Les U14 de Glenwood Rush lors d'un entraînement.
Les U14 de Glenwood Rush lors d’un entraînement.

La ringuette fête ses 50 ans, cette année. Au Manitoba, ce sport rassemble 3 000 pratiquantes, un chiffre en augmentation depuis ces dernières années.

Même s’il a été inventé par un homme en 1963, ce sport était destiné aux femmes dès l’origine. Alors que le hockey féminin peinait à se développer, l’Ontarien Sam Jacks voulait que toutes les femmes puissent pratiquer une activité collective sur glace. La ringuette est née. Fin octobre, Ringuette Canada vient de fêter les 50 ans de ce sport avec un « roadshow » à travers 15 villes du pays, dont Winnipeg.

Des équipes de six, le même équipement. À première vue, ce sport ressemble au hockey, en plus simple. En effet, la rondelle étant trouée, le bâton, tout droit, vient se loger à l’intérieur de l’anneau, ce qui rend sa conduite plus simple. D’ailleurs, c’est ce morceau de caoutchouc bleu qui a donné son nom à la ringuette. « Ring, c’est pour l’anneau et « ette » est le suffixe français marquant le féminin », détaille Bruce Jacks, le fils de l’inventeur.

Une marque féminine bien ancrée dans la pratique. Aujourd’hui, seuls 600 garçons jouent à la ringuette au Canada, souvent comme gardiens ou dans les catégories les plus jeunes. Une goutte d’eau au milieu des 30 000 inscrits à Ringuette Canada. « En 1998, il y avait environ 25 000 joueurs au Canada. Depuis, ce nombre a régulièrement augmenté. Même si cette croissance est modérée, c’est une réussite significative à une époque où les gens disposent d’un si grand nombre d’options et de ressources limitées pour faire du sport », assure-t-on à la fédération nationale.

Dans la province, la Manitoba Ringette Association compte 3 000 adeptes. Un chiffre qui augmente depuis ces dernières années. Pourtant, l’association a compté pratiquement le double de pratiquantes, dans les années 1990. Depuis, le hockey féminin s’est largement développé et jouit d’une plus grande popularité.

Cependant, la ringuette reprend des couleurs depuis quelques années. Qu’est-ce qui amène les jeunes filles à choisir ce sport?

| Pas si simple

Parfois, c’est la pratique de la mère qui va influencer celle de la fille. Comme pour Chloé Henderson, âgée de 13 ans. « Ma mère était déjà gardienne dans une équipe de ringuette, explique-t-elle. Du coup, j’ai commencé ce sport, au même poste qu’elle. L’avantage est que la rondelle est moins dure qu’au hockey, que je préfère regarder à la télé. »

« Ça peut quand même faire quelques bleus, rectifie Élise Candas, 16 ans et elle aussi gardienne. C’est une amie qui m’a dit de venir essayer avec elle. Puis, je suis vraiment tombée en amour avec ce sport. J’aime la vitesse et l’intensité, et surtout le vrai travail d’équipe imposé par les règles de la ringuette. »

Car, à y regarder de plus près, la ringuette n’est pas si simple. Contrairement au hockey, un joueur ne peut pas traverser le terrain pour aller planter son but. Deux lignes bleues parallèles barrent la glace. « On ne peut pas les franchir avec le bâton dans la rondelle. Ça oblige à faire des passes. » De plus, les règles se sont modernisées pour donner plus de dynamisme au jeu : depuis une dizaine d’années, quand une équipe possède la rondelle, les joueuses doivent tirer au but dans les trente secondes.

« La ringuette ajoute un élément de finesse et de tactique », affirme Yvette Chaput-Chinchilla, entraî­neuse assistante au Glenwood Rush à Saint-Vital. Elle a commencé la ringuette à sept ans et la pratique toujours, 30 ans plus tard. « C’est un très bon sport pour l’estime de soi, assure-t-elle. Ça permet de créer des liens d’amitié avec les autres filles. »

| « Manque de challenge »

Pour les plus anciennes pratiquantes, la ringuette était la voie naturelle pour jouer sur la glace. « Je viens de Saint-Anne. J’ai commencé la ringuette à quatre ans en 1982, car dans la communauté, c’était la seule équipe pour les filles. Elle était entraînée par mon père », explique Mireille Saint-Vincent qui entraîne désormais les jeunes de Glenwood Rush. Si elle s’est tournée un temps vers le hockey, à l’université, elle est vite revenue à la ringuette, « car j’avais un meilleur niveau ». Pour elle, c’est peut-être « le manque de challenge dans la ringuette qui attire un peu moins de fille. Par exemple, au hockey, une jeune peut rêver d’attendre, un jour, les Jeux Olympiques. »

« Mais le côté positif est qu’on peut accéder plus facilement à des compétitions interprovinciales, voire nationales », assure Élise Candas. Même si cela coûte cher : cette année, le Manitoba n’a pas d’équipe engagée dans la Ligue nationale de ringuette (LNR). « Nous n’avions que dix joueuses qui pouvaient participer. Ce n’est pas assez pour former une équipe. Le coût des déplacements en démotive certaines. D’autres joueuses n’avaient plus le temps de participer, à cause de leur travail ou de leur vie de famille », explique Laralie Higginson, directrice exécutif à la Manitoba Ringette Association.

La LNR vient d’entamer sa dixième saison seulement. Le chemin semble encore long pour les adeptes de ringuette qui espèrent qu’un jour, leur sport se fasse, lui-aussi, une place sur l’Olympe.

Thomas RICHARD

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