Le gouvernement Selinger augmente légèrement ses dépenses en santé et en éducation, tout en ciblant l’infrastructure et un équilibre fiscal, prévu pour 2016-2017.

Raymond Clément
Raymond Clément

La ministre des Finances, Jennifer Howard, a déposé le 6 mars dernier un budget légèrement déficitaire, qui mise avant tout sur le réaménagement des grandes infrastructures provinciales.

En effet, dans un budget qui s’élève à 15,1 milliards $, quelque 5,5 milliards $ seront consacrés aux infrastructures. Le déficit, quant à lui, atteint les 357 millions $, et la Province estime toujours qu’elle pourra atteindre l’équilibre fiscal en 2016-2017.

« Dans un climat d’incertitude, le budget adopte une approche équilibrée, se concentrant sur la création de bons emplois et la croissance économique », a souligné Jennifer Howard.

L’économiste, Raymond Clément, estime en effet que le premier budget de Jennifer Howard est « sobre et modeste, sans trop de surprises ».

« Lorsque le gouvernement Selinger a augmenté la taxe de vente provinciale d’un pourcent, il a perdu une bonne part de crédibilité auprès du public, fait-il remarquer. Il doit se repositionner s’il veut être réélu en 2016. Les Manitobains, et les Winnipégois en particulier, apprécieront sans doute l’investissement dans les infrastructures. »

En effet, près de 3,7 milliards $ seront investis dans les routes, autoroutes et ponts provinciaux, tandis que 1,5 milliard $ iront vers les routes et autres infrastructures municipales. La Province prévoit également investir 320 millions $ dans des projets de protection contre les inondations. De plus, 250 millions $ seront versés à la Ville de Winnipeg pour la réfection de ses routes.

« Le public en a assez des rues qui depuis quelques années déjà ont besoin d’une réfection majeure, souligne Raymond Clément. Et c’est sans parler des problèmes de conduites d’eau occasionnés par notre hiver long et rigoureux, ou encore la fonte printanière, qui produira plus de nids de poule sur nos routes. Les besoins sont rendus criants. »

Selon Raymond Clément, la Province peut se permettre la dépense. « L’économie manitobaine se porte relativement bien, indique-t-il. Les mises en chantier se chiffrent à 7 465, par rapport à 7 200 en 2012. Et les Manitobains ont acheté 56 000 voitures, par rapport à 52 000 en 2012. Notre taux de croissance économique est de 2,4 %, ce qui est au-dessus de la moyenne nationale. »

Le budget provincial prévoit éliminer 370 postes de la fonction publique, tout en réduisant légèrement les dépenses au sein des ministères de l’Agriculture, des Finances, du Travail et de l’Immigration, ainsi que de la Conservation et gestion des ressources hydriques. Les ministères de la Santé, d’Infrastructure et Transport, de la Justice et de l’Éducation connaîtront des augmentations légères.

« Je ne m’étonne pas que la Province n’ait pas sabré dans la fonction publique, déclare Raymond Clément. En plus des considérations idéologiques des néodémocrates, il faut se rappeler l’importance du gouvernement dans l’économie manitobaine. Au-delà de 28 % de la main d’œuvre fait partie de la fonction publique. »

Daniel BAHUAUD

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