À vous la parole
La Liberté – Juin 2016

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Quand fêter le Manitoba : une autre opinion

Madame la rédactrice,

J’ai tout le respect du monde pour les illustres individus qui ont donné leur voix pour débattre au sujet de la date où on devrait célébrer la naissance du Manitoba. Néanmoins, je crois que ce débat est un non-sens. Une fête ne doit pas nécessairement tomber sur une date spéciale pour commémorer un évènement!

« Pourquoi il faut reconnaître le 15 juillet comme la date de naissance du Manitoba », la lettre à La Liberté du 17 au 24 mai signée Michel Lagacé, considère que le choix de la date du 12 mai comme date de naissance du Manitoba serait comme fêter le jour du Canada le 29 mars plutôt que le 1er juillet. Serait-ce donc si mauvais? Pourquoi ne pas être un peu plus pratique? Après tout, si on fêtait le jour du Canada le 29 mars, le spectacle des feux d’artifices pourrait avoir lieu beaucoup plus tôt : le soleil se couche déjà dès 20 h vers la fin de ce mois. Les gens pourraient aller au lit à une heure raisonnable et ils arriveraient au travail bien reposés le lendemain. Du côté économique, c’est une meilleure idée!

Retournant un peu au sérieux, le débat sur la date de la naissance du Manitoba est un peu absurde et n’en vaut pas la peine, car il y a bien d’autres journées commémoratives qui ne tombent pas sur une date importante. La Journée Louis Riel, un jour férié qui a lieu le troisième lundi du mois de février, n’est qu’une invention du gouvernement. Cette journée n’a été conçue que pour suivre les pas de bien d’autres provinces qui permettent une journée fériée en février. Elle ne tombe pas sur une date importante de la vie de Louis Riel (du moins pas par exprès, si jamais ça arrivait). Ceci souligné, il est quand même bien et très respectable que la journée soit nommée d’après un individu si important. Car ainsi il figurera encore davantage dans la vie des Manitobains. Le fait que la Journée Louis Riel ne tombe pas sur une date importante n’a pas affecté la mémoire du chef métis. Fêter la naissance du Manitoba le 12 mai, plutôt que le 15 juillet, ne fera du tort à personne.

Jean-Yves Lavoie
Le 25 mai 2016

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Un appel aux résidents du Vieux Saint-Boniface

Madame la rédactrice,

La Ville nous a invités à une réunion publique pour recevoir nos commentaires sur des changements proposés pour le plan secondaire du nord de Saint Boniface (au nord du boulevard Provencher, entre la rivière Rouge et la rue Archibald). Dans cette invitation, qui est une démarche bien normale, rien n’indique cependant la sévérité des changements proposés. Cela devrait pousser à une plus grande participation, qui pourrait mettre des bâtons dans les roues de l’adminis­tration. Car, oui, des changements importants pour notre quartier historique sont proposés. Entre autres :

  1. L’élimination des maisons unifamiliales sur les rues Dumoulin, Notre Dame et La Vérendrye. Toutes les propriétés seront maintenant désignées pour un développement de densité moyenne. Les définitions ne sont pas encore affichées, mais en se basant sur les précédents, cela voudra dire qu’un immeuble avec au moins quatre appartements pourrait être bâti sur un lot de 33 pieds de largueur.
  1. Toutes les propriétés entre la rue Dumoulin et la rue Grandin et la rue Saint-Joseph et l’avenue Taché sont désignés pour un développement à haute densité.
  1. La précision « importance historique » pour le terrain de l’ancien hôtel de ville, la vieille caserne de pompiers et les édifices municipaux dessinés par Étienne Gaboury a disparu. Il s’agit maintenant d’un terrain à désignation commerciale, sans la mention historique.

Les conséquences de tels changements incluent l’élimination presque totale d’une grande partie du Vieux Saint-Boniface et de son caractère francophone. Avec quatre à six fois plus de résidents, notre identité communautaire deviendra invisible.

Cela fait des années que l’on s’acharne pour dénoncer le manque de maison unifamiliale ou de duplex à prix abordable pour nos jeunes familles qui veulent vivre à Saint-Boniface. Pour justifier chaque immeuble multifamilial, chaque maison pour aînés, etc., une des raisons données est de permettre aux aînés de déménager dans des foyers plus appropriés pour leur âge et leur santé et que cela libérera des maisons unifamiliales pour la prochaine génération.

