Kathleen Allan, en répétition avec la chorale Canzona et des musiciens de l’Orchestre symphonique de Winnipeg, à la Cathédrale de Saint-Boniface. Photo : Daniel Bahuaud

Les grands motets de l’âge Baroque retentiront, le 12 novembre, dans la Cathédrale de Saint-Boniface, lors du prochain concert de Canzona. Une expérience musicale qui, selon la directrice de la chorale Kathleen Allan, sera des plus envoûtantes.

Par Daniel BAHUAUD

Les premières paroles qu’entendront les mélomanes, le 12 novembre, sont Exaudiat, soit Écoutez, en français.

Kathleen Allan, la directrice artistique de Canzona, explique qu’il ne s’agit pas d’un hasard.

« C’était complètement voulu. Canzona a connu des changements. L’an dernier, la chorale était en hiatus. C’était important pour l’ensemble d’entamer sa nouvelle saison en grand, et en rappelant au public que nous sommes toujours là. On revient en force. Et on veut qu’on nous écoute. »

Canzona souhaite également relever de nouveaux défis musicaux. D’où le choix d’exécuter les grands motets du 17e siècle, notamment l’Exaudiat te Dominus de Jean-Baptiste Lully, le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et le Herr Gott, dich loben wir de Jean-Sébastien Bach.

« Le programme est dominé par la musique française. D’où notre choix de la Cathédrale de Saint-Boniface. Pour Canzona, c’est une première de jouer dans ce magnifique édifice. La première fois que j’ai visité la Cathédrale, j’étais interpellée par la juxtaposition de l’ancien et du moderne, de cette nouvelle église construite à l’intérieur des ruines de celle détruite par les flammes en 1968. Et puisque nous jouons de la musique ancienne pour un public contemporain, le choix de la Cathédrale me paraissait tout à fait de mise. »

Et digne des grands motets français.

« Exactement! Il faut se rappeler que Lully était le compositeur à la cour française, à Versailles. Il était un grand ami du Roi Soleil, Louis XIV. Et bien que les motets expriment des thèmes religieux, l’intention est de célébrer la gloire de la monarchie française sous l’absolutisme. En fait, Lully confond la gloire de Dieu à celle de Louis XIV.

« Cela dit, l’Exaudiat te Dominus et le Te Deum contiennent des moments de grande tendresse et d’intimité. Il y a des solos d’une grande sensibilité. Mais lorsque la chorale, accompagnée d’un ensemble de musiciens de l’Orchestre symphonique de Winnipeg, chante les grands passages, c’est une grande élévation musicale. »

Le public aura également droit au « Te Deum » allemand, le Herr Gott, dich loben wir de Bach. « C’est un chant de louange, dont les quatre premiers versets sont de Martin Luther. Bach cite également le Psaume 20 qui fait les éloges de Dieu et demande sa protection.

« Pour Canzona, c’est un réel plaisir de chanter en latin et en allemand. On met en évidence la qualité sonore des deux langues. On essaiera même de chanter notre latin “à la française” pour évoquer la cour du Roi Soleil. »

(1) Les Grands Motets de Canzona aura lieu le 12 novembre à 19 h 30 à la Cathédrale de Saint-Boniface. Le concert sera précédé d’une présentation bilingue de Raymond Sokalski, qui fera une mise en contexte historique des ouvrages au programme.

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