Le 10 octobre prochain, Gabriel Tougas lancera la grande première d’Héliosols. Un tournant pour ce jeune réalisateur et un évènement phare pour la communauté toute entière.

Gabriel Tougas
Gabriel Tougas

Tapis rouge, tuxedos et robes de soirée seront au rendez-vous au Centre culturel franco-manitobain (CCFM) le 10 octobre prochain. À l’occasion de la première mondiale de son long-métrage Héliosols, Gabriel Tougas a en effet choisi de faire les choses en grand. « À Winnipeg on assiste rarement à de grandes premières, constate-t-il. Ce n’est qu’à la télévision que l’on voit des soirées chics au cours desquelles défilent des célébrités sur un tapis rouge. Si on voulait que cela se produise un jour à Saint-Boniface, c’était à nous de créer un tel évènement. Cette première était l’occasion en or pour le faire. »

Et de fait, l’évènement est de taille car il signe le premier film de fiction indépendant jamais réalisé par un franco-manitobain. De quoi rassembler la communauté qui a déjà épuisé le stock de billets disponibles. « L’implication de la communauté, depuis le commencement de ce projet, a été incroyable, souligne Gabriel Tougas. C’est d’ailleurs pour cela qu’il m’a paru évident que la première aurait lieu chez nous, à Saint-Boniface. C’est un lancement pour la communauté. » Dès 18 h, les acteurs du film, les grands contributeurs, et l’essentiel de l’équipe de réalisation, défileront ainsi au CCFM sous les flashs des appareils photos. Un avant-goût qui ne va pas sans mettre une certaine pression pour le film qui sera présenté une heure plus tard, à 19h, dans la salle Pauline-Boutal. Une soirée qui se conclura enfin sur une discussion ouverte entre Gabriel Tougas et le public présent.

C’est tout simplement le film que je voulais réaliser. Il mêle deux sujets qui me tiennent à cœur : le journalisme d’investigation et l’écologie.
– Gabriel Tougas.

| Une grande première teintée de vert

Car il faut bien le souligner, Héliosols n’est pas qu’un évènement historique pour la communauté. Il est aussi, et avant tout, une production engagée, une invitation à réfléchir sur les problématiques environnementales. « Il ne faut pas oublier que mon film s’inscrit dans une perspective écologique, insiste Gabriel Tougas. C’est un aspect important pour les communautés de l’ouest qui sont proches de l’Alberta, de ses usines pétrolières et de ses sables bitumineux. Il faut réfléchir aux conséquences de tout ça sur l’écosystème.

« Cette conscience environ­nementale fait partie de moi, j’ai grandi avec, confie-t-il. Il était naturel je l’intègre dans ma production artistique. » Et le jeune réalisateur joint le geste à la parole. Pour la première, tout sera fait dans le but de réduire l’empreinte écologique de la soirée : une infrastructure pour le stationnement des vélos sera spécialement montée à cette occasion et le covoiturage sera encouragé. « Ça aurait été assez hypocrite de ma part de me pointer dans une limousine, plaisante le jeune homme. Je vis mes valeurs au quotidien, pas seulement à l’écran. »

 

Héliosols – Bande annonce

| La dernière étape à franchir

Investi corps et âme dans ce projet depuis 2011, Gabriel Tougas ne cache ainsi pas son émotion à l’idée d’être venu au bout de ce travail aussi titanesque qu’ambitieux. « Je suis fier d’être arrivé au bout de ce long-métrage, affirme-t-il. Je viens de franchir une réelle étape dans ma carrière.

C’est tout simplement le film que je voulais réaliser. Il mêle deux sujets qui me tiennent à cœur : le journalisme d’investigation et l’écologie. » Pourtant, la partie était loin d’être gagnée pour le jeune réalisateur qui « n’a jamais même pensé à abandonner ». Le refus du Conseil des arts du Canada comme celui du Conseil des arts du Manitoba de financer son film a en effet constitué une réelle difficulté à surmonter. Un défi supplémentaire que le jeune manitobain a accepté de relever, déterminé à aller au bout de son idée. « Nous nous sommes tournés vers la communauté pour pouvoir réaliser Héliosols et son accueil a été formidable, explique Gabriel Tougas. On nous a prêté du matériel en quantité incalculable, on a eu la chance de ne pas avoir à louer la plupart de nos lieux de tournages et de nombreux bénévoles nous ont épaulés. Tout cela nous a permis de combler l’argent que nous n’avions pas.

« Ce n’est pas grâce à moi que ce film est ce qu’il est aujourd’hui, insiste-t-il. C’est le fait de la communauté toute entière. » Une œuvre réalisée avec un budget de seulement 19 500 $, mais le fruit de la solidarité d’une minorité prête à tout pour soutenir ses jeunes talents.

Et cette grande première n’est que le début d’une aventure beaucoup plus longue. D’autres projections sont déjà prévues à l’Université de Saint-Boniface ou encore au festival des films Cinémental le 20 octobre. Héliosols entend par ailleurs s’élever de l’échelle provinciale pour partir à la conquête du Canada tout entier, en Colombie-Britannique notam­ment, où a grandi son acteur principal Yan Lacoste. La pellicule n’est pas prête de s’arrêter de tourner!

 

 

Par Chloé LE MAO

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