Par Amber O’REILLY :

Dehors est bien plus qu’un texte du Fransaskois Gilles Poulin-Denis et une mise en scène de Philippe Ducros, servis par une distribution hors pair.

C’est une immersion pour tous les sens dans un univers où règne la nature et où la misère se fait omniprésente.

Après 14 ans d’absence, le retour d’Arnaud (Patrick Hivon), correspondant de guerre, à la ferme familiale suite au décès de son père, provoque une série de rencontres et de ruptures marquées par des coups de fusil, des altercations sous la pluie et des dialogues d’une intensité spectaculaire.

On nous révèle à l’aide de projections et d’enregistrements le drame du stress posttraumatique d’Arnaud et ses souvenirs d’Illiana (Isabelle Roy), qui incarne bravement la résilience des femmes touchées par la guerre. Les parlers colorés d’Armand (Robin-Joel Cool) et de Virginie (Marie-Ève Fontaine) renforcent avec une légèreté de ton leurs différences avec Arnaud.

Dehors nous laisse découvrir, au rythme de la forêt, les racines d’une famille soumise à la guerre.


Par Morgane LEMÉE :

« Attends, tout vient à temps. » La réplique quasi finale est belle, mais ne sauve pas vraiment Dehors. Il manquait décidément quelque chose à la trame de cette pièce volontairement déstructurée. Beaucoup de choses restent incomprises : le rôle du père, la présence des chiens, la forêt… Autant d’éléments dramatiques qui tombaient comme autant de cheveux sur la soupe, donnant, à force, l’impression d’une histoire trop recherchée. Comme si tout était lié, mais si peu clairement. Et l’on s’y perd.

Ce que l’on ne peut reprocher à cette production, ce sont ses comédiens, hors pair. Des reines et rois de l’articulation. Mention spéciale à Marie-Ève Fontaine, d’un véritable naturel, ainsi qu’à Robin-Joël Cool, d’une impeccable prestance. Mention doublement spéciale à Richard Thériault, absolument désopilant dans chacun de ses rôles.

Au-delà des subtilités de mise en scène agréables à l’oeil et aux oreilles, le tout reste un peu trop sombre, trop confus. On se perd, non pas dans ce mélange de rêve et de réalité, qui reste assez subtil, mais dans le méli-mélo de cette histoire, qui ne passe pourtant pas si loin de la réussite. Bien dommage, Dehors ne marquera pas les esprits.

 

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