La vérité est que ces maisons seront libérées pour que les promoteurs puissent les remplacer par des appartements et des condos. Elles ne vont plus exister. (Les développeurs de résidences ont déjà été invités à titre prioritaire, avant les résidents, pour donner leurs commentaires. On peut deviner leur réaction – on pourrait aussi demander de quel droit des corporations privées qui ne sont pas partie de la communauté ont même droit à une consultation au sujet de notre futur).

Une telle densité profite principalement au centre de Winnipeg. Plus d’employés potentiels, plus de clients pour le centre-ville, y inclus le boulevard Provencher, mais pas de changements dans la capacité des routes à mieux absorber le trafic, les parcs et autres besoins d’une communauté qui va exploser en nombre.

J’ai toujours eu l’impression que la Ville de Winnipeg considère Saint-Boniface comme une ressource pour enrichir son développement, comme une source grandissante de taxe municipale, et où la majorité des terrains M3, prévus pour les industries les plus polluantes et néfastes, continue d’exister. Maintenant on va éliminer notre caractère de ville autonome pour en faire un dortoir de haute densité pour satisfaire les besoins de la Ville de Winnipeg.

La discussion sera très bientôt entamée. Si on n’est pas là en grand nombre pour poser des questions et donner notre avis, ne soyons pas surpris de ce que va devenir Saint-Boniface. Alors je vous dis : rendez-vous le 7 juin de 16 h 30 à 20 h 30 à l’école Taché au 744, rue Langevin. Venez en grand nombre.

Walter Kleinschmit
Membre du conseil d’administration de l’Association des résidents du Vieux Saint-Boniface
Le 27 mai 2016

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Olympiques et éducation : réflexion sur l’excellence

Madame la rédactrice,

Dans quelques mois nous célébrerons, par les Jeux Olympiques, la force et la détermination des athlètes venant de partout dans le monde. Nous compatirons également avec des échecs crève-cœurs et nous nous scandaliserons des tentatives de tricherie des athlètes qui n’ont pas su repousser les limites de l’humanité, mais qui auront plutôt cherché à vouloir court-circuiter ces limites. Pour le dire en un mot, et en mettant l’emphase plutôt sur les athlètes et moins sur la marchandisation et la politisation qui entourent les Jeux Olympiques, nous célébrerons l’excellence, directement ou parfois via son opposé.

L’opposé de l’excellence est la médiocrité. Ce qui signifie non pas de perdre, mais de ne pas donner le meilleur de soi-même, de ne pas tenter de repousser ses limites. Tolère-t-on la médiocrité dans le sport? Non, jamais, et peu importe le niveau. Alors pourquoi la tolère-t-on dans d’autres sphères comme l’éducation, qui ressemblent de beaucoup au sport?

L’éducation donne la possibilité de grandir, c’est-à-dire de repousser ses limites et de développer son plein potentiel. Pour paraphraser le poète grec Pindare, l’éducation permet de « devenir ce que l’on est ». Sa ressemblance avec le sport est tellement grande que l’on peut même aller jusqu’à dire que le sport fait partie de l’éducation, que le sport est un processus éducatif, puisqu’il permet de développer une partie de ce que l’on est.

Comme dans le sport, il faut veiller en éducation à supprimer les obstacles socio-économiques qui entravent le développement de la personne. Il faut également se doter de gens responsables de ce développement qui sont compétents et qui savent comment donner le goût du dépassement de soi. Ces gens doivent notamment réussir à donner le moyen de transformer un échec en réussite, en visant toujours quelque chose de meilleur dans l’avenir. Il faut, toujours et en tout temps, célébrer l’excellence humaine et le potentiel qui permet d’y parvenir, en condamnant fortement toute tentative de tricherie, qui ruine le sens même de l’effort.

Comme dans le sport, nous ne pouvons accepter la médiocrité en éducation. Car ce serait là mettre une croix sur l’avenir de l’humanité. Ce serait faire de plusieurs individus des « Mozart assassinés », pour reprendre l’expression de Saint-Exupéry. Il faut exiger le meilleur si l’on veut voir jaillir quelque chose. Donner le goût du véritable défi, voilà la flamme que l’on attise déjà dans le sport et qu’il faut continuer d’attiser, en éducation tout spécialement. Chapeau à tous ceux et celles qui mériteront bientôt leurs vacances parce qu’ils et elles auront donné le meilleur d’eux et d’elles-mêmes pour permettre aux jeunes de devenir des créateurs d’avenir.

Antoine Cantin-Brault
Le 8 juin 2016

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Dans quel but?

Madame la rédactrice,

Antoine Cantin-Brault ajoute une pensée originale aux propos déjà fort pertinents de votre aréopage d’analystes. Un peu de philo ne peut pas nuire!

