À l’avant-plan, de gauche à droite : Vanessa Byusa et Bréanne Rey. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Simon Boily et Rémi Fournier. Ces élèves du secondaire du Collège Louis-Riel sont les protagonistes d’une nouvelle série-documentaire diffusée sur Unis TV à la rentrée : Comment devenir adulte.

Pendant un an, une équipe de tournage a suivi quatre élèves du Collège Louis-Riel (CLR) dans leur vie quotidienne. La série qui en résulte, intitulée Comment devenir adulte, plonge le spectateur dans les hauts et les bas de ce qu’on appelle parfois « l’âge ingrat », version franco-manitobaine. Lancement prévu sur Unis TV le 7 septembre.

par Valentin CUEFF

Il y a Simon Boily, le musicien, qui a toujours le mot pour rire. Vanessa Byusa, la fille studieuse, qui veut toujours aider les autres. Rémi Fournier, le sportif au grand coeur. Et Bréanne Rey, la danseuse passionnée par la scène.

De la rentrée 2016 à juin 2017, des caméras de la société de production Wookey Films les ont suivi au rythme d’un tournage par semaine, pour chacun des protagonistes.
Le résultat? Comment devenir adulte, soit 13 épisodes de 26 minutes qui dressent le portrait de quatre adolescents franco phones, âgés de 16 et 17 ans, à Winnipeg.

Les deux premiers épisodes de cette nouvelle série-documentaire ont été présentés en avant-première le jeudi 24 août au Théâtre cercle Molière. La joyeuse bande était présente lors de la projection.

Mais au fait, c’est quoi, être un adulte?

Vanessa a trouvé une définition toute simple : « Je pense qu’un adulte est quelqu’un qui est responsable et indépendant. »
Sa camarade de classe Bréanne renchérit : « Au secondaire, il y a beaucoup de moments stressants ou difficiles. Mais je pense que ça prépare à la vie d’adulte. Ça nous permet de découvrir qui l’on est. »

C’est aussi l’avis de Rémi : « On ne sait pas encore ce que c’est que d’être adulte. Le but de l’émission est de montrer que ce n’est pas une chose facile, et qu’il va falloir le comprendre par nous-mêmes. »

Aucun d’entre eux n’avait eu d’expérience devant la caméra auparavant. Pour autant, ont-ils hésité à devenir des stars du petit écran? Tous répondent « aucune hésitation », comme d’une seule voix.

Rémi explique que d’autres jeunes, partout au Canada, vont se reconnaître dans ce qu’ils ont vécu. « Je trouve que c’est une bonne façon de montrer à d’autres jeunes qu’ils ne sont pas seuls, qu’on a aussi des problèmes. Et de montrer comment c’est la vie, au Manitoba. »

Une opinion partagée par Bréanne : « Beaucoup de jeunes arrivent au secondaire et ne savent pas où ils en sont. Moi-même, j’étais un peu perdue, rendue en 9e année. Je pense que cette émission peut vraiment aider des jeunes dans cette période de transition. »

Toute l’année, les quatre acteurs improvisés étaient en contact avec la coordonnatrice de projet Marlène Desaulniers- Bernard et le réalisateur Chaz Beaudette. Leurs discussions nourrissaient l’écriture des épisodes : une compétition sportive, des doutes sur leurs projets postsecondaires, ou encore des situations conflictuelles à l’école.

Ils devaient parfois partager des détails intimes de leur vie. Vanessa raconte : « Un des moments gênants, c’est quand ils m’ont demandé “Est-ce que tu as un crush sur quelqu’un à l’école?”. » Exclamation chez les trois autres adolescents, à qui on posait souvent la même question.

« Je trouve que c’est une bonne façon de montrer à d’autres jeunes qu’ils ne sont pas seuls, qu’on a aussi des problèmes. Et de montrer comment c’est la vie, au Manitoba. »
Rémi Fournier

Petit à petit, ils ont gagné en confiance et se sont affirmés devant les caméras. Rémi explique qu’il a aussi eu son lot d’incertitudes.
« Il y avait des moments où je n’étais pas sûr de moi, après avoir dit certaines choses. Mais il y avait une raison pour que je les mentionne face aux caméras. Même si j’avais parfois peur du résultat, ce sont des choses que je voulais dire. »

Bréanne aussi a gagné en assurance au cours de l’année. « Pour moi, ce qui était épeurant, c’était pendant la compétition de danse. Il y a déjà beaucoup de pression. Mais avec la caméra, c’était encore plus stressant. Mais vous allez voir que même si on semble inconfortable au début, on est confortable à la fin. »

Une chose est sûre, les quatre jeunes sortent de cette aventure avec une impression très positive. Pour Simon, l’expérience est « inoubliable » : « Quand on va repenser à l’école secondaire, on va penser à la série, instantanément. »

Même constat pour Rémi : « C’était incroyable, c’était unique. C’est quelque chose que je voudrais refaire. »

Unis TV a déjà confirmé qu’une saison 2 était en préparation. Celle-ci présentera quatre nouveaux élèves du secondaire du CLR.


 

Le défi d’Unis TV : rejoindre les francophones dans tout le pays

La chaîne des francophones hors Québec développée par TV5 présentait le jeudi 24 août sa quatrième saison au Théâtre cercle Molière.

Pour Marie-Philippe Bouchard, directrice générale, beaucoup a été accompli depuis le lancement de la chaîne en septembre 2014. « Ce n’est pas facile d’émerger aujourd’hui, parce que les gens ont tellement de choix. Je trouve impressionnant qu’une petite chaîne comme la nôtre ait pu se créer un réseau à travers le pays. Nous avons travaillé avec plus de 100 producteurs différents. »

Plusieurs raisons, selon elle, au fait qu’Unis TV se démarque dans le paysage audiovisuel canadien : « On a une offre qui est originale, proche des gens, très authentique. »

Anne Sérode, nouvelle directrice des programmes et du marketing de la chaîne, est également confiante sur leur ligne éditoriale : « Ce que je trouve encourageant, c’est qu’on voit des audiences qui augmentent, et on se dit que ça répond à un vrai besoin. »

Pour autant, loin des responsables l’idée de se reposer sur ces acquis. « On veut être accessible au plus grand nombre et rejoindre le plus grand nombre. Notre défi aujourd’hui est d’être encore plus disponible et présent sur les différentes plateformes numériques. »

À ce jour, seuls certains programmes d’Unis TV sont disponibles sur tablette. Leurs prochains efforts, pour Marie-Philippe Bouchard, iront dans ce sens.

Il s’agit de miser sur une plus grande présence sur les médias sociaux. « On travaille par exemple sur Facebook pour développer notre communauté. Ces plateformes nous donnent des éléments pour mieux connaître notre auditoire. On arrive de cette façon à cerner davantage un public potentiel. »

La directrice des programmes a bien conscience du fait que les habitudes de consommation des spectateurs ont évolué. « Aujourd’hui les gens consomment moins de télé, mais continuent de consommer de l’image. Donc on a notre chance, parce qu’on fait de l’image. Après, c’est une question de distribution : comment fait-on pour convaincre les gens? C’est à nous d’aller vers eux et les inviter à nous découvrir. Nous devons faire en sorte qu’Unis TV résonne chez les gens, pour augmenter la notoriété de la chaîne. »

L’autre défi de taille qui les attend à l’automne : convaincre à nouveau le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de renouveler la licence de la chaîne.

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