1,7 %. C’est le petit pourcentage de Manitobains qui se sont inscrits en ligne comme donneurs d’organes et de tissus. Même si les cartes de donneurs délivrées par la Société d’assurance publique du Manitoba et Manitoba Santé sont valides, l’organisme Transplant Manitoba veut étoffer sa banque de données. Mais le succès n’est pas au rendez-vous.

Par Valentin CUEFF

Serait-on peu enclins, au Manitoba, à donner nos organes? Il n’en est rien, assure le Dr Faisal Saddiqui, membre de l’équipe Gift of Life de Transplant Manitoba :

« Nous avons mené une enquête auprès des Manitobains. Sur 100 personnes, 90 se disent prêtes à donner leurs organes. Pourtant, moins de 2 % sont inscrits sur notre site, signupforlife.ca. »

Le médecin le concède : le don d’organes, ce n’est pas un sujet qu’on aborde comme n’importe quel autre, au beau milieu du déjeuner. Selon cette même enquête, environ 25 % des personnes interrogées en auraient parlé avec leurs familles et leurs amis.

Cette conversation à avoir avec ses proches n’en demeure pas moins nécessaire, estime Faisal Saddiqui.

« Chaque Manitobain doit se demander : Qu’est-ce que je voudrais faire, si jamais je tombais malade? C’est plus facile d’aborder ce sujet avec les personnes dont on est proche. »

« Si votre grand-mère tombe malade, c’est un moment difficile pour toute la famille. On ne veut pas que quelqu’un nous quitte. Mais il est nécessaire d’avoir cette discussion. »

Il faut cependant bien comprendre que ce qu’on souhaite pour notre corps après notre mort n’est qu’un souhait. Car ce sont les proches de la personne en fin de vie qui prennent la décision finale au sujet d’une transplantation.

Le rôle des médecins membres du programme Gift of Life est donc de discuter avec la famille de personnes en fin de vie. D’où l’importance de faire connaître ses souhaits, qui servent d’orientation à la famille.

Si les cartes physiques ont encore leur utilité, Transplant Manitoba a jugé nécessaire de lancer en 2012 un site, signupforlife.ca, qui compte désormais plus de 22 400 signataires.

Il est par contre difficile de déterminer le nombre exact de personnes qui ont choisi de remplir la partie « carte de donneur » de leur carte de Santé Manitoba, ou qui ont obtenu la carte bleue délivrée par la Société d’assurance publique du Manitoba.

« S’enregistrer sur le site prend deux minutes. De cette façon, si vous tombez malade et que vous êtes dans vos derniers jours de vie, les médecins, et eux seuls, peuvent accéder à la liste des personnes enregistrées et voir si vous êtes donneur, et ce que vous êtes d’accord de donner. »

L’initiative des inscriptions en ligne est également motivée par des questions pratiques. Faisal Siddiqui sait bien qu’une carte physique a plus de chances de se perdre. « En cas d’accident, à moins d’avoir votre carte dans votre portefeuille ou dans votre poche, ça n’est pas facile de connaître vos souhaits. »

Face au faible taux de personnes inscrites sur le site, le médecin membre de Gift for Life croit qu’il faut laisser le temps aux Manitobains de se familiariser avec la procédure. « Les cartes bleues sont encore la première chose à laquelle les gens pensent lorsqu’on leur parle de don d’organes. Mais on reste confiant. On sait que les Manitobains sont généreux. »

Pour changer les mentalités, Transplant Manitoba compte organiser des campagnes de sensibilisation tout au long de l’année. De son côté, le ministre des Services de la Couronne, Cliff Cullen, a annoncé la création d’un comité spécial sur le don d’organes et de tissus qui doit étudier les moyens de rendre ce geste plus évident (1).

Pour plus d’informations sur le don, rendez-vous sur signupforlife.ca.

(1) Les Manitobains sont invités à donner leurs avis sur le sujet en envoyant un courriel à l’adresse organdonation@leg.gov.mb.ca. Deux réunions publiques auront également lieu avec des parties prenantes. La première à Winnipeg, le mercredi 28 février à 9 heures au Palais législatif. La seconde à Brandon, le vendredi 2 mars, au Regional Cabinet Board Room, à 11 heures.


Un programme pancanadien

Les provinces coordonnent leurs informations sur les organes disponibles et les patients en attente. Le Dr Faisal Saddiqui détaille : « On est une grande équipe à travers le Canada. S’il y a quelqu’un qui tombe malade à Winnipeg et que personne ici n’a besoin d’un foie, on va en parler à quelqu’un à Edmonton, ou ailleurs.

« Il y a des échanges d’organes entre les provinces. Au Manitoba, on pratique seulement les greffes des reins. Pour le poumon, coeur, foie, on osculte la personne avant et après la chirurgie, mais l’acte chirurgical comme tel se fait à Edmonton ou Toronto, même si le donneur est du Manitoba ou d’ailleurs. Pour les reins, la procédure se fait au Health Science Centre et à l’Hôpital Saint-Boniface. »

Il estime à 220 le nombre de personnes au Manitoba actuellement en attente d’une transplantation de rein.

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