Je retiens de son texte sur l’inclusion/exclusion (La Liberté du 1er au 7 juin), qui porte sur le rapport des cafés citoyens et les États généraux, la question implicite : « Dans quel but? ».

Depuis mes terres lointaines, où je lis fidèlement La Liberté depuis toujours, j’admets ne pas saisir en quoi la discussion sur la restructuration de la SFM répondrait à la question « Dans quel but? » Ferait-elle en sorte que les francophones du Manitoba, surtout leurs enfants, parleraient davantage le français?

J’ai relevé dans une lettre antérieure une supposition, à savoir que l’identité métisse l’emporte actuellement au Manitoba français sur l’identité canadienne-française. À preuve, le magnifique cahier Profil Métis de juin 2016. Quel dynamisme, que de réalisations! Et que d’astuces! Réussir à faire le lien de façon significative entre les aînés métis et les nouveaux arrivants africains sans avoir besoin de passer par les Canadiens français. C’est de la haute voltige.

De l’AECFM (Association d’éducation des Canadiens français du Manitoba) à la SFM (Société franco-manitobaine) jusqu’au retour à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, voilà que le cercle se complète. Le Manitoba n’a plus besoin des Canadiens français. À quoi bon restructurer la SFM?

Bernard Mulaire
Montréal (Québec)
Le 11 juin 2016

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D’accord avec l’éditorial

Madame la rédactrice,

Prétendre que la petite cabane où l’abbé Provencher a fait la classe était le Collège de Saint-Boniface (CSB) m’a toujours paru naïf et risible. J’estime que les adeptes de cette thèse prêchent pour leur saint même aux dépends de l’histoire. Vous avez qualifié cet engouement indû de nationalisme et je souscris. Votre position rejoint celle que j’ai exposée dans mon livre Mon Collège, souvenirs des années 1940 et 1950 recueillis et présentés par moi-même, Marcien Ferland, qui paraîtra le 19 juin.

Je vous ferai remarquer cependant que le CSB n’a pas été fondé “par des jésuites”.  Mgr Taché, un oblat, l’a fait incorporer comme tel en 1871 et en confia la direction aux jésuites. (1)

Marcien Ferland | Le 9 juin 2016

  • Voir le texte ci-dessous.

Quelques suggestions à PGF Consultants et au Comité directeur des États généraux

Madame la rédactrice,

J’ai lu le document Plan stratégique de la communauté francophone du Manitoba – Ensemble vers 2035. En ce moment, je veux seulement réagir à quelques énoncés dans l’ébauche de ce plan.

  1. « … le déclin du fait français au Manitoba… », relevé à la page 2, est aussi lié à un effet démographique. Dans l’analyse démographique, un facteur important qui s’est produit depuis les 50 dernières années est le déclin du taux de natalité, qui s’appelle « transition démographique ». En d’autres mots, on est passé d’une période de haut taux de naissances et de mortalité à un bas taux de natalité et de mortalité.

Le taux de natalité chez la femme manitobaine francophone est passé de 5,0 enfants par femme durant les années 1950 à 1,7 enfant par femme durant les années 2000. L’espérance de vie est passée de 66 ans à au-delà de 80 ans durant cette même période. Et les conséquences sont si importantes qu’on ne peut pas les ignorer.

Avec ce changement important on est arrivé à une situation qu’on appelle « vieillissement de la population ». Ce phénomène est d’autant plus important chez la francophonie manitobaine. Selon un rapport de Statistique Canada publié en 2012, 67 % de la population francophone aurait 50 ans et plus en 2015. Donc on ne se remplace pas.

  1. Un passage à la page 4 me fait songer. Si 67 % de nous avons 50 ans et plus, c’est fort possible que la plupart d’entre nous allons manquer la rencontre. On ne sera pas au rendez-vous en 2035.
  1. « Le portrait de la francophonie au Manitoba… », évoqué à la page 16, me soulage un peu, car enfin on parle de données. J’ajouterai dans ce portrait le nombre de personnes dans chaque cohorte : les 0-14 ans, les 15-24 ans jusqu’aux 65 ans et plus. Si on veut développer des programmes pour atteindre un objectif quelconque, on doit connaître notre cible, c’est-à-dire le nombre de personnes dans chaque groupe, ainsi que leur lieu de résidence.
  1. « La mise sur pied d’une base de données », proposée à la page 16, est une très bonne idée. Puisqu’on est dans une année de recensement national, ça serait une bonne idée de recenser nos institutions importantes, comme l’USB, la DSFM, le Festival du Voyageur, le Cercle Molière, le CDEM et d’autres encore. Je pense que notre plan stratégique va certainement influencer ces institutions, et donc on pourrait mesurer davantage le succès de notre plan stratégique.

