Qui est métis, et qui peut être membre de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba? Comment financer ses activités? Et comment se prévaloir d’être aussi francophone que métis? Voilà les questions de l’heure pour la plus ancienne organisation francophone au Manitoba, et métisse du Canada.

Par Daniel BAHUAUD

Pour Paulette Duguay, réélue pour un deuxième mandat de trois ans à la présidence de l’Union nationale métisse à l’AGA du 8 mars : « 2018, c’est l’année des grandes interrogations ».

« Nous révisons présentement notre constitution. Au coeur des discussions se trouve la mise à jour du concept fondamental de l’identité métisse. En 1887, quand l’Union nationale a été fondée, c’était évident qui était métis. L’identité était une question de famille, un legs qu’on héritait. En 2018, c’est moins évident. Devrait-on donc exiger des preuves généalogiques, comme le fait la Manitoba Metis Federation (MMF)? »

Pour répondre à la question, un sous-comité a été créé, avec la juriste Aimée Craft comme experte-conseil. « Le souscomité réfléchira, et reviendra aux membres lors d’une réunion spéciale qui se tiendra avant la prochaine AGA ».

Les réflexions identitaires n’empêcheront pas l’organisme d’être plus présente en région, pour y faire du recrutement.
« Trop de Métis à la campagne pensent que l’Union nationale est un organisme de Winnipeg. C’est vrai qu’on n’est pas allé rencontrer les Métis de La Broquerie, de Saint-Laurent, de Saint-Malo, etc. Avant de compléter la révision de la constitution, il serait difficile de lancer une campagne de recrutement d’envergure. Mais ça ne nous empêche pas de commencer, en organisant par exemple des après-midi de danse traditionnelle en région. On veut être présents. »

Les défis financiers de l’organisme rendent difficile, toutefois, la planification à long terme de tels projets. Paulette Duguay détaille la situation financière précaire de l’Union nationale métisse :
« Nous sommes à la croisée des chemins. Jusqu’à date, nous réussissons à obtenir des subventions du Fédéral et de la Province pour des projets ponctuels. Mais nous n’avons aucun financement opérationnel. »

« Devrions-nous continuer d’essayer d’obtenir des appuis de la MMF, seul organisme métis avec qui le Fédéral transige? Ou devrions-nous faire appel au Fédéral à titre d’organisme francophone, qui contribue depuis 1887 à la francophonie? C’est, à mon avis, notre meilleure chance, l’option la plus prometteuse. »

Quant aux discussions entamées par l’Union nationale métisse avec la MMF le 12 mai 2017, Paulette Duguay note qu’elles semblent être au point mort.

« À notre première rencontre avec le président de la MMF, David Chartrand a promis de nous aider. Ensuite, en juillet, on a rencontré Al Benoit, son vice-président. On s’était entendu qu’on allait signer un mémorandum d’entente. J’ai appelé Al Benoit à plusieurs reprises, sans jamais recevoir aucun signe de vie. »

Ce qui n’empêche pas l’Union d’avoir des relations productives avec le Conseil Elzéar-Goulet, un conseil francophone de la MMF. « Le Conseil appuie financièrement notre pique-nique annuel, ainsi que notre soirée vin et fromage. C’est normal. Nous sommes tous francophones, et souvent à la fois membres de l’Union et du Conseil. »

L’AGA de l’Union nationale métisse, à laquelle ont participé une quarantaine de personnes, a élu un nouveau conseil d’administration : Paulette Duguay (présidente pour un mandat de trois ans) ; Andrina Turenne (vice-présidente pour deux ans); Christine Graff (secrétaire pour deux ans); Crystal Desrosiers (trésorière pour deux ans); Lucien Croteau (adjudant pour deux ans); Dée Anne Vermette et Guy Savoie (conseillers pour deux ans) : Michelle Blanchard, Robert Gendron, Sophie Moquin et Ghyslyn Vielfaure (conseillers pour un an).

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