La galerie abritant la célèbre réplique du Nonsuch, le voilier qui avait quitté l’Angleterre en 1668 pour partir à la découverte d’une nouvelle voie commerciale par la Baie d’Hudson, et qui fait le bonheur des visiteurs du Musée du Manitoba, sera fermée au public à partir du 8 janvier pour d’importantes rénovations.

Par Barbara GORRAND

La première chose qui surprend le visiteur lorsqu’il pénètre la galerie du Nonsuch, au Musée du Manitoba, c’est la taille du célèbre voilier. Ou plutôt de son exacte réplique, construite à l’échelle : comment imaginer qu’un si frêle esquif ait pu braver l’Atlantique et parvenir jusqu’à l’embouchure de la rivière Rupert au Québec… en 1668! C’est pourtant avec cette équipée, destinée à trouver une nouvelle route pour la traite des fourrures entre l’Europe et l’Amérique du Nord, qui a ouvert la voie à l’histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson, née en mai 1670.

« Et en 1968, la Compagnie de la Baie d’Hudson a commissionné la construction de la réplique du Nonsuch, qui a traversé l’Atlantique amarrée au S.S. Bristol City et est arrivée au Québec en 1970, pour célébrer les 300 ans de la naissance de la Compagnie », explique Amelia Fay, conservatrice des collections des pièces de musée de la CBH.

« Après un périple à travers tout le Canada, sur les eaux comme sur la route, la réplique du Nonsuch est arrivée à Winnipeg en 1974, et la galerie que l’on connaît aujourd’hui a été construite autour du bateau! Une galerie créée pour faire revivre la veille du départ du Nonsuch original, sur les quais du port en Angleterre. »

Amelia Fay, native de Winnipeg, est passionnée par l’histoire du Nonsuch, qu’elle rattache à ses premiers souvenirs d’enfance, et qui a sans doute joué un rôle déterminant dans son choix de profession. Il n’empêche, elle en convient, la galerie du Nonsuch et le bateau lui-même méritent un bon coup de frais.

« L’éclairage doit être repensé, les voiles, les cordages n’ont pour la plupart pas été remplacés depuis les années 1970. C’est pourquoi, après les vacances de Noël, la galerie fermera ses portes pour de longs mois de travaux. À terme, lorsqu’elle rouvrira, au début de l’été 2018, la narration aura entièrement changé. »

Une rénovation coordonnée par l’artisan de Pirates des Caraïbes

« Cette fois, le Nonsuch sera présenté au moment de son retour couronné de succès en Angleterre, l’année suivante, lorsque l’équipage racontera l’hiver passé dans des conditions extrêmes au Canada, le commerce de peaux avec les Autochtones, la découverte de ces nouveaux horizons… L’éclairage, la sonorisation, toute la galerie aura entièrement changé. »

Et le Nonsuch lui-même aura retrouvé une deuxième jeunesse, grâce notamment au savoir-faire de trois maîtres-gréeurs, qui devraient poser leurs cordages à Winnipeg dès janvier, et pour huit semaines. Parmi eux, Courtney Anderson, le gréeur qui a supervisé la construction de toute la flotte de la franchise Disney, Pirates des Caraïbes, avec Johnny Depp dans le rôle du capitaine Jack Sparrow.

Comme le précise Amelia Fay, « l’ensemble des travaux de rénovation de la galerie, qui inclut également la réfection des salles de toilettes, se chiffre à 2,5 millions $, financés par la Fondation Histoire de la CBH et le gouvernement fédéral. »

Mais avant tous ces changements, la galerie du Nonsuch restera ouverte durant les vacances, et proposera même aux visiteurs de rentrer dans le ventre du bateau, « un évènement qu’on ne propose qu’une fois par an », ajoute encore Amelia Fay. C’est le moment où jamais d’embarquer à bord de l’histoire!

Du 26 décembre au 7 janvier, de 10 h à 17 h.

 

 

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