Par Daniel BAHUAUD

La Liberté (Manitoba)
Josée Vaillancourt.

Teintée de moments tendres et dramatiques, la comédie loufoque, Kempe’s Jig, qui sera présentée au Festival Fringe, se veut une énigme sur le destin, et un aperçu sur l’Angleterre de l’époque de Shakespeare.

Nous sommes au 16e siècle. Le clown de la troupe de théâtre de Shakespeare, William Kempe, vient de se faire congédier, puisque le grand dramaturge, qui vient de construire son nouveau théâtre, le célèbre Globe, ne trouve plus intérêt à privilégier un danseur comique pour distraire le public durant les changements de décor qui ont lieu entre les actes de ses pièces. Or, que fera dorénavant Kempe de sa vie? Quel sera son ultime destin?

« C’est là le grand mystère à résoudre dans la pièce, Kempe’s Jig, lance la musicienne et comédienne, Josée Vaillancourt. (1) Ça, et qui sont les personnages intrigants qu’il rencontrera au cours de cette comédie, tant loufoque que sérieuse, qui l’accompagneront et l’aideront dans son cheminement. »

Écrite par Brian Richardson, Kempe’s Jig se veut à la fois la résolution de l’énigme du destin de William Kempe – en l’occurrence un vrai personnage historique – et un aperçu fidèle des mœurs à l’époque de la reine Élizabeth I.

« C’est ce qui m’a immédiatement séduite, confie Josée Vaillancourt. La musique ancienne y joue pour beaucoup, ce qui me sourit énormément, puisque je pourrai jouer de la flûte à bec soprano et alto. Et, comme l’entend le titre de la pièce, le public aura droit à une variété de danses authentiques d’ère élisabéthaine, comme le branle, la gigue et la gaillarde.

« Du côté des mœurs, toute la question des relations hommes-femmes est explorée, poursuit-elle. C’était un sujet de discussion très en vogue à l’époque, et pas seulement en Angleterre. Mon personnage, Alys Revelle, est une Wallonne qui rencontre Kempe dans sa taverne. Les discussions avec Kempe, campé par Brian Richardson, soulignent cette préoccupation avec le dialogue entre hommes et femmes, qui a par ailleurs conservé toute son importance, malgré les siècles qui nous séparent de la Renaissance. »

En outre, Kempe’s Jig explore le rôle de la religion dans l’Angleterre élisabéthain, puisqu’un troisième personnage, un moine musical interprété par le guitariste, Richard Tyborowski, se joint au couple pour ajouter son mot à la discussion.

« À l’époque, les catholiques devaient s’exprimer en cachette, pour éviter les persécutions entamées par le roi Henri VIII, explique Josée Vaillancourt. Il fallait toujours faire très attention. »
Avant tout, Kempe’s Jig servira d’occasion pour s’initier à la musique, à la poésie et au langage shakespearien, présenté de façon très accessible. « On entendra déclamer The Willow Song, un soliloque de Shakespeare au sujet d’Hamlet, tiré de la pièce Othello, souligne Josée Vaillancourt. De plus, il y aura des textes du dramaturge, Christopher Marlowe, sans parler des belles chansons anglaises de la Renaissance, comme un Catch, qui est un canon que chantaient les universitaires du 16e siècle. Et tout le monde pourra apprécier Early One Morning, bien connu par les Canadiens d’un certain âge qui ont aimé l’émission de télé pour enfants, The Friendly Giant.

« J’adore ces chansons, puisque j’ai une voix claire, sans vibrato, qui se prête bien à la musique ancienne, conclut-elle. Mais ne me demandez pas de chanter du Wagner! C’est beaucoup trop récent pour une passionnée de la Renaissance et du Baroque. »

  • Produit par le Festival de la musique et des arts anciens du Manitoba, Kempe’s Jig sera présentée au Festival Fringe, du 17 au 28 juillet. Renseignements : www.memafestival.com.

 

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