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Chaque mois, La Liberté et Radio-Canada vous présentent une personne qui se démarque dans sa communauté par un service bénévole à une cause francophone ou à un organisme qui appuie les francophones du Manitoba, que ce soit dans le domaine de la charité, de la culture, du sport ou autre.

 

 

 

 

Arthur Gautron, ou l’art d’aider par le sport

Depuis maintenant quatre ans, Arthur Gautron donne de son temps à l’École communautaire Gilbert-Rosset dans le but de venir en aide aux professeurs.

Arthur Gautron.
Arthur Gautron.

Passionné d’enseignement et amateur de sport, il explique son choix de retourner enseigner après avoir pris sa retraite.

Arthur Gautron se rendait à l’école en tant que suppléant quand il a eu l’idée de créer un programme sportif pour réduire le nombre d’élèves en cours d’éducation physique. Le bénévole raconte : « Les professeurs ont été très réceptifs à cette idée, car cela leur permettait d’avoir un plus petit groupe pour faire la théorie. Pendant qu’ils faisaient une activité dans le gymnase, je prenais l’autre groupe à l’extérieur ».

Enseignant à plein temps pendant plus de 35 ans, Arthur Gautron souligne : « Quand j’enseignais moi-même, je voyais que les jeunes aimaient pratiquement tous les sports. Alors quand j’ai eu la chance de pouvoir offrir ce programme, je me suis dit que c’était une bonne idée! »

Déjà bien impliqué au sein de la communauté, l’enseignant retraité souhaite, à travers ce programme, partager avec les étudiants sa passion pour deux sports : le golf en été, et le curling en hiver. « On travaille beaucoup sur les termes précis en français au golf et au curling, et les élèves font de gros efforts pour se servir des bons termes. »

Le programme proposé par Arthur Gautron rencontre un franc succès auprès des étudiants de l’École Gilbert-Rosset. Les élèves de la 6e à la 10e année qui en bénéficient se montrent très réceptifs. « On voit beaucoup d’enthousiasme, tant chez les garçons que chez les filles. »

En effet, les étudiants prennent soin de bien appliquer les techniques qui leurs sont enseignées et de bien respecter les règles de sécurité qui leurs sont données. Arthur Gautron l’affirme par expérience : « Ça prend plusieurs personnes pour leur apprendre les règles, les techniques et la sûreté. J’estime que c’est important qu’ils sachent qu’ils sont en train de jouer en toute sécurité. »

Le natif de Haywood tire beaucoup de satisfaction de cette expérience. « Je suis content de voir que les jeunes aiment participer. » Bien qu’il propose une activité sportive, il espère par ce biais parvenir à leur transmettre des outils pour les aider dans la vie. « Je suis certain que les techniques, le respect des adversaires, la façon d’envisager les choses, peuvent aider les étudiants. C’est une leçon de vie, ça les affecte au quotidien. »

Pour le bénévole engagé, ce programme constitue aussi une opportunité pour les jeunes de rencontrer du monde et de se faire de nouveaux amis. « Quand ils sont invités pour une partie de golf, le fait de ne pas savoir jouer n’est plus une barrière. Ils acceptent d’y aller et savent ce qu’ils font. »

Il y a trois ans, Arthur Gautron a été nommé Grand Chevalier du Conseil de Saint-Claude des Chevaliers de Colomb, où il se consacre également au bénévolat. « Nous organisons des déjeuners, des soupers, des loteries. Nous prélevons des fonds pour aider les personnes dans le besoin ou gravement malades et nous assistons le prêtre et la paroisse. »

Et quand on lui demande sa recette pour encourager les autres à faire du bénévolat, Arthur Gautron confie : « Quand ils voient notre satisfaction personnelle, ça peut leur donner envie d’essayer aussi. Au fond, le plus important, c’est ce qu’on en retire soi-même. »

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Toujours ce besoin de partager

Lilianne Barnabé, infirmière à la retraite, fête ses vingt ans de bénévolat à l’Hôpital Saint-Boniface. Impliquée, elle se confie, en mettant au premier plan son humanité.

LILIANNE BARNABÉ.
LILIANNE BARNABÉ.

Née à Montréal en 1935, Lilianne Barnabé a grandi en Acadie avant d’arriver à Winnipeg en 1959. Infirmière, elle travaille jusqu’en 1995 à l’Hôpital Saint-Boniface. C’est dès l’année suivante qu’elle se consacre aux soins spirituels de l’Hôpital en tant que ministre de la communion. La retraitée confie : « Je n’étais pas prête à quitter le milieu infirmier, c’était ma manière à moi de rester en contact avec les patients. » C’est ainsi que Lilianne apporte la communion aux patients malades qui ne peuvent se déplacer jusqu’à la chapelle.

Entre 1995 et 2002, Lilianne Barnabé était aussi volontaire à Jocelyn House, une résidence de soins palliatifs située à Saint-Vital sur les bords de la rivière Seine. Elle était coordinatrice des bénévoles. De plus, elle était assistante aux personnes en deuil au YWCA de Winnipeg. Enfin, Lilianne Barnabé participe à une étude longitudinale canadienne sur le vieillissement.

À l’ouverture de la Galerie Buhler à l’Hôpital Saint-Boniface en 2007, c’est tout naturellement que Lilianne Barnabé se porte volontaire. « C’était la première galerie d’art à avoir ouvert dans un hôpital canadien, une excellente initiative ». La galerie, ouverte tous les jours, a présenté une trentaine d’expositions depuis sa création, et fonctionne uniquement grâce à une équipe de volontaires.

En tant que bénévole, Lilianne Barnabé accueille les gens chaque dimanche de midi à 16 h. Un rôle tout aussi informatif qu’humain. Elle souligne : « Je souhaite mettre à l’aise les visiteurs, car un peu moins de la moitié ne s’est jamais aventuré dans une galerie ». Elle espère ainsi sensibiliser davantage les gens de passage à l’art.

Mais pas uniquement. La bénévole rajoute : « La galerie Buhler est un lieu où les gens peuvent se recueillir. La plupart des visiteurs ont des êtres chers à l’hôpital ». En effet, elle se considère comme un pilier à l’écoute des gens, et tâche de répondre à leurs besoins.

