La Liberté (Manitoba) - Daniel Boucher.
Le président-directeur général de la Société franco-manitobaine, Daniel Boucher.

 

Statistique Canada vient de publier un rapport sur le bilinguisme entre 2001 et 2011, qui dénote un taux de bilinguisme en légère baisse malgré un nombre absolu de bilingues toujours en hausse.

 
Le taux de bilinguisme a diminué au Canada entre 2001 et 2011. En effet, la proportion de Canadiens bilingues a baissé de 0,2 point pour s’établir à 17,5 % en 2011. Pour autant, le nombre absolu de personnes se déclarant bilingues a continué d’augmenter sur cette même période.

Comment l’expliquer? Le rapport de Statistique Canada qui a dévoilé ces chiffres montre que le nombre de Canadiens bilingues a augmenté moins vite que la population totale.

Quelles solutions?

Les causes sont à chercher dans l’immigration et l’éducation. Et pour cause, les immigrants qui font gonfler la population totale sont peu souvent bilingues. En dehors du Québec, seulement 6 % des immigrants se déclarent bilingues en 2011, un pourcentage qui incite les organismes tels que la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) à pousser l’immigration francophone.

« Les provinces ne comprennent pas le besoin d’immigration francophone, explique la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny. Nous avons un travail de sensibilisation à faire auprès des ministres et des employeurs. Les employeurs ne comprennent pas que les francophones qu’ils pourraient recruter sont capables de travailler en anglais. »

Au Manitoba, la SFM a choisi d’encourager l’immigration francophone depuis 2001 déjà. « L’immigration francophone fait partie de notre stratégie d’élargir l’espace francophone, explique le président-directeur général de la Société franco-manitobaine (SFM), Daniel Boucher. Cela permet d’augmenter les nombres, mais ce n’est pas la seule raison. Nous voulons, de manière générale, aller chercher la grande communauté francophone pour montrer que le Manitoba, qui est au centre de l’anglophonie, c’est une place pour la francophonie. »

Quant à la formation, si les écoles d’immersion sont de plus en plus populaires, les programmes réguliers de français langue seconde voient leur taux à la baisse. « Le fédéral doit faire la promotion des programmes d’immersion et s’assurer que l’argent distribué aux provinces pour ces programmes est bien dépensé, soutient Marie-France Kenny. Le français n’est pas une langue parmi les autres. Dans un pays bilingue, l’apprentissage du français à l’école devrait être obligatoire, tout comme devrait l’être l’anglais au Québec. »

Des barrières gouvernementales

Les organismes de la francophonie en milieu minoritaire rencontrent cependant des défis de financement. Non seulement le recrutement coûte cher, mais l’accompagnement des employeurs nécessite des ressources et un soutien politique.

« Il faut travailler avec le fédéral, confie Daniel Boucher. On doit marier nos priorités avec les leurs. Ils ont des populations cibles, car ils cherchent de l’immigration économique. Et on ne peut pas travailler seul parce que sinon, les immigrants seront refusés par la suite au fédéral. »

Pour contourner ces obstacles, la SFM s’est structurée pour accueillir et intégrer les nouveaux arrivants francophones. « Le fait que l’on soit organisé avec l’Accueil francophone et l’Université de Saint-Boniface nous permet de sauter plus haut, conclut Daniel Boucher. Soutenir l’immigration francophone nécessite de l’accompagnement et des structures, mais l’aventure vaut le coup! Aujourd’hui, je constate que le visage de la francophonie a changé, on ressent une plus grande vitalité. Quand on va dans les écoles, on voit beaucoup de jeunes immigrants qui parlent uniquement le français. »

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