De gauche à droite: Darel Bouchard, Gilbert Fréchette, Maxim Tétrault, Danica Dandeneau, Taylor Lawless, Megan Carrière, Anika Gauthier, Angela Grenier, Stéphanie Martel, Émile Bisson, Catherine Simard, Julianne Fournier-Broessly, Émile Beaudette, Kristelle Sawatzky. Crédit photo : Garacieuseté Stéphany Halikas

C’est avec grande surprise que les élèves de 11e année de l’École Saint-Joachim ont appris qu’ils avaient gagné un concours international sur le thème des accents. À la clé : une récompense, beaucoup de fierté et une nouvelle confiance dans leur utilisation du français.

Par Manella VILA NOVA

Quand elle a vu le concours Slame tes accents, proposé par le Centre de la francophonie des Amériques, Stéphany Halikas, enseignante de français à l’École Saint-Joachim, n’a pas hésité à y inscrire ses élèves de 11e année. « Quand je vois un concours, j’y participe. Si je ne peux pas, j’y inscris mes élèves. J’adore tout ce qui touche à la francophonie. Ici, l’idée était de créer un slam. Il fallait faire une vidéo d’une minute à une minute et demie, qui allait être jugée par le public et par des professionnels. »

Quatre vidéos ont été créées par les 11e années. « Chaque groupe a écrit et filmé une vidéo. Puis la classe a voté pour choisir la vidéo que nous allions envoyer au concours. C’est le projet de Megan Carrière, Anika Gauthier, Taylor Lawless et Maxim Tétrault qui a été retenu. »

Le groupe, composé de deux élèves de familles francophones et deux élèves de familles exogames, a travaillé l’identité francophone. Anika Gauthier partage le cheminement créatif : « Nous avons commencé par nous questionner sur ce qui rendait une personne francophone. Est-ce que les Québécois ou les autres francophones des Amériques sont plus francophones que nous? Nous avions un groupe divers, et chacun d’entre nous avait une expérience différente avec la francophonie. »

Les deux francophones se sont tournés vers leurs camarades de familles exogames. Maxim Tétrault : « On leur a demandé si elles se sentaient francophones, et elles ont répondu pas vraiment. » Anika Gauthier ajoute : « Leur vie est une réalité différente de la nôtre, et c’était important pour nous de donner à notre texte la perspective de tout le monde. »

Pendant l’écriture, Anika Gauthier a réalisé que « les francophones du Québec ou de France ne sont pas forcément meilleurs que nous en français. Au Manitoba, on a ce complexe d’infériorité avec le français, parce qu’on entend toujours qu’en France, la langue est tellement plus riche. J’ai moi-même toujours pensé que le français de France était meilleur. Maintenant je me rends compte qu’ils sont juste différents, mais égaux. »

Pour Maxim Tétrault, tout est une question d’acceptation. « Quand on pense au français de La Broquerie, on pense au franglais. On se dit que le français est moins avancé. Dans notre slam, on a voulu montrer que personne n’est parfait, et que les accents peuvent être différents, mais qu’ils sont tous valides. On doit accepter qui on est, peu importe d’où on vient. »

En compétition contre 29 autres établissements des Amériques, les élèves de La Broquerie ont remporté le prix des juges. Ils recevront prochainement la visite de Yao, un musicien et slameur professionnel d’Ontario pour un atelier de slam. Stéphany Halikas : « Grâce à cette victoire, les écoles francophones des Amériques savent qu’il y a au Canada des francophones ailleurs qu’au Québec. Elles entendent parler du Manitoba, et plus particulièrement de La Broquerie. C’est bien d’avoir une reconnaissance provinciale et internationale. Ça nous rend très fiers. »

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