La retraitée tire aussi un grand enseignement de son expérience bénévole. Elle révèle : « Nous obtenons une session d’orien­tation avant chaque nouvelle exposition à la galerie. J’aime partager par la suite mon savoir avec les visiteurs. ». De même, travailler dans le domaine de l’art a permis à cette femme de cœur de rencontrer des artistes et des personnalités diverses, tel qu’un astronaute. Une réelle aventure humaine puisque la mère de deux enfants se remémore de très belles rencontres : « J’ai travaillé avec des bénévoles formidables venus de partout dans le monde. J’ai beaucoup appris sur l’être humain. »

Mais pourquoi s’impliquer autant? Lilianne Barnabé dévoile : « J’aime me dire que grâce à moi, quelqu’un a eu une vie plus confortable. Et puis, on reçoit toujours plus qu’on ne donne. » Préférant donner de son temps que de rester cloitrée chez elle, cette femme d’action, qui assure « détester l’ennui des dimanches », compte encore donner de sa personne.

« Tant que la santé et le moral suivront, j’aiderai la terre à avancer », conclut-elle en riant.

Lilianne Barnabé.

 

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Former la francophonie politique de demain

Le 7 février 2016, Katrina Leclerc passait du statut de Première ministre du Parlement jeunesse franco-manitobain (PJFM) à celui de présidente élue du PJFM pour l’année à venir. La jeune Britanno-Colombienne d’origine, âgée de 20 ans, a porté le chapeau de Première ministre du PJFM pour l’année 2015-2016. Et sa grande contribution pour former la francophonie politique de demain lui vaut l’honneur d’être la bénévole du mois.

KATRINA LECLERC
KATRINA LECLERC

Étudiante au double baccalauréat en Droit de la personne et en Résolution de conflit à l’Université de Winnipeg (UW), Katrina a grandi en Colombie-Britannique. C’est là que son implication communautaire a débuté. Comme francophone, elle était exposée aux débats sur les droits linguistiques et s’intéressait au domaine du droit. Mais sans intérêt particulier pour la carrière d’avocat. L’emploi de sa mère l’avait également beaucoup exposé à des sujets de réflexion, et le droit de la personne devint peu à peu un intérêt grandissant pour elle. En 8e année, elle décida de s’inscrire dans un cours offert en ligne par l’école virtuelle du Conseil scolaire francophone de Colombie-Britannique. Dans le cadre du cours « Leadership et parlement », elle devait assister à la simulation parlementaire du Parlement jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (PJFCB). L’expérience fut pour elle une révélation.

Un an après, elle participa au Parlement jeunesse francophone du Nord et de l’Ouest (PJFNO), qui avait alors lieu au Yukon. Cette implication s’inscrit comme la première d’une dizaine d’implications parlementaires pour Katrina avant son arrivée au Manitoba en 2013.

Katrina a donc été élu Première ministre du PJFM pour l’année 2015-2016 par ses membres. En plus d’être la tête et l’image du Parlement jeunesse, la Première ministre doit s’assurer de tout mettre en place pour organiser la session parlementaire qui a lieu chaque année au Palais législatif de Winnipeg et dont le but est une simulation du processus de vote de lois.

Elle a donc coordonné les 11 ministres du Parlement jeunesse, s’assurant de la création de projets de loi en vue de la simulation, du recrutement dans les écoles, du développement de partenariats, etc. Le résultat de son dur labeur prit forme du 5 au 7 février, lors de la session parlementaire, où plus de 45 jeunes francophones ont débattu et adopté ou rejeté des projets de lois concernant la violence au hockey, le temps d’attente dans les hôpitaux, la purification de l’air et l’analyse génétique.

« Les Parlements jeunesse ont agi comme un déclic. Avant, j’étais très gênée. Mon implication m’a permis de m’assumer et de me faire confiance », souligne Katrina. Plus tard, la jeune femme souhaiterait travailler pour l’Organisation des Nations Unies (ONU) ou pour un organisme qui lui est lié. Ses apprentissages au Parlement jeunesse pourraient s’avérer bien utiles. « Il y a une différence entre pouvoir parler et savoir bien parler. C’est la façon dont on dit le message qui fait la différence », estime-t-elle. Son implication au sein du PJFM aura peaufiné ses compétences de communication orale.

En attendant, Katrina commencera sa maîtrise en Résolution de conflits en septembre 2016 à l’Université du Manitoba (UM). Actuellement, elle fait du bénévolat de façon occasionnelle pour l’Université de Saint-Boniface (USB) et pour le Conseil jeunesse provincial (CJP). Elle est présidente de l’association étudiante du département du Droit de la personne à l’UW ainsi que responsable des communications pour l’association étudiante du département de Résolutions de conflits. Elle fait également, de façon bénévole, un stage pour Global Network of Women Peacebuilders (GNWP) en tant que responsable d’un projet d’alphabétisation pour les jeunes filles du Congo et du Soudan du Sud.

Du haut de ses 20 ans, Katrina s’offre un avenir prometteur. « C’est important de redonner à la communauté. Si l’on n’est pas un membre actif, comment peut-on dire que l’on fait partie de la communauté? »

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Une nouvelle mission presque à chaque mois

Depuis 26 ans et tout au long de l’année, Estelle Soulodre offre son aide aux divers festivals et évènements de Winnipeg, à commencer par son premier amour : le Festival du Voyageur.

ESTELLE SOULODRE.
ESTELLE SOULODRE.

Vous avez probablement déjà croisé Estelle Soulodre au Festival du Voyageur, à moins que vous ne fussiez au Festival Fringe ou encore à Folklorama? En effet, la Franco-Manitobaine de 53 ans ne compte pas ses heures de bénévolat pour prêter main forte aux divers évènements qui jalonnent la vie winnipégoise.

Festival du Voyageur, Festival Fringe, Folklorama, Parade du Père Noël, Marche de la Société canadienne de la sclérose en plaque, Course à la vie CIBC, Festival of Fools ou encore Kids Fest, « je suis bénévole pour presque un évènement par mois », se réjouit Estelle Soulodre.

C’est au Festival du Voyageur, en 1991, que son aventure bénévole commence, un peu par hasard. « Un jour, j’étais au Festival du Voyageur et je me suis dit que ce serait bien d’essayer d’y faire du bénévolat. J’ai aimé ça, donc j’ai continué. Cette année, j’étais bénévole au Festival du Voyageur pour la 26e année consécutive. »

Très vite, Estelle Soulodre ajoute à son tableau de bénévole d’autres évènements de la capitale manitobaine, comme le Festival Fringe et Folklorama. Elle s’intéresse à toutes les opportunités de bénévolat facilement accessibles depuis Winnipeg et qui ne demandent pas de trop marcher, car elle n’a pas de voiture et elle souffre des genoux.