Enfin, chers consultants de PGF et cher Comité directeur des États généraux, SVP consulter les données disponibles. Sinon, je pense qu’on risque de tourner en rond.

Raymond Clément
économiste
Le 10 juin 2016

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Est-ce le monde à l’envers?

Madame la rédactrice,

Depuis plusieurs années maintenant, un débat se déroule à Ottawa autour de l’achat d’avions de combat F-35. Un contrat qui s’évalue en dizaines de milliards de dollars. Pourquoi? Parce que le ministère de la « Défense » nationale veut ses jouets.

Or, bien des questions ne sont pas posées concernant cette affaire de « défense » nationale. Nous avons trois pays voisins, ou presque. Les États-Unis, la Russie (à cause du pôle Nord) et le Danemark (à cause du Groenland). Alors vraiment, nous défendre contre qui? Quand on pense que les objectifs de tels chasseurs-bombardiers, c’est de s’attaquer à des édifices, des installations, peut-être même des écoles, des hôpitaux, dans un lointain pays étranger. Et toujours, les militaires font des civils des cibles.

Soulignons-le avec force : les avions de combat sont une expression de la faillite de la diplomatie. Metternich et Talleyrand, ces grands diplomates, seraient déçus.

Et pendant que ces messieurs gradés discutent encore avec les politiciens à Ottawa, le Canada n’a toujours pas de programme national de garderies, faute de volonté politique et d’argent.

Plus près de nous, à Winnipeg, notre valeureux Premier ministre Brian Pallister, au pouvoir depuis à peine deux mois, remet en cause l’expansion du Centre de recherche sur le cancer et la construction d’une école à Brandon, une ville pourtant en pleine expansion. Il n’est pas non plus intéressé par le comité d’étude sur le déplacement de la gare de triage située en plein milieu de Winnipeg, des installations qui pourtant freinent un sain développement de la capitale manitobaine. Et tout ça au nom de quelle raison? Parce que ça coûte trop cher.

Est-ce que c’est juste moi, ou bien est-ce que nous vivons dans un monde vraiment à l’envers?

Armand Bédard
Le 8 juin 2016

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Toujours fiers

Madame la rédactrice,

La nouvelle de la fusillade meurtrière à Orlando le 12 juin dernier, qui a fait 50 morts et 53 blessés dans un bar gay, a été dévastatrice pour moi et la communauté LGBTQ [ndlr: personnes se définissant comme : lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer]. Le mois de juin est le mois de la fierté, un moment où les gens LGBTQ peuvent célébrer qui nous sommes, sans peur ni préjugé.

Le monde a tellement changé pour le mieux ces dernières décennies, mais ce massacre nous rappelle qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Ici à Winnipeg, j’ai été agressé verbalement plusieurs fois dans les bars. Une chance que j’ai de bons amis qui m’ont protégé. Mais on ne s’en sort jamais indemne. Je connais trop de personnes qui ont eu des expériences beaucoup plus graves que les miennes.

L’acte insensé de haine et de violence à Orlando a détruit beaucoup trop de vies. C’est facile de se laisser diviser, d’avoir des soupçons sur son voisin, mais il faut se rappeler que la haine et les préjugés sont les raisons pour lesquelles cet acte est arrivé. J’ai vu beaucoup de commentaires qui blâment la religion pour l’attaque, mais mettre le blâme sur toute une communauté pour les actions d’un seul individu contribue au problème.

J’ai vu aussi la communauté de Winnipeg, et des personnes tout autour du monde, s’unir pour montrer du respect, et offrir du soutien aux victimes et à leurs familles. Et ça, j’en suis fier. Je suis sûr que le monde deviendra meilleur si chacun fait l’effort d’accepter et de comprendre nos différences, ou même, de les célébrer.

Jordan Labossière
Le 16 juin 2016

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Au nom de la responsabilité individuelle

Madame la rédactrice,

Veuillez, s’il vous plaît, m’expliquer une chose. Je vous envoie de temps en temps des lettres que je crois sans fautes. Trop souvent, vous remplacez une tournure correcte par une tournure incorrecte. Par exemple, j’ai écrit il y a quelque temps,  »un membre » (correct) et je lis dans votre journal  »une membre » (incorrect); j’ai écrit  »saint François » (correct) et j’ai trouvé  »Saint François » (incorrect). Tout récemment, j’ai écrit le mot  »indu » (correct selon Larousse et Robert), et j’ai trouvé dans votre livraison du 8 juin  »indû » (incorrect).

