Par Thibault JOURDAN | TW : @OropherDorthoni

Le studio d’enregistrement manitobain daCapo vient de terminer un projet sur un film d’animation pour Gaumont France. Lanfeust Quest sera diffusé en septembre sur l’une des principales chaînes nationales en France.

Clinton Skibitzky - La Liberté
Pour Lanfeust Quest, Clinton Skibitzky a donné de sa personne en enregistrant les voix des trolls.

Dans quelques mois, les petits français verront sur leurs écrans un dessin animé qui a un peu de Manitoba en lui. Lanfeust Quest, un manga adapté de la bande dessinée française Lanfeust de Troy, écrite par Christophe Arleston, avec Didier Tarquin au dessin, fera son apparition dans les chaumières de l’Hexagone. Cette série, diffusée sur la chaîne M6 et composée de 26 épisodes de 26 minutes, a été en partie réalisée à Winnipeg.

Plus précisément au studio d’enregistrement daCapo, situé dans le centre-ville de la capitale manitobaine. « Quatre personnes ont travaillé à temps plein sur Lanfeust Quest », indique le président francophile du studio, Clinton Skibitzky. Les Winnipégois ont collaboré avec un studio indien pour l’animation, et avec la société de production, de distribution et d’exploitation cinématographique Gaumont Animation France. « Ces derniers ont acheté les droits, écrit le scripte et sont les coordonnateurs du projet », précise-t-il.

Pendant un an, les Winnipégois de daCapo ont donc recruté des comédiens et enregistré les voix anglophones du dessin animé. Mais pourquoi des voix anglaises pour un manga qui sera diffusé à la télévision française? « Pour aboutir à l’animation finale, la réalisation passe par plusieurs étapes, décrit Clinton Skibitzky. Le scripte est d’abord écrit en français puis traduit en anglais depuis la France. On le reçoit ensuite, on le corrige puis on recrute et sélectionne des acteurs. On enregistre des voix anglophones sur des dessins qui ne sont pas encore animés, et tout cela repart une nouvelle fois en France où les voix françaises sont réalisées. » L’animation, elle, est le fruit du travail du studio DQ Entertainment basé à Hyderabad, en Inde.

Au final, après quelques va-et-vient entre la France, l’Inde et le Canada pour peaufiner le dessin animé, il est prêt à être diffusé. « Les dessins étant mis en animation sur des voix anglophones, il existe un décalage entre le mouvement de la bouche des personnages et les voix françaises, concède Clinton Skibitzky. Mais Gaumont Animation France affirme que les Français n’y prêteront pas attention et ne le remarqueront pas. »

Manque d’acteurs francophones

Le studio daCapo n’en est pas à son premier projet en français. Son président se rend depuis huit ans au salon MIPCOM de Cannes, un immense marché international pour les contenus audiovisuels. C’est lors de cet évènement qu’il a commencé à collaborer avec Gaumont.

« Outre Lanfeust, nous avons travaillé sur Les Sauvenature et nous sommes en train de terminer L’apprenti du Père-Noël. Ce long métrage est destiné à être diffusé dans les cinémas français en décembre prochain », explique Clinton Skibitzky.

Néanmoins, daCapo fait face à un défi de taille pour multiplier les projets francophones : le manque d’acteurs parlant la langue de Molière au Manitoba. « Nous n’avons pas la capacité de faire de gros projets rien qu’en français à cause de cela, reconnaît le président du studio. En général, les directeurs aiment qu’on leur propose trois ou quatre acteurs différents pour un rôle. C’est d’autant plus difficile avec les enfants : lorsqu’à Toronto ou Vancouver nous aurions dix enfants pour un personnage, ici nous n’avons qu’un seul jeune. » Le défi est de taille lorsqu’on sait que, rien que pour Lanfeust Quest, environ 30 comédiens ont dû être recrutés. « Pour ce projet, tous sont du Manitoba, tient à préciser Clinton Skibitzky. Pour L’apprenti du Père Noël, nous en avons 25 du Manitoba et un de Toronto. »

Pour vivre, le studio Winnipégois doit donc multiplier les projets dans divers domaines, comme la réalisation de publicités pour la télévision, la radio, « et de plus en plus pour Internet ». Il travaille aussi sur les jeux vidéo, dont il produit les bruitages, les voix ou encore des musiques d’ambiance. Petit à petit, il distille lentement mais sûrement le talent manitobain partout dans le monde.

 

 

 

 

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