« Quand je vois dans les journaux ou sur des annonces qu’il y a du bénévolat que je peux faire, j’y vais. C’est ce que j’aime faire. En novembre dernier par exemple, j’ai eu l’opportunité d’être bénévole pour la Coupe Grey. C’était vraiment amusant! »

Ses tâches de bénévole varient selon les évènements et selon les journées. À Folklorama par exemple, elle aime aider dans la cuisine à préparer les patates, les tartes au sucre et la salade de choux. « J’ai préparé 100 livres de patates par jour pendant sept jours! », révèle Estelle Soulodre.

Au Festival du Voyageur, elle a entre autres distribué des drapeaux aux participants, compté les visiteurs du Parc du Voyageur, ou encore prêté main forte aux personnes en charge d’évènements spéciaux dans le cadre du Festival, comme le Concours de violon et de gigue.

« J’aime faire des choses pour les gens et voir le monde sourire. C’est ce qui me fait revenir comme bénévole d’une année à l’autre. Je veux être au centre de l’action. De plus, il y a beaucoup de bénévoles qui reviennent chaque année comme moi, et c’est le fun de se retrouver. J’ai maintenant des amis dans tous les festivals.

« D’ailleurs, chaque année je m’amuse à dire que ce sera ma dernière année. Mais en fait, je reviens toujours l’année d’après et je compte bien continuer le bénévolat aussi longtemps que possible! »

Pour ses nombreuses actions bénévoles au service de sa communauté, Estelle Soulodre a reçu en 2012 le Capot bleu honorifique du Festival du Voyageur.

separateurOffrir une équipe sportive
à une communauté dans le besoin

Depuis 2011, Raymond Kazadi se donne corps et âme pour s’assurer d’offrir une équipe de basketball de niveau compétitif à des jeunes de sa communauté. Parti de rien, il en arrive maintenant au point où son équipe, les Gladiators, est bien implantée dans le circuit du basketball manitobain.

RAYMOND KAZADI
Raymond Kazadi

C’est par un heureux hasard que Raymond Kazadi a pu être nominé en tant que bénévole vedette du mois de janvier. À son insu, il a parlé de son implication dans la création de l’équipe à un journaliste en visite, dont le neveu joue dans l’équipe. Ce qu’il croyait être une banale conversation avec un membre de la famille d’un jeune devient finalement un premier pas vers la reconnaissance d’une communauté envers un homme dévoué.

Son implication a débuté par un désir personnel. « Mes enfants jouaient au basketball à un niveau compétitif, et l’offre manquait dans le sud de Winnipeg, là où nous vivons. Si l’on voulait jouer dans une équipe d’un calibre plus élevé que le niveau communautaire, il fallait faire trois allers-retours par semaine à l’autre bout de la ville. On a décidé de tâter le terrain pour voir comment nous pourrions améliorer les choses », explique celui qui porte maintenant le chapeau de « parent de l’équipe ».

Il a alors remarqué que la demande dans le sud de la ville d’avoir une équipe compétitive était forte. Sans y penser, il a réuni des parents de jeunes athlètes et a entrepris des démarches.

En 2011, l’équipe des Gladiators fait officiellement son apparition dans la ligue mineure de basketball du Manitoba. À cette époque, une seule équipe, dont les joueurs ont 10 ou 11 ans, porte le nom de Gladiators. Mais le travail ne faisait que commencer.

Au fils des années, la demande se fait de plus en plus grande. On crée une équipe du même âge pour les filles, puis on établit une seconde équipe de garçons. Aujourd’hui, les Gladiators comptent des équipes pour différentes tranches d’âge.

« Pour les parents des jeunes, j’ai joué le rôle de pionnier pour l’équipe. De façon plus concrète, je suis gestionnaire et coordonnateur, raconte Raymond Kazadi. Je m’occupe des systèmes de collecte de fonds, du budget, de l’organisation, de l’équipement, des inscriptions à des tournois et des relations avec les autres équipes. »

Étant sportif depuis son jeune âge, le père des Gladiators ne sait trop pourquoi il a pris les rênes de cette aventure. « Ça s’est fait tout seul. Je suis un vrai amateur de basketball. J’éprouve un plaisir à voir les jeunes jouer et s’améliorer. Je sentais le désir de la communauté, et à un certain moment, j’ai réalisé que je ne pouvais plus arrêter ».

Raymond Kazadi mise à présent sur la promotion de son équipe, puisqu’il souhaite retourner au rôle de parent observateur. « Je veux que l’équipe grandisse d’elle-même, maintenant qu’elle est bien en place. Les grains sont plantés », estime-t-il.

Le bénévole honoré ne s’était jamais arrêté sur la valeur de ses actions. Un brin ému, il affirme que « ça fait chaud au coeur de voir que ce qu’on fait sans arrière-pensée est reconnu par la communauté ».

 

separateurPlus de 20 ans d’aide
à l’Hôpital Saint-Boniface

Marguerite Fredette n’a jamais compté son temps et son énergie pour se mettre au service des autres. Originaire du Nord du Manitoba, elle passe une demi-journée par semaine, depuis plus de 20 ans, au pavillon d’oncologie de l’Hôpital Saint-Boniface, afin d’apporter un peu de soutien et de chaleur aux malades.

Marguerite Fredette.
Marguerite Fredette.

Infirmière de formation, Marguerite Fredette a été infirmière en chef à la Villa Youville de Sainte-Anne-des-Chênes pendant près de 20 ans. C’est tout naturel­lement qu’en 1995, une fois à la retraite, elle a commencé à donner de son temps, bénévolement, au service d’oncologie de l’Hôpital Saint-Boniface. Pour elle, être bénévole tenait de l’évidence : « Je me suis demandé ce que bénévole signifiait. Et puis j’ai repensé à ma mère et à mon père, qui aidaient comme ils pouvaient pour la création et l’entretien de leur église, par exemple. Tout le monde est bénévole en quelque manière. Je me suis dit que j’allais donner un peu de temps. »

Alors, depuis plus de deux décennies, Marguerite Fredette se rend tous les mardis matin dans le service d’oncologie, afin d’apporter un peu de réconfort et de présence aux patients qui viennent recevoir un traitement régulier : « On prépare du café, des jus de fruits, des biscuits pour les patients pendant qu’ils reçoivent leur traitement. Parfois certains patients ont un peu froid, alors on leur amène une couverture chaude. On agit en fonction de ce qu’ils nous demandent, de ce dont ils ont envie et besoin. Il m’arrive aussi d’accompagner des dames qui ont besoin d’aller chercher une perruque. Je les accompagne pour qu’elles ne soient pas seules. Ce n’est pas très agréable comme moment, mais elles ont besoin de soutien. »

