le 15 avril dernier le prix littéraire Champlain pour son recueil de nouvelles, Dérapages.

 

Paul Savoie - La Liberté (Manitoba)
Originaire de Saint-Boniface, Paul Savoie a remporté le prix Champlain 2013 dans la catégorie fiction.

La carrière littéraire du Franco-Manitobain d’origine, exilé dans l’Est depuis 1973, Paul Savoie, a pris du grade le 15 avril dernier. Pour la première fois, il a en effet remporté le prix Champlain dans la catégorie fiction, un prix qui honore les auteurs francophones hors-Québec, pour son recueil de nouvelles paru en 2012, Dérapages.

« Je suis vraiment content d’avoir gagné car les prix Champlain ne sont donnés que tous les deux ans, donc c’est assez difficile d’en avoir un, se réjouit Paul Savoie. Quand on n’est plus tout jeune comme moi, j’ai 67 ans, c’est important de voir que toute la sueur qu’on a mis dans ce qu’on faisait, ce n’était pas peine perdue! »

En remportant le prix Champlain, Paul Savoie s’est vu remettre un chèque de 1 500 $, mais il affirme que « ce qui compte le plus, c’est la reconnaissance symbolique ».

Il ajoute que « je me sens vraiment faire partie de la communauté des francophones en milieu minoritaire, et ce prix met cela en valeur. Écrire, c’est pour moi faire partie d’une communauté, mais on peut vite l’oublier du fait qu’on écrit souvent seuls et isolés. Ce prix m’a rebranché à ma communauté ».

Par ailleurs, Paul Savoie confie que « gagner ce prix m’a reconnecté avec mon livre. En général, quand je sors un livre, il s’est passé tellement de temps entre le moment où je finissais de l’écrire et celui où il est prêt à sortir que je suis déjà passé à autre chose! C’est comme si mon livre ne m’appartenait déjà plus. Mais quand je gagne un prix, ça me donne envie de le relire ».

Nouvelles vécues

Dérapages est un recueil de quelque 25 nouvelles courtes et variées que l’auteur a plus ou moins vécues. « C’est basé sur des anecdotes qui me sont arrivées et, à partir de là, j’en ai fait des fictions, explique Paul Savoie. Parfois, j’ai vécu toute l’histoire comme elle est racontée. D’autres fois, je n’ai vécu que certains éléments. C’est personnel sans être personnel.

« Ma volonté était de montrer les petites choses qui peuvent arriver au quotidien et tout faire éclater, dérégler tout le système, précise-t-il. Je voulais parler de ces choses parfois imperceptibles qui peuvent tout remettre en question. Ce n’est pas un livre joyeux, mais ça m’intéressait car ma vie est comme ça! Je suis une personne à petits drames. »

L’écriture de Dérapages a par ailleurs dévoilé chez le Saint-Bonifacien d’origine une petite révolution dans sa façon d’aborder ses écrits.

« D’habitude, je ne peux pas parler du milieu dans lequel je vis présentement, constate Paul Savoie. Je dois prendre de la distance, déménager, pour bien rendre compte d’un tel milieu. Or ce recueil, même si ce n’est pas dit explicitement, est entièrement ancré à Toronto, là où je vis! C’est la première fois que j’arrive à écrire sur un lieu sans devoir m’en exiler! J’en suis très content. »

Par ailleurs, si ce n’est pas le cas dans Dérapages spécifiquement, Paul Savoie assure qu’il se sent « encore très branché avec le Manitoba, et ma province d’origine reste très présente dans mes écrits en général. C’est une présence symbolique en moi. Je me considère toujours un Franco-Manitobain, ça fait partie de mon identité.

« J’écris des articles sur des auteurs de l’Ouest, j’enseigne les auteurs franco-manitobains dans mes cours universitaires de littérature canadienne-française à Toronto, et je suis resté proche d’auteurs manitobains comme Roger Léveillé et Simone Chaput, conclut-il. J’y tiens beaucoup. »

 

Par Camille HARPER-SÉGUY

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