Alors qu’il y a des jeunes qui sont francophiles, d’autres franco-curieux, Jason Cegayle, lui, c’est un franco-convaincu, un franco-vivant! Passionné, inspirant, attachant, il nous livre le parcours qui l’a amené à faire de la francophonie sa mission de vie.

Par Morgane LEMÉE

Jason Cegayle, c’est un jeune Manitobain de 21 ans au sang filipino et aux tripes franco.

« Quand j’étais jeune, j’avais cette idée que francophone, ça voulait forcément dire blanc. Une personne d’héritage français depuis toujours. » Une conviction qui n’a pas trop longtemps tenu la route pour Jason Cegayle.

Son histoire avec la francophonie commence dès la maternelle, lorsque ses parents décident de l’inscrire dans un programme d’immersion. Dans leur manière de voir, le français sera un atout professionnel pour leur fils aîné. De l’École Garden Grove, puis l’École Stanley Knowles et jusqu’à l’École secondaire Sisler, Jason Cegayle a fait toute sa scolarité en immersion.

En 11e année, se produit le déclic. Son enseignante de français lui parle du Forum national des jeunes ambassadeurs de français. Une place qui n’attendait que lui.

C’est en 2014 que Jason Cegayle part alors pour Sudbury, tête levée, sa fierté francophone brandie, prêt à représenter le Manitoba. « J’ai des frissons à chaque fois que j’en parle. C’était une des expériences les plus incroyables de ma vie! C’est là que j’ai vraiment appris ce qu’est un leader et l’importance du bilinguisme dans ma vie. Dans la vie. »

En 12e année, fort de cette puissante expérience, il crée le tout premier conseil d’immersion de l’École secondaire Sisler. « Sur environ 1 000 élèves, il n’y avait qu’une centaine d’élèves dans le programme d’immersion. On n’avait pas vraiment de voix. Je voulais nous créer un espace pour que l’on puisse s’affirmer, s’exprimer, partager. Je trouve qu’il n’y a pas une grande valorisation de la langue française dans les écoles d’immersion. On a besoin d’instaurer cet aspect de culture, de vie, de fun par rapport au français. »

Le but était donc d’organiser des activités en français, des ateliers de musique, de sport, de réflexion.

Son travail a porté ses fruits. Le conseil d’immersion fonctionne toujours aujourd’hui. À sa présidence, nulle autre que Jane-Marie Cegayle, la soeur cadette de Jason. Une grande complicité les unit, et, encore une fois, le français y est pour quelque chose.

« À la maison, quand on veut parler de quelque chose de secret avec ma soeur, on se le dit en français. Ça nous arrive tout simplement de parler en français aussi. Nos parents nous soutiennent. Même si, malheureusement, on ne parle pas le tagalog, ni le dialecte de nos parents, l’illongo. Je suis né un an après leur arrivée au Canada et ça a toujours été encouragé de parler en anglais à la maison. »

À seulement 17 ans, il prend les devants pour organiser un forum intitulé Franconnexion, qui rassemblera en 2015 une centaine d’élèves à travers les écoles de la Division scolaire de Winnipeg. « Quel souvenir! J’avais ce feu en moi, je sentais la passion du français. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de faire un bac de français, à l’USB. Mon but n’était plus juste académique. C’est devenu un style de vie. »

Pour preuve, le jeune homme aura été, entre autres, portedrapeau du Manitoba pour les Jeux de la francophonie canadienne en 2014, ambassadeur étudiant à l’USB, journaliste pour Le Réveil, administrateur puis vice-président du Conseil jeunesse provincial jusqu’en 2017 et animateur pour le Forum national des jeunes ambassadeurs de français en 2017 et 2018.

Aujourd’hui, Jason Cegayle est en troisième année à l’USB et vise la Faculté d’éducation. Sa majeure, vous l’aurez deviné : le français!


Qui peut se dire francophone?

La Loi 5 adoptée à l’unanimité par les députés manitobains le 30 juin 2016, intitulée Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine, définit la « francophonie manitobaine » de la manière suivante :

« Communauté au sein de la population manitobaine regroupant les personnes de langue maternelle française et les personnes qui possèdent une affinité spéciale avec le français et s’en servent couramment dans la vie quotidienne même s’il ne s’agit pas de leur langue maternelle ».

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