Si donc Marguerite se rend inlassablement, chaque semaine, à l’Hôpital, c’est aussi et surtout pour offrir une présence aux souffrants : « Certains s’assoient seuls et attendent, alors j’essaye de prendre le temps d’aller vers eux, de leur offrir un café et de discuter un petit moment. Les patients sont tous très reconnaissants de ce qu’on fait, et leur reconnaissance nous touche. »

Michelle Smith, sa fille, l’a nominée car elle reste admirative de l’engagement de sa mère : « Ce qui m’impressionne le plus, c’est son niveau d’engagement. Elle a toujours donné et continue à apporter sa contribution à la communauté. »

La femme de 84 ans n’a jamais envisagé d’arrêter ce don de soi : « J’aime ça, donner un peu de moi. Quand je me lève à 5 heures du matin pour aller à l’Hôpital, je suis heureuse. Ça me donne quelque chose en plus. J’aime l’ambiance, rencontrer des gens, et puis voir les patients heureux de nous voir, c’est vraiment une belle reconnaissance. »

Pour Marguerite Fredette, le bénévolat permet de donner autant que de recevoir. Pour exprimer la conviction qui l’anime, elle cite une prière de saint François d’Assises : « Car c’est en donnant qu’on reçoit, et s’est en s’oubliant qu’on se retrouve. »

La bénévole a reçu cette année la médaille symbolisant ses 20 ans de bénévolat consacrés à l’Hôpital Saint-Boniface. Avec philosophie et compassion, Marguerite Fredette compte bien donner encore longtemps de son temps et de son énergie pour les autres: « J’essaye seulement de rendre les choses plus faciles pour les autres. On veut vraiment que tout le monde soit aussi confortable que possible pendant les heures qu’ils passent ici. »

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 S’activer pour les paniers de Noël de la Cathédrale 

Rachel LeGal donne de son temps depuis 18 ans à la communauté, en participant chaque année à la confection des paniers de Noël de la Cathédrale, destinés aux familles les plus démunies de Saint-Boniface. En mettant toujours le même coeur à l’ouvrage, année après année.

RACHEL LEGAL.
RACHEL LEGAL.

L es paniers de Noël sont nés d’une initiative des Soeurs grises en 1997. Alors Rachel LeGal a trouvé l’initiative excellente, et s’est impliquée de suite dans la réalisation et la distribution de ces paniers : « À l’époque nous étions un groupe de jeunes, et on voulait faire du bénévolat. Alors on a trouvé l’initiative très bonne. »

Depuis 18 ans, chaque année, Rachel se lance donc à la recherche des familles dans le besoin qui peuvent trouver du réconfort dans les paniers de Noël : « Nous avions 10 familles en 1997 qui avaient bénéficié des paniers de Noël. En 2013 nous avons eu 95 familles, soit précisément 497 personnes. Les familles sont plus nombreuses maintenant. »

Si les paniers sont distribués le samedi avant Noël, le travail de Rachel commence bien avant, avantla fin de l’été : « Dès septembre on va dans les écoles, discuter et chercher les familles. Et puis ensuite j’appelle tout le monde, toutes les familles. Je discute avec tous les enfants de chacune des familles, pour savoir ce dont ils ont vraiment envie. »

Ainsi chaque enfant peut découvrir à Noël le cadeau de son choix, ainsi que de la nourriture fournie pour la famille. L’un des rôles de Rachel est également de trouver les commanditaires qui vont « parrainer » les familles et fournir les fonds et les ressources matérielles pour assurer un Noël décent à chacun.

« Et puis on se fait livrer lanourriture le jeudi, on confectionne les paniers le vendredi avant Noël, et le samedi on livre les paniers de Noël dans les familles, précise Rachel LeGal. Pour cela nous avons80 bénévoles qui viennent prêter main forte le samedi. C’est bon de se retrouver, puis ensuite nous mangeons tous ensemble! »

Au total, sur les trois jours, ce sont plus de 100 bénévoles qui s’engagent pour livrer les paniers à temps. Mais comme le précise Rachel Legal : « On a toujours besoin de plus de monde.

« Le plus satisfaisant, c’est que nous avons toujours réussi à trouver des fonds suffisants pour pouvoir faire tous nos paniers. À l’époque, l’abbé Fréchette nous soutenait toujours pour que l’on ait assez de fonds. Et puis des associations comme le Festival du Voyageur sont toujours là, depuis des années, pour nous épauler. »

Pour Pauline Arbez-Koga, qui connaît bien Rachel LeGal, la nominer au concours Votre bénévole en vedrette était normal, tant elle s’implique dans ses paniers de Noël de la Cathédrale depuis de nombreuses années : « Rachel est tellement dévouée avec ses paniers de Noël. Elle appelle toutes les familles et parle avec chacun des enfants. Et puis elle a toujours le même sourire. Ça inspire les autres. On sent que pour elle, c’est un plaisir de donner son temps. »

Rachel LeGal conclut, résolument tournée vers l’avenir : « C’est toujours un plaisir. J’espère continuer vraiment longtemps! »

Si l’association récolte plus de fonds que nécessaire, elle les reverse ensuite à d’autres associations communautaires, comme l’Accueil francophone, qui oeuvre pour les nouveaux arrivants. « Parce que ces initiatives ne devraient pas se faire qu’à Noël. Mais on veut aider, on fait de notre mieux. » Pour encore longtemps, sans doute.

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 Un désir de s’engager par besoin de partage 

Après avoir élevé ses cinq enfants, Gisèle Beaudry aurait pu s’autoriser une paisible retraite, au calme de Saint-Boniface. Pourtant elle continue de donner de son temps à la communauté, notamment à travers le Centre Flavie-Laurent. Elle s’implique pour les autres, mais aussi pour elle-même.

Gisèle Beaudry.
Gisèle Beaudry.

