Arrivé cet été avec femme et enfants depuis la Haute-Savoie, en France, Sébastien Gaillard a pris à l’automne la direction de la maison-musée, dont il entend célébrer cette année le 15e anniversaire avec éclat. Car l’homme a du panache.

Par Barbara GORRAND

Côté pile, il est Sébastien Gaillard. Un nom qui sied comme un gant à ce grand bonhomme, qui a bringuebalé ses connaissances en arts de la table des États-Unis à la Suisse, en passant par l’Algérie et les îles françaises, au gré des invitations.

Côté face, il est Seream. Poète prolifique, auteur, monteur de spectacles, fondateur de la maison d’édition Une poignée d’loups en laisse et de la revue La Tribune du Jelly Rodgers, entre autres.

Mais depuis le mois d’août dernier, il est néo-Manitobain avant tout. Un choix qui ne s’est pas fait par défaut, mais bien par conviction, comme il l’explique : « Avec mon épouse Vanessa et nos enfants, Manon et Elliott, âgés de 15 et 17 ans, nous avions cette envie de recommencer au Canada. Nous nous sommes rendus au Québec, en Ontario, et au Manitoba, où nous sommes arrivés en avril 2016. Immédiatement, on a trouvé cette province fabuleuse. La facilité des rapports, des rencontres, l’atmosphère de cette ville à taille humaine, le côté à la fois anglophone et francophone… On a été séduits. »

Au point de rentrer en Haute-Savoie, de régler les affaires courantes et de franchir l’Atlantique à nouveau l’été dernier, sans billet retour cette fois. Le temps d’inscrire les enfants au collège Louis-Riel, Sébastien se met donc en quête d’un nouveau défi professionnel. Rapidement, il découvre que la Maison Gabrielle-Roy se cherche un nouveau directeur. « Évidemment, Gabrielle Roy, cela m’a parlé tout de suite. C’est un symbole, un auteur qui fait l’unanimité à travers toute la francophonie de l’Amérique du Nord, traduite en 18 langues!»

Un enthousiasme sans doute contagieux, puisque le voici à la barre de l’institution depuis le 23 octobre dernier. Avec un cap bien défini : le 15e anniversaire de la Maison Gabrielle-Roy, en cette année 2018. « Cette maison est un bijou, mais qu’il faut sertir. Elle n’est pas suffisamment mise en valeur. Je pense notamment à des programmes qu’on pourrait développer avec les scolaires. Mais en tout état de cause, pour fêter ses 15 ans, nous allons faire briller l’esprit de Gabrielle-Roy. »

À commencer par une exposition qui, par le truchement de la réalité augmentée, permettra d’aborder l’oeuvre traduite de Gabrielle Roy, détaille encore le nouveau directeur : « Cela permettra de comprendre à la fois le travail d’auteur, mais aussi la difficulté périlleuse de la traduction et sa résonance. Pour donner un aperçu le plus large possible, j’ai déjà commencé à acquérir des ouvrages de Gabrielle Roy en Chine, en Allemagne, en Tchécoslovaquie… »

Influencé par la dictée Michel Butor, du nom du poète et écrivain français, qu’il avait initiée en Haute-Savoie, Sébastien Gaillard a également lancé l’idée d’une dictée Gabrielle Roy. « Mais attention, il s’agit de transmettre l’amour de la langue de façon ludique, pas académique. L’idée est de piocher dans l’oeuvre de Gabrielle et de faire collaborer la francophonie dans cet exercice simultané, en plusieurs lieux de Winnipeg, avec l’appui des organismes comme le CCFM, les divisions scolaires… Et jusqu’à Québec, où la bibliothèque Gabrielle-Roy fêtera l’an prochain ses 35 ans, et dont le directeur s’est immédiatement montré intéressé. »

Ajoutez à cela un documentaire en préparation, pour donner la parole à ceux qui chérissent la mémoire de Gabrielle Roy, un Tanzaku (tradition japonaise qui consiste à imprimer des haïkus sur des bandes de tissus) qui devrait recouvrir la Maison Gabrielle- Roy en mai, suivi d’un chemin de haïkus dessinés sur les trottoirs de Saint-Boniface en septembre, des résidences d’artistes et des participations à diverses créations artistiques : pas de doute, cette année, Gabrielle Roy sera reine au Manitoba.

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