Emilie McKinney a appris ses premiers pas de danse autochtone dès qu’elle a fait ses premiers pas. À l’adolescence, elle a commencé à approfondir sa connaissance de sa culture. Aujourd’hui elle participe à de nombreux pow-wow et s’occupe de sa propre entreprise.

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Par Manella VILA NOVA

Un jour la mère d’Emilie McKinney a décidé que sa fille apprendrait les danses autochtones. Au départ, elle n’était pas très intéressée. « Ma mère voulait que j’embrasse mon côté indigène. Je ne prenais pas ça au sérieux. Mais à 12 ans, j’ai commencé à devenir curieuse. J’ai cherché à en savoir plus sur la culture autochtone et sur les danses traditionnelles. »

Lorsque sa grand-mère et son oncle ont commencé à l’emmener à des pow-wow dans des réserves différentes de la sienne, la réserve Swan Lake First Nation, Emilie a découvert un nouveau style de vie. « Les pow-wow sont des célébrations culturelles. Ils réunissent des danseurs et des chanteurs qui viennent de partout au Canada, mais aussi des États-Unis ou du Mexique, pour y participer de juillet à septembre. »

Chaque année, la jeune danseuse originaire de Notre- Dame-de-Lourdes participe à des dizaines de célébrations. « Je passe tout mon été sur la route. J’organise un circuit qui me permet de faire entre 20 et 30 pow-wow durant la saison. Chaque célébration dure trois jours. Je conduis cinq ou six heures pour arriver à une réserve, je danse, et je repars pour une nouvelle célébration. »

En hiver, Emilie McKinney trouve des moyens pour continuer à danser. « Certains collèges et universités se joignent à des pow-wow en hiver. Je suis allée en Saskatchewan et en Alberta à travers des programmes qu’ils proposaient. Je participe aussi à des spectacles provinciaux dans tout le Manitoba et à des spectacles internationaux. »

Les danses d’Emilie l’ont déjà conduite à Cuba, en Suède et au Danemark. « Dans le monde, j’ai remarqué que les gens sont nombreux à penser que les Autochtones sont tous morts à cause des cowboys. Beaucoup pensent que notre vie est comme celle qu’on voit dans les films. Alors je leur explique qu’on est encore nombreux. J’essaye de détruire les stéréotypes, de restaurer la vérité, de montrer les réalités de notre culture. »

« Je vais à l’école en français,
et les pow-wow me permettent de vivre
ma culture autochtone. »

Emilie McKinney

Élève en 12e année à l’École régionale Notre-Dame, Emilie McKinney a également eu l’opportunité d’aller en Allemagne, en France et à Taiwan, mais a préféré refuser. « À côté de ma vie de danseuse, j’ai aussi ma vie d’étudiante, et j’essaye de ne pas manquer trop de cours, parce que je prends mes études au sérieux. »

L’année prochaine, la jeune fille souhaite étudier à l’Université de l’Alberta. « Je veux suivre le programme d’enseignement avec une majeure en études autochtones. Cela me permettra d’enseigner dans les écoles de réserve, d’utiliser ma culture comme ressource et d’amener les élèves vers la réconciliation. »

En attendant, elle utilise son savoir de la culture autochtone pour informer ses camarades de classe. « J’essaye de montrer ma culture. Je communique tout le temps avec mes enseignants. En cours d’histoire, je suis capable d’expliquer la perspective autochtone sur des évènements racontés de la manière européenne, ainsi que les valeurs autochtones, comme la préservation de la nature. »

Depuis plusieurs années, Emilie McKinney fabrique elle même ses propres costumes pour ses différentes danses. « J’ai pris des classes dans ma réserve et j’ai regardé des vidéos sur YouTube. Maintenant, je sais faire du perlage, et je fais mes mocassins, mes robes et tous mes accessoires. » La jeune danseuse pratique le Fancy Shawl, ou la Danse des papillons, la Danse des cerceaux et la Jingle Dance, ou Danse des clochettes, traditionnelle chez les Anishinaabe, dont Emilie descend.

« La danse des clochettes est une danse de guérison. Un homme, dont la petite fille était très malade, a rêvé un jour de quatre femmes dans des robes avec des clochettes. Il a compris que les robes allaient guérir sa petite fille. Sa femme les a fabriquées. Quatre personnes les ont portées et ont récité des prières en dansant. Puis sa petite fille s’est rétablie. Aujourd’hui, on continue à mettre des personnes malades au milieu de danseuses en robes à clochettes, en espérant qu’elles guérissent. »

Culturellement, Emilie McKinney se sent autant autochtone que francophone. « Je suis capable de faire toutes les choses autochtones, et toutes les choses européennes. J’ai une bonne connexion avec mes deux famill es. Je vais à l’école en français, et les pow-wow me permettent de vivre ma culture autochtone. C’est une passion que j’ai en moi, et une nécessité dans ma vie. »

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