Originaire de Saint-Boniface, Gisèle Beaudry a beaucoup voyagé au cours de sa vie. Depuis qu’elle s’est posée à Saint-Boniface, donner de son temps et de sa personne est apparu comme une chose naturelle à faire : « Je suis bénévole au Centre Flavie-Laurent depuis maintenant 12 ans. J’ai beaucoup de chance d’avoir le temps d’en donner. Je peux donc m’impliquer dans le bénévolat, surtout que maintenant mes enfants sont grands. »

Pour Gisèle, le bénévolat est un acte qui lui apporte autant qu’il peut apporter aux autres : « C’était quelque chose dans quoi je me suis lancé pour combler un besoin que j’avais également en moi. Je voulais me mettre au service des autres. Voir les gens dans le besoin m’a vraiment encouragé à me lancer. Le Centre Flavie-Laurent était pour cela l’endroit parfait. On reçoit et on donne des meubles, des vêtements à des personnes qui en ont besoin. Ici il existe un vrai partage! »

Au fil des ans, Gisèle Beaudry s’est impliquée de diverses manières pour la communauté, au Festival du Voyageur et à la maison Gabrielle Roy par exemple : « J’ai vraiment besoin de servir. Chaque engagement, chaque rencontre m’apporte quelque chose de différent. En retour, j’espère donner quelque chose aux gens également. Des amitiés se forment. C’est pourquoi je suis très chanceuse de pouvoir faire ces choses-là! »

Comme elle se rend plusieurs demi-journées par semaine au Centre Flavie-Laurent, Gisèle Beaudry a toujours l’occasion de nouer de nouveaux liens. À travers cette implication, le partage est toujours réciproque. : « Les bénévoles, nous sommes un peu comme une petite famille. J’ai toujours hâte de prendre un moment pour aller au Centre. On rencontre beaucoup de gens. D’ailleurs certaines personnes reviennent souvent. On se reconnait, il y a des “bonjour” qui sont plus chaleureux. »

Son fils, Christian, a trouvé tout naturel de nominer sa mère : « Dans le fond, c’était un moyen de lui dire « je t’aime », et de la remercier pour tout ce qu’elle fait, tout ce qu’elle m’a appris. Elle fait partie de ces personnes discrètes mais qui font de belles choses. Il faut essayer de le souligner. »

Malgré tout Gisèle Beaudry reste lucide, et aimerait un futur où un tel centre, axé sur les dons, ne serait plus utile : « Bien entendu ce que j’aimerais, c’est qu’il n’y ai plus le Centre Flavie-Laurent, qu’on en n’ait plus besoin. Mais pour l’instant nous essayons de continuer la mission entamée par sœur Flavie Laurent. Tant qu’il y a une demande et des personnes qui ont besoin de nous. »

Puisque ses cinq enfants sont maintenant autonomes, Gisèle Beaudry peut envisager le futur en laissant encore une place importante au partage, de soi, et des autres. « J’espère bien pouvoir faire encore longtemps du bénévolat au Centre Flavie-Laurent. Ou ailleurs, tant que je le peux et que cela continue à m’apporter! Je tiens vraiment à cet esprit de partage, d’apport mutuel.»

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« Le cœur aux Voyageurs »

Comeault, René 03

Bénévole au Festival du Voyageur depuis une trentaine d’années, René Comeault y est un ambassadeur idéal, incarnant avec brio l’esprit des Voyageurs.

Il y a environ 30 ans, le Franco-Manitobain René Comeault est allé prêter main forte à son frère Chevalier de Colomb, alors en charge des bénévoles au Relais du Voyageur du Festival du Voyageur. Aujourd’hui, il y est encore!

« Mon frère avait besoin de quelqu’un au bar, se souvient René Comeault. J’y suis allé et après ça, je suis revenu à chaque année! Il y a une douzaine d’années, j’ai même été fait Chevalier de Colomb du Conseil Saint-Émile et on m’a nommé en charge des bénévoles tellement j’aimais le Festival. Je prenais même des vacances pour être bénévole au Festival! »

René Comeault s’est impliqué de multiples façons en tant que bénévole au Festival du Voyageur. Aujourd’hui, il est responsable des bénévoles du Relais du Voyageur, sur le site du Centre culturel franco-manitobain (CCFM), et du bar de neige. Il aide aussi à accueillir les représentants des Festivals invités.

Et dans le passé, il a aussi été maître de cérémonie, et il s’est impliqué dans le Rendez-vous sur le boulevard et dans le festival de rue du Festival du Voyageur en été.

« Quand on m’appelle, c’est difficile pour moi de dire non, explique-t-il. Être bénévole, c’est une affaire que j’ai toujours aimé faire! Je ne demande rien de plus que ça! »

Corps et âme

Plus que le nombre d’évènements auxquels il donne de son temps, c’est surtout sa façon d’être qui «démarque René des autres bénévoles », précise la directrice générale du Festival du Voyageur, Ginette Lavack Walters, qui a nominé René Comeault au titre de bénévole vedette.

« Il a vraiment l’esprit du Voyageur à cœur, la joie de vivre, et il le vit à l’année longue, constate-t-elle. Il se donne corps et âme pour le Festival du Voyageur. Il est toujours très bien habillé aux couleurs du Festival, avec la barbe. Il est fier de sa culture et de sa langue, et il le partage avec les gens autour de lui. Pour nous, c’est un excellent ambassadeur! »

D’ailleurs, René Comeault a même été jusqu’à remporter le Concours du barbu 2014, catégorie barbe Voyageur! « Quand je me lâche dans quelque chose, je veux vraiment le vivre, explique-t-il. Quand je suis au Festival du Voyageur, j’aime me mettre en costume. J’ai des chapeaux de fourrure, deux capots, des ceintures fléchées, et tout plein d’affaires du Festival comme des T-shirts. Ça montre ma fierté de faire ce travail! »

René Comeault n’hésite pas non plus à transmettre sa fierté et sa passion pour le Festival du Voyageur à sa famille, mais aussi aux festivaliers qui s’arrêtent au Relais du Voyageur.

« Mes enfants ont grandi au Festival et aujourd’hui, mes petits-enfants aussi, assure-t-il. Ils ont quatre ans tous les deux et ils ont déjà leurs costumes! De plus, mes enfants ont été bénévoles au Festival, mon épouse Anita Théroux-Comeault y passe beaucoup de temps avec moi, et on a toujours essayé d’impliquer nos deux familles dans le Festival du Voyageur. »

Quant à son impact sur les festivaliers, « quand les gens me voient au Festival, souvent ils veulent aussi devenir bénévoles car j’ai l’air d’avoir du fun!, se réjouit René Comeault. J’en vois beaucoup aux heures de dîner au CCFM car je me suis donné le rôle de maître d’accueil. Quand les gens rentrent, je suis le premier à la porte, je les accueille et je leur montre leur table ».

