Du 2 au 4 novembre, le festival de danse Moving Inspirations Dance Festival (1) réunit des troupes de danses d’Afrique, d’Amérique et d’Europe à Winnipeg. De la danse classique à la danse contemporaine, en passant par la danse afro-jazz, africaine ou indienne contemporaines, une grande variété de styles seront présentés et enseignés pendant ces trois jours.

Manella VILA NOVA

À l’occasion du festival, de nombreux artistes ont fait le déplacement de New York, de Toronto, de France, ou encore du Mozambique pour des représentations, au Gas Station Arts Centre et des ateliers au NAfro Studio. Zab Maboungou, la directrice artistique de Zab Maboungou Compagnie Danse Nyata Nyata, arrive de Montréal.

« C’est la deuxième année que je suis invitée à participer. Ce festival est un rassemblement d’interprètes, de chorégraphes, de diffuseurs, de gens actifs dans le milieu de la danse qui ne parcourent pas généralement les circuits officiels du contemporain. Il montre des artistes qui innovent et présentent des formes autres, qui renouvèlent le regard qu’on porte sur la contemporanéité en travaillant avec des corps et des esthétiques qu’on ne met pas souvent en avant. »

La chorégraphe et interprète estime que son style de danse est contemporain. « La première chose marquante dans ma danse, ce sont les tambours traditionnels de différents groupes ethniques des deux Congo. Tout de suite, on pense à la danse traditionnelle, mais j’interpelle la représentation qu’on se fait dans la création artistique, et comment elle parvient à rompre ou non avec ce que l’on considère appartenant au passé. Je vois la tradition comme un continuum. Il faut s’ancrer dans l’ancestral pour parvenir à capter le présent, d’où mon intérêt pour l’exploration des rythmes. »

L’artiste, qui écrit elle-même la musique sur laquelle elle danse, a composé une pièce intitulée Wa Mu Nzo pour le festival, qui signifie « affaires internes » en kikongo. « Dans cette création, on ne veut rien dire. Ce n’est pas tant un message que la tentative de mettre en forme un espace, un lieu, un temps, une énergie d’un présent à composer. »

Pour Zab Maboungou, l’existence de festivals comme Moving Inspirations est capitale. « Les minorités visibles sont un paradoxe national, et ça ne peut plus continuer. Nous sommes là, et nous en avons marre d’être invisibilisés constamment. Le monde arrive à un stade de rencontres culturelles multiples, par delà les frontières, et pas toujours bienvenues. Mais elles sont la résultante de tout le processus enclenché par les nations-mêmes qui les déplorent. »

En tant qu’artiste, la chorégraphe-interprète se considère responsable de la diffusion de cette réalité. « C’est notre travail d’être curieux et de s’ouvrir pour qu’on réalise que ce qui se passe mérite qu’on s’y intéresse et qu’on y apporte un regard. Nous sommes des témoins actifs et dynamiques et faisons l’histoire envers et contre tout et tous. Nos danses, les danses de la diaspora, témoignent de ça. Nous ne sommes pas des étrangers, l’Afrique est partout dans le monde. »


(1) Le Festival Moving Inspirations Dance Festival a lieu du 2 au 4 novembre. Des ateliers sont organisés en journée au NAfro Studio, 109 Pulford St. Les représentations auront lieu tous les soirs à 20h au Gas Station Arts Centre, 445 River Ave. 30$ l’entrée.

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