Sportifs avides de défis, fous de vélo ou yétis des plaines, ils seront 66, le 15 février, à s’élancer au départ de la course Actif Epica. 130 kms de Saint-Malo à Winnipeg, le tout dans un froid polaire.

Les 130 kms de la course Actif Epica ne font pas peur à Alain Foidart qui espère atteindre l'arrivée.
Les 130 kms de la course Actif Epica ne font pas peur à Alain Foidart qui espère atteindre l’arrivée.

Le 15 février, sans charrette ni marchandises, mais avec vélos, cagoules et une paire de pieds de rechange, 16 coureurs et 50 cyclistes s’élanceront sur le sentier historique Crow Wing auparavant utilisé pour le transport de marchandises de Saint-Paul au Minnesota au Lower Fort Garry au Manitoba. De Saint-Malo à Winnipeg, ils remonteront la rivière Rouge par des sentiers municipaux peu utilisés au milieu des champs et des prairies. 130 kilomètres, une épreuve en soi. Et comme si ce n’était pas suffisant, le froid polaire sera aussi de la partie.

« L’objectif de cette troisième édition n’est pas seulement de créer un défi hivernal, informe le directeur de la course Actif Epica, Ian Hall. C’est aussi de connecter les communautés rurales à la ville de Winnipeg ». Effectivement, sur les routes rectilignes et inflexibles, les participants croiseront Saint-Malo, Saint-Pierre-Jolys, et Saint-Adolphe. Un point qui explique peut-être la forte participation des Franco-Manitobains à l’évènement. « Ou alors ce sont les seuls à être assez fous pour participer, avec quelques Américains », plaisante le directeur.

Alain Foidart participera à la course cette année. L’an passé, il avait dû se résigner à être bénévole en raison d’une blessure. « J’étais bénévole sur la ligne de départ, et 17 h plus tard sur la ligne d’arrivée. J’ai donc eu la chance d’observer les coureurs avant et après l’effort. C’était impressionnant! », se remémore-t-il. Et pourtant cela ne l’a pas dissuadé de courir cette année.

Il préfère d’ailleurs les courses d’hiver à celles d’été. Le jeune homme de 33 ans aime entendre ses pas sur la glace et sentir ses pieds s’enfoncer dans la douceur de la neige. « Au moins, en hiver, on peut rajouter des couches de vêtements, si on a froid. En été, s’il fait chaud, il fait chaud. Tu ne peux rien y faire ». Cela fait cinq ans qu’Alain Foidart prend plaisir à faire des ultramarathons. « Ici, on n’a pas de montagnes alors pour augmenter le défi, je fais des longues distances ». Cette course sera la plus longue qu’il n’a jamais faite. En mars dernier, Alain Foidart participait à la course extrême du Dakota du Nord, plus courte mais avec un dénivelé important. Depuis, il a eu un enfant, une autre course à courir. Alors son objectif cette année sera de terminer la course, ne pas abandonner. Surtout qu’il a entendu dire que la course allait être vraiment difficile à cause de la neige.

Le directeur confirme. « D’habitude la surface était assez dégagée. Il y avait beaucoup moins de neige les années précédentes. Là, il y a certaines sections où personne n’est encore passé, avec 1 mètre de poudreuse. Les coureurs devront peut-être s’équiper de raquettes ». Et d’une paire de chaussette de rechange. « L’an passé, arrivé à Winnipeg, le gagnant n’avait pas réussi à poser le pied au sol tellement il était gelé. Ses parents avaient dû le porter de son vélo à la voiture ». Sans oublier que les participants devront aussi se repérer à l’aide d’une boussole ou d’un GPS, puisque les signes directionnels seront absents sur certaines parties du parcours.

Ils seront 66 sur la ligne de départ, mais combien atteindront l’arrivée avant de s’être transformé en glaçon?

Manon BACHELOT

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