Cette année encore, René Comeault est bénévole au Festival du Voyageur, et il ne rendra pas de sitôt son tablier. « Pour moi, être bénévole c’est une véritable thérapie, confie-t-il. Je souffre de dépression et faire ça, ça m’aide. J’aime voir la joie de vivre du monde.

« Et en plus, j’ai la chance de voir beaucoup de musiciens sur scène, conclut-il. Ça, tu ne peux pas l’oublier, c’est mon paiement! »

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« Quand tu donnes, tu reçois plus! »

Bénévole depuis juillet 2008 au Centre Flavie-Laurent, Denise Dupuis s’y donne presque à temps plein et elle ne changerait ça pour rien au monde. Quand elle travaillait au bureau de poste, Denise Dupuis ne faisait jamais de bénévolat. Pourtant, quand elle a pris sa retraite en juin 2008, c’est sans attendre qu’elle a rejoint l’équipe bénévole du Centre Flavie-Laurent (CFL).

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Denise Dupuis

 « J’ai commencé au CFL dès juillet, se souvient-elle. En fait, je m’y intéressais déjà un peu depuis deux ans. Mon idée, c’était de faire des couvertures pour les sans-abri à ma retraite. Je venais donc chercher des vieux jeans et sweatshirts troués au Centre pour faire mes couvertures, et comme j’étais là-bas, je me suis dit pourquoi ne pas faire du bénévolat?

 « J’ai d’abord fait deux heures par jour, deux jours par semaine, mais après deux heures, je voyais tout le travail qu’il restait à faire, confie-t-elle. Je pouvais donner plus que deux heures! » Dès l’automne 2008, non seulement Denise Dupuis reste au CFL bien plus que deux heures par jour, deux jours par semaine, mais elle a aussi accepté une nouvelle responsabilité, celle des vêtements. « J’étais prête à prendre des responsabilités et des décisions donc j’ai dit oui, explique-t-elle. Par contre, je n’ai pas continué les couvertures. Mon temps était plus précieux au Centre que chez moi! »

 Peu après, elle monte encore en grade et devient la présidente du comité de vêtements et bénévoles. Puis, il y a bientôt quatre ans, elle a rejoint le conseil d’administration du CFL. « Je suis le lien entre le conseil d’administration et les bénévoles, affirme Denise Dupuis. Je coordonne les bénévoles pour recevoir tout sauf les gros meubles, puis pour trier ces objets. C’est à moi de tenir l’ordre de partout. »

 Entre 50 et 60 personnes sont bénévoles au CFL, sans compter une dizaine de personnes en dehors du Centre, notamment des tricoteuses, des raccommodeuses, un réparateur de machines à coudre, un aiguiseur de couteaux et réparateur de montres et fermetures éclair. En effet, si un objet ou vêtement reçu est défectueux, Denise Dupuis doit s’assurer de le faire réparer avant qu’il ne soit redistribué.

 « Il y a des tâches pour tout le monde, assure-t-elle. J’ai même un bénévole de 93 ans en ce moment! J’aime être présente au Centre pour jaser avec les bénévoles, les encourager. On est une famille, notre partage est incroyable. »

 Au service des autres

 Si Denise Dupuis n’avait jamais pris le temps de faire du bénévolat pendant sa vie active, elle n’en a pas moins grandi dans la notion de partage. « Étant jeune, j’ai arrêté l’école pour m’occuper de ma mère qui était malade, raconte-t-elle. Et comme on était 13 enfants, j’ai vite appris à partager, recycler et coudre pour mes petites sœurs. »

 Elle a aussi beaucoup de compassion, notamment pour « ceux qui ont dû partir de chez eux, notamment les immigrants, confie-t-elle. Je suis le genre de personne qui n’aime pas voyager, je serais perdue de ne pas pouvoir revenir chez moi, alors quand je vois ces personnes, je veux faire tout mon possible pour les aider ».

 « Le bénévolat occupe plus de place dans la vie de Denise Dupuis que tout le reste, constate l’une des personnes qui l’a nominée au titre de bénévole vedette de La Liberté et Radio-Canada, Natalie Bernardin. Elle a vraiment le don d’aider les autres. C’est un grand cœur et elle ne se force pas. Et elle dégage tellement d’amour et de passion pour la cause du CFL que tout le monde a envie de s’impliquer autour d’elle! » Pourtant, Denise Dupuis reste modeste : « le bon Dieu ne choisit pas ceux qui sont qualifiés, mais plutôt il qualifie ceux qui sont prêts à se donner. Je ne prends pas le crédit! », insiste-t-elle.

 La bénévole vedette de La Liberté et Radio-Canada, nominée par pas moins de 12 personnes, conclut qu’« être bénévole, c’est pour moi le plaisir de servir. C’est mon choix d’être là, c’est dans ma façon d’être. Ce que je fais, je veux le faire, et tant que je serai capable, je serai au CFL. Quand tu donnes, tu reçois plus que tu donnes! »

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Quand faire une différence est un loisir

À quelques jours de la Cabane à sucre des 11 et 12 avril, le bénévole en charge de l’évènement, Roland Gagné, est bien occupé. D’autant plus que ses responsabilités bénévoles vont bien au-delà de la Cabane à sucre! Portrait d’un bénévole hors pair.

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Depuis qu’il est revenu s’installer dans son village d’origine, Saint-Pierre-Jolys, en 2008 après plus de 25 ans passés à Winnipeg, Roland Gagné est sur tous les fronts bénévoles.

« Ma farce quand je suis retourné dans mon village de naissance, c’était de dire que j’avais perdu 25 ans, donc qu’il fallait que je me rattrape et que je donne encore plus que les autres! », se souvient-il.

Pourtant, l’homme de 59 ans a toujours donné de son temps pour les autres, à Winnipeg comme à Saint-Pierre-Jolys. C’est de famille. « J’ai appris le service aux autres de mon père, raconte Roland Gagné. On avait un petit magasin et il y avait toujours du monde qui ne pouvait pas payer. Mon père leur disait de ne pas s’inquiéter.

