Catherine Duguay. Photo : Manella Vila Nova

Pour Catherine Duguay, tout a commencé par des bourses. Plus précisément une collection de bourses vintage. Déterminée à vendre ses produits, elle a cherché à s’inscrire à un marché pop-up. Lorsque l’accès lui a été refusé, elle a décidé de créer les siens.

Par Manella VILA NOVA

Le 1er juillet, Catherine Duguay organisera son troisième marché pop-up (1). « Les marchés auxquels je souhaitais participer recherchaient des participants déjà bien établis. Comme je connaissais des marchands, je me suis dit que j’allais faire le mien. Le premier a eu lieu juste avant la Saint-Valentin. J’ai vu que les gens s’étaient investis dans mon projet, alors j’ai décidé d’en organiser plusieurs cette année. »

Après un premier pop-up qui a rassemblé huit participants dans le sous-sol du café Forth, Catherine Duguay en a réuni 25 au second organisé au Little Brown Jug. « Plus on a de marchands, plus on a de succès. Gagner de l’argent à un marché est un travail d’équipe. Pour le marché du 1er juillet, j’aimerais avoir 30 marchands. »

Son troisième marché sera le premier à Saint-Boniface. « Je discutais avec Normand Gousseau, le directeur général d’Entreprises Riel et la chocolatière Constance Popp, qui avait participé à mon dernier marché. En entendant le concept, Normand Gousseau a proposé d’en faire un à Saint-Boniface, sur l’Esplanade Riel. Mais j’ai choisi de le faire au Parc Joseph-Royal. »

Le choix de ce lieu est autant stratégique que symbolique. « C’est plus calme que l’esplanade, et il y a de l’ombre et du stationnement. De plus, ce parc n’a pas une bonne réputation à Saint-Boniface. C’est triste, parce que Joseph Royal est un des personnages clés du début du Manitoba. Je pense qu’un homme de son envergure voudrait voir une communauté unie, et un marché ici pourrait servir à lui redonner son nom. »

Avec ce marché, Catherine Duguay espère attirer des marchands de tous les horizons. « Je rêve de trouver des artisans à Saint-Boniface, de voir des nouveaux arrivants participer. J’aimerais avoir quelqu’un qui tisse des paniers, quelqu’un qui travaille le cuir, quelqu’un qui fabrique des bijoux… Je voudrais les aider à lancer leurs lignes de produits. »

Avec l’idée de rassembler la communauté. « Je veux faire ma part pour dynamiser la communauté. Saint-Boniface est unique. Le français nous rassemble, mais c’est un français du Mali, du Congo, de France. La francophonie y est multiculturelle, et c’est ce qui rend le quartier si intéressant. »

À long terme, Catherine Duguay souhaiterait développer une communauté durable. « Ce qui m’attirait dans ces marchés en tant qu’acheteuse, c’était d’acheter local. Cela contribue à ce que l’argent de la communauté reste dans la communauté. Si les artisans échangent entre eux, c’est aussi une façon de se soutenir. Si les grandes chaînes de magasins venaient à fermer, c’est important de savoir qui est en mesure de fournir quel produit. Et les participants sont tellement fiers de leurs produits! On s’apprécie tous, et ça contribue à créer une communauté saine. »

(1) Marché Pop-Up Royal, dimanche 1er juillet de midi à 19 h au Parc Joseph-Royal, 665 Avenue Taché. Entrée gratuite.

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Vous avez dit pop-up?

Catherine Duguay explique : « Les marchés pop-up sont organisés à partir de l’application Instagram. Les marchands postent leurs produits sur leur compte, puis les organisateurs font un appel aux artisans. Quand ces derniers s’enregistrent, ils réservent une table pour un marché physique, dans un lieu et à une date déterminés par les organisateurs.

J’ai crée le compte Percolate Pop Ups, à partir duquel j’organise mes marchés et assure la promotion de mes articles. »

Les conditions et tarifs d’inscription à un marché pop-up varient en fonction des organisateurs. « Comme je débute, mes prix sont probablement parmi les moins chers. Pour celui du 1er juillet, je charge 60 $ pour une table. Le même jour, un autre marché est proposé à La Fourche par Luckygirl Pop Up Shop, un organisateur populaire dont le nom attire beaucoup de monde, et l’inscription a été fixée à 300 $. »

Un investissement, mais qui peut rapporter gros. « Third+bird, un autre organisateur célèbre, a généré deux millions $ lors de son dernier marché. Pour mes marchés, le succès à mes yeux est que tout le monde puisse gagner de l’argent. Pour certains artisans, les marchés sont leur gagne-pain. Nous avons une très bonne communauté d’artisans et de marchands à Winnipeg, et je veux les aider. »

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