Mais qu’est-ce qu’Annette Saint-Pierre va penser de moi?

Au nom de la responsabilité individuelle, je vous propose de publier fidèlement les textes que vos lecteurs vous envoient avec ou sans fautes. Leurs fautes font partie de leur message subliminal.

Quant aux citations, elles doivent toujours être textuelles par respect pour leurs auteurs. Je comprends bien que vos journalistes n’arrivent pas à écrire à la vitesse de mon débit; mais alors, pourquoi me citent-ils? Ils mettent des fautes dans ma bouche et c’est gênant. C’est pourquoi je leur demande de ne pas me citer – quand j’y pense – et ils me citent (souvent incorrectement) quand même.

Marcien Ferland
Le 17 juin 2016

P.S. Remarquez bien Madame: Cette letre ici contient aucunes fautes. Voyons se qui va se passé le 22 Juin.

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Autre regard sur les 200 ans de l’USB

Madame la rédactrice,

L’Université de Saint-Boniface veut fêter son 200e anniversaire en 2018. Elle ne prétend pas fêter son statut d’université ou celui de collège tel que reconnu dans son acte d’incorporation, adopté à la première occasion possible par la toute nouvelle province du Manitoba, ou sa contribution à la création de l’Université du Manitoba en 1877. Elle veut simplement célébrer ses origines comme l’a fait le Collège universitaire de Saint-Boniface pour le 175e en 1993.

Un éditorial de La Liberté a voulu dénoncer ce qu’il appelle “la narrative intenable de l’USB” qu’il associe à “un fond de nationalisme canadien-français”. Je comprends mal cette association ou le besoin qu’on ressent de remettre en cause les origines de l’établissement. Selon l’USB, ses débuts remontent à l’arrivée de Provencher à la Rivière Rouge en 1818, lorsqu’il commença à enseigner à des garçons, en particulier le latin, pour les préparer à devenir prêtres.

Un complément au premier éditorial corrigeait le lapsus d’avoir accordé la fondation de l’établissement aux pères jésuites. Malheureusement, on en commet un autre en affirmant que Provencher donnait “quelque instruction en latin à des enfants susceptibles de devenir servants de messe”. C’est faux. Les servants de messe n’ont jamais eu besoin d’étudier le latin pour s’acquitter de leurs tâches. (Je servais la messe bien longtemps avant de faire mes études du latin.) Mgr. Provencher enseignait la grammaire latine complète dans le but de préparer ses élèves à entrer au séminaire ou à poursuivre des études plus avancées. La connaissance du latin était prévue pour des domaines tels que la médecine et le droit. C’est d’ailleurs cette dimension de son enseignement qui est le fil conducteur allant de 1818 au collège classique pour ensuite être remplacé par le cours universitaire que nous connaissons aujourd’hui. On notera que l’USB offre encore le B.A. (latin-philosophie).

L’USB n’a pas de date de fondation comme c’est le cas d’ailleurs pour d’autres universités telles que l’université Laval. Ses débuts remontent à 1818, à une œuvre éducative lancée par Mgr. Provencher et poursuivie sans interruption par son successeur Mgr. Taché qui a fait appel aux services des pères oblats, aux frères des écoles chrétiennes et surtout aux pères jésuites. Après le départ des jésuites, l’archidiocèse a remis son collège à la communauté francophone du Manitoba. Plusieurs événements importants sont survenus dans l’histoire de l’USB, qu’il s’agisse de son incorporation en 1871, de sa participation à la création de l’Université du Manitoba en 1877, de la construction de l’Académie Provencher en 1855, de la construction du grand collège en 1880, et j’en passe. Mais aucun de ces événements ne peut être reconnu comme la date de fondation. 1818 demeure la date d’origine. C’est la date qui a toujours été utilisée et qui a d’ailleurs été confirmée par la thèse de maîtrise de Paul Régnier. Pour ceux ou celles qui sont en désaccord, il faudrait avancer une autre date avec preuve à l’appui.

Je trouve plutôt admirable que l’USB se reconnaisse d’origines très modestes, des origines dont plusieurs d’entre nous peuvent se réclamer. Nous avons tous connu dans nos petites paroisses des prétentieux rongés par la honte de leurs origines qui avaient vite fait d’oublier leur passé pour se donner meilleure image. On peut trouver risibles les origines de l’USB, moi j’en suis plutôt fier.

Paul Ruest
Finissant du Collège de Saint-Boniface
Classe de Philo 2, 1967
Le 20 juin 2016

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