« Mon grand-père faisait ça aussi, ajoute-t-il. Il faisait du porte-à-porte avec sa roulotte, et il prenait ce que les gens pouvaient lui donner. Moi, j’ai commencé le bénévolat vers dix ans. J’étais le waterboy du club de hockey. »

Aujourd’hui, Roland Gagné « est partout, dans tout, et il s’implique toujours complètement, affirme celui qui l’a nominé au titre de bénévole vedette La Liberté-Radio-Canada, Ronald Valois. Et encore, je ne sais pas tout ce qu’il fait! Il est extrêmement utile à tous les points de vue et il est vraiment intéressé dans tout le monde. Il fallait absolument que quelqu’un propose son nom! »

Entre autres, Roland Gagné siège au conseil d’administration du Musée de Saint-Pierre-Jolys, où il travaille fort pour assurer la survie du Musée, à la Chambre de commerce de Saint-Pierre-Jolys, et au comité des Folies Grenouilles. Il est en charge de la Cabane à Sucre en avril à Saint-Pierre-Jolys et en février au Festival du Voyageur. Et il a mis sur pied la Fête du Canada et l’épluchette de blé d’Inde dans sa communauté en 2014. Enfin, il est Chevalier de Colomb depuis l’âge de 18 ans.

« Pour les Chevaliers de Colomb, je coordonne le souper paroissial annuel, je suis secrétaire financier, et aussi député de district, précise Roland Gagné. Depuis deux ans, je fais donc du mentorat pour deux autres conseils. »

Que ce soit au Musée, à la Cabane à Sucre ou chez les Chevaliers de Colomb, c’est en effet ses talents de gérance que le bénévole de 59 ans offre sans compter. « J’ai fait carrière dans la gérance. Donc je veux en faire profiter ma communauté pour la faire grandir et lui donner une meilleure qualité de vie. La majorité de mon bénévolat est tirée de mon expérience professionnelle. »

Mais il insiste que « comme bénévole, je coordonne des projets avant tout. Le vrai travail, ce n’est pas moi qui le fais! »

Outre ses services à sa communauté, Roland Gagné est aussi bénévole dans son domaine professionnel. « Je fais du mentorat et du coaching d’entreprise dans le Sud-Est manitobain, et j’aide les gens d’affaires coréens, chinois et iraniens qui arrivent par le biais du Business Nominee Program de la Province. Je suis aussi consultant bénévole pour les entreprises pour le World Trade Centre. C’est un honneur pour moi de pouvoir les aider! »

Et s’il a passé beaucoup de son temps à mettre ses compétences au service des autres, le Franco-Manitobain se réjouit d’avoir gagné en retour « des amitiés, des emplois, des contrats, des clients, des opportunités de vie, et toutes sortes d’adons du Bon Dieu! » Pour lui, tout ça valait bien tout paiement.

« Je donne autant que je peux à ma communauté. J’ai la chance de savoir faire du multi-tâches, donc quand personne ne veut le faire, je me propose! Je ne golfe pas, mais j’aime aider le monde, faire une différence. C’est mon activité de loisir!

« J’ai toujours fait beaucoup de bénévolat, peut-être même trop parfois. Mais je n’ai pas de regret, car c’était toujours pour le bien des autres. Tant que je suis capable, je continuerai à faire une différence. »

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Octrois en file pour lier les générations

À travers les projets du Club des pionniers, Paulette Vermette connecte les générations de Saint-Jean-Baptiste.

Paulette Vermette.
Paulette Vermette.

Résidante de Saint-Jean-Baptiste, Paulette Vermette se dévoue à de nombreux projets, notamment ceux qui rassemblent les générations. « Faire du bénévolat a toujours été important pour moi, mais surtout depuis que j’ai pris ma retraite car je m’ennuyais!, confie-t-elle. J’ai donc commencé à visiter les aînés au manoir, puis on m’a demandé il y a 12 ans d’être membre et secrétaire du Club des pionniers. Je le suis toujours! »

En effet, c’est surtout à travers le Club des pionniers que cette ancienne enseignante montre l’étendue de ses talents de bénévole. « J’ai enseigné pendant plus de 35 ans à Saint-Jean-Baptiste et j’avais l’habitude d’appliquer pour des octrois pour l’école. J’ai donc continué pour les aînés! »

La bénévole du mois est notamment à l’origine d’un octroi de 24 000 $ du programme fédéral Nouveaux horizons obtenu par le Club, qui a permis de mettre sur pied un club de couture.

« On a acheté quatre machines à coudre, une surjeteuse et du matériel divers, et des bénévoles viennent faire de la couture pour aider ceux qui en ont besoin. On a fait toutes sortes de beaux projets comme des édredons pour les pauvres, des couvertures de bébé, des costumes pour le Théâtre Montcalm, des coussins pour l’école, ou encore des pochettes et des draps pour la garderie! »

« Elle a un don pour pondre des projets qui vont aider autrui, et décrocher de l’argent pour ses projets, affirme l’une de ceux qui l’ont nominée au titre de bénévole vedette, Raymonde Dupuis. N’importe où il y a un besoin, elle est là si elle peut! »

Paulette Vermette tire également une grande fierté de plusieurs projets du Club menés en lien avec l’école. « On va toucher tous les niveaux à travers différents projets, se réjouit-elle. Un était sur les trésors du Manitoba, un autre sur le compost et le jardinage. On en aura aussi sur l’écologie ou encore l’eau.

« J’ai toujours les élèves et les enseignants à cœur. Je suis contente qu’on puisse leur donner de l’appui et compléter leur programme d’études. C’est un cadeau pour nous autant que pour eux! »

Par ailleurs, Paulette Vermette a aussi beaucoup œuvré dans sa paroisse, où elle a longtemps siégé sur le Conseil pastoral paroissial et aidé à mettre sur pied le programme Debout!, qui a rassemblé une quarantaine de personnes, à la Bibliothèque Montcalm, et participé à la rénovation de la Salle du Centenaire.

« J’essaie toujours de faire ce que je peux et qui rend service. J’écoute les besoins autour de moi et je m’en inspire pour essayer de les faire arriver. Je ne sais pas dire non. Mon mari me dit même d’aller me pratiquer à dire non dans le miroir!

« Toutefois, je n’étais jamais seule à travailler sur tous ces projets. J’avais toujours des équipes derrière moi qui méritent elles aussi des titres de bénévoles vedettes! Lancer une idée c’est bien, mais si personne ne suis au niveau de l’exécution, rien ne se passe. »

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Un rayon de soleil pour les patients

Quand Jeannette Therrien visite l’Hôpital de Sainte-Anne, les patients reprennent le sourire et le personnel aussi.

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Jeannette Therrien.

