Espoir Kajabika a fondé un groupe de jeunes qui encourage les nouveaux arrivants à développer leurs talents. L’objectif : qu’ils ne s’enlisent pas dans la drogue, ou qu’ils cessent d’en consommer. Espoir Kajabika sera un des panélistes au Jour J de l’Accueil francophone le 17 mars prochain.

Par Daniel BAHUAUD

Espoir Kajabika s’est donné la mission d’aider la jeunesse immigrante. À Winnipeg depuis septembre 2016, le Congolais d’origine de 21 ans s’est vite aperçu qu’un des nouveaux arrivants s’enlisait dans la consommation du cannabis et d’autres drogues.

« Dès mon arrivée, plusieurs amis de la communauté congolaise m’ont parlé d’un jeune ami qui a été tué près de la Place Portage au centre-ville. Semble-t-il que ce jeune homme voulait quitter le monde du trafic de drogue. Il voulait faire quelque chose de mieux de sa vie. Il voulait gagner sa vie sans avoir recours au trafic. Mais la bande criminelle avec qui il se tenait l’a assassiné. On avait peur qu’il révèlerait les secrets de la bande.

« J’étais bouleversé. Les nouveaux arrivants s’établissent au Canada pour vivre une meilleure vie. C’était choquant de voir que des jeunes se perdent dans la drogue, au lieu de canaliser leurs énergies et leurs talents vers un train de vie plus positif, plus productif.

« Mais je comprends pourquoi ça se produit. Dans bien des cas, des jeunes africains ne connaissent pas le cannabis et les autres drogues. Et, parce qu’ils éprouvent de la difficulté à s’intégrer à la société cana – dienne, ou encore parce qu’ils n’arrivent pas à trouver un emploi, ils sont vulnérables. Ils succombent à la pression des pairs, pour être sociable et se faire des amis. Ça inquiète beaucoup les parents. »

Au lieu de baisser les bras, le tuteur en physique, chimie et mathématiques du Peaceful Village du Glenlawn Collegiate est passé à l’action.

« Je me suis dit qu’il fallait au moins essayer de faire quelque chose. Mais comment convaincre un jeune d’abandonner la drogue? J’ai appelé mon copain, Gélord Basimiké. On a échangé des idées. J’ai aussi consulté des enseignants. Et surtout des jeunes amis. Après plusieurs discussions, l’idée est venue qu’il fallait proposer quelque chose de positif, des activités qui pourraient intéresser les jeunes et les encourager à développer leurs talents. »

Résultat : le Youth Talent Development Project, qui organise des activités de danse africaine. (1)

« On se rencontre au sous-sol de l’église Holy Ghost, sur l’avenue Pritchard. Même si notre groupe n’est pas de confession chrétienne, la paroisse nous parraine, et on obtient beaucoup de bons conseils du prêtre, Daniel Janulewicz. On a commencé avec cinq jeunes – des ambassadeurs qui ont lancé l’appel à d’autres jeunes. On en a déjà maintenant une bonne vingtaine.

« Quand on se rencontre, il y a de la vie. Les jeunes sont contents de se retrouver. Ils ne pensent plus au négatif qui les entoure. Ils tissent de nouvelles amitiés qui ne sont pas fondées sur la consommation de la drogue. Ils se soutiennent et s’encouragent. Leur joie est encourageante. »

Pour rendre plus attrayant ses activités, le Youth Talent Development Project organisera cet été des compétitions de danse.

Espoir Kajabika précise : « On a déjà obtenu une subvention de Centraide. On aura des prix pour tous les participants, et les meilleurs danseurs. »

Le groupe a aussi fait d’autres demandes de subvention auprès de Centraide. Et il a su attirer l’attention de Bernadette Smith, la députée néo-démocrate de Point Douglas. « On a discuté de la possibilité d’appuis financiers pour l’obtention d’instruments. Un piano, des guitares, des tambours, une batterie. Parce qu’on a déjà plusieurs bénévoles qui sont prêts à enseigner la musique aux jeunes.

« Je suis moi-même musicien. Je joue de la guitare. Et je veux, et je vais enseigner aux jeunes. Ce n’est qu’un début. »

(1) Pour appuyer le groupe, on peut composer le 204 291-5012 (Espoir Kajabika) ou écrire à l’adresse de courriel suivante : espoirbkjoseph@gmail.com.

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