Depuis qu’elle a pris sa retraite il y a 16 ans, la Franco-Manitobaine résidente de Sainte-Anne, Jeannette Therrien, se dévoue comme bénévole à l’Hôpital Sainte-Anne. En effet, celle qui était garde-malade de profession à l’Hôpital Saint-Boniface et au Centre Taché n’avait pas l’intention de rester sans rien faire.

« Garde-malade, c’était ma vie, affirme-t-elle. Je me sens à l’aise avec les patients. J’aime être avec eux. Alors quand j’ai déménagé à Sainte-Anne à ma retraite, j’ai demandé à l’Hôpital si je pouvais être bénévole. C’est mieux que d’être assis à la maison et ne rien faire! »

Jeannette Therrien passe deux matinées par semaine à l’Hôpital Sainte-Anne. « Je rends visite à tous les patients, je jase avec eux, je leur donne des sourires, je leur raconte des blagues, je les fais rire, je les prends pour des marches, je les écoute, ou encore je leur tiens la main. Parfois, je peux même aider avec certaines choses de garde-malade si besoin, car c’était mon métier. »

Là-bas, la bénévole est notamment célèbre pour ses Hug Days chaque vendredi. « J’ai lancé le mouvement il y a plusieurs années, car je suis très affectueuse et j’aime les hugs. Je ne peux pas m’en empêcher, c’est ma personnalité!

« Et maintenant, c’est rendu que dès que je passe la porte, tout le monde vient me voir pour son câlin, même les médecins. »

« Jeannette Therrien fait vraiment sentir à chacun qu’il est spécial à ses yeux, assure l’adjointe administrative de l’Hôpital Sainte-Anne, Nicole Freynet-Funk, qui l’a nominée au titre de bénévole vedette de La Liberté et Radio-Canada au nom du personnel. On est vraiment choyés de l’avoir avec nous, qu’on soit patient, famille ou employé. C’est une vraie perle qui sait nous faire passer sa joie de vivre. »

Certes, la tâche de bénévole dans un hôpital n’est pas toujours facile, surtout face à la mort. Mais Jeannette Therrien n’est pas prête de s’arrêter. « J’ai été habituée quand j’étais garde-malade, confie-t-elle. Il faut garder le sourire. Les visages longs, ce n’est pas bon! Quand quelqu’un est mourant et que sa famille est là, je leur offre un câlin à eux aussi. Souvent, ils l’apprécient.

« Quoi qu’il se passe, ce n’est jamais trop difficile pour moi. Je suis toujours contente d’être venue à l’Hôpital. Être bénévole ici c’est ma vie, c’est mon bonheur. »

Et quelle que soit la joie des patients, de leurs familles et du personnel d’apercevoir Jeannette Therrien dans les couloirs de l’Hôpital Sainte-Anne, « c’est bon pour moi autant que pour eux! On m’a toujours très bien reçue. On me fait sentir comme si je faisais partie de l’équipe, de la grande famille. »

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Une vie de bénévolat pour la famille St-Vincent

Chaque jour Roger et Ida se lèvent avec des nouvelles aventures à mener. Un pan entier de la vie du couple a été comblé par le bénévolat et leur dévotion auprès de la communauté francophone. Depuis près de 50 ans.

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Roger et Ida St-Vincent forment un couple qui brille par sa longévité autant que par le temps qu’il consacre au bénévolat dans Winnipeg. Ayant commencé par les scouts, puis dans le service Mariage et Famille, le couple s’investit aujourd’hui dans le Festival du Voyageur, le Centre Flavie-Laurent ou encore Folklorama, entre autres. « Il y a tout le temps des choses à faire, on l’accepte, c’est notre vie, précise Roger. On se lance dans un projet, puis on s’arrête avant que ça ne devienne un fardeau, c’est comme ça qu’on continue à prendre du plaisir. »

Cette double vie de parents et de bénévoles, Roger et Ida la mènent depuis de longues années : « Nous sommes mariés depuis 49 ans, et je pense que nous faisons du bénévolat depuis le début, précise Ida en fouillant dans ses souvenirs. C’est vraiment le fun, ça nous donne envie de nous lever, on ne peut pas être déprimé avec une vie pareille! »

Comme le précise Esther Roy, la sœur d’Ida, qui a nominé le couple pour être Bénévoles en vedette, pour tout ce qu’ils ont donné au cours de leurs vies, Roger et Ida méritent d’être les bénévoles du mois : « J’ai tout de suite pensé à eux. Depuis toujours ils sont dévoués à la cause francophone, ils sont impliqués dans toutes les associations possibles, et puis ils continuent, ils bougent chaque jour! »

Originaires tous deux du Manitoba, ils trouvaient déjà le temps de faire du bénévolat les soirs et les fins de semaines lorsqu’ils travaillaient. Aujourd’hui à la retraite, ils trouvent toujours du temps pour s’impliquer dans différents projets : « On est impliqué dans beaucoup de choses, mais elles sont bien réparties dans le temps. Ce n’est pas tous les jours. Bon, c’est quand même souvent, reconnait Roger St-Vincent . »

Et les deux retraités ont su donner à leurs trois enfants et leurs sept petits-enfants l’envie de faire le même don de soi : « On ne les a jamais obligé à quoi que ce soit, explique le couple. Ils venaient avec nous, ils ont toujours été intéressés et désormais c’est naturel pour eux de s’engager auprès de différents organismes comme le Festival du voyageur, le Centre Flavie-Laurent, le Centre Notre-Dame et bien d’autres. »

Si ce bénévolat demande au couple un temps et une énergie considérables, cet engagement leur apporte également beaucoup, comme le précise Ida : « Si on donnait sans que ça nous apporte à nous même, on se viderait. Ce ne serait pas possible. Avec le Centre Flavie-Laurent aujourd’hui, on a trouvé une nouvelle niche pour s’échapper! » Le son de cloche est le même pour son mari : « On dit que quand tu donnes, tu reçois deux fois plus. C’est exactement ça. »

Et ce mode de vie leur convenant à merveille, Ida et Roger comptent bien continuer à faire du bénévolat tant qu’ils le pourront. « Une dame de 89 ans est bénévole au Centre Flavie-Laurent, confie Ida. Alors même si on ne peut plus faire les mêmes choses, on trouve toujours une action à faire pour être utile. Alors non, on n’envisage pas d’arrêter! »

La famille semble donc avoir mis la main sur la meilleure des manivères d’avoir une vie bien remplie, pleine de rencontres et qui maintient en bonne santé!