Alpha Toshineza lors de la demi-finale à Granby. Photo: Gracieuseté Bernard Duhamel

L’artiste hip-hop Alpha Toshineza, a représenté le Manitoba au Festival international de la chanson de Granby (FICG), au niveau des demi-finales. Laura Lefebvre (Québec), Simon Elliot (Boisbriand), Jessy Benjamin (Varennes) et Lord Byrun (Regina, Saskatchewan) ont accédé au prochain tour (1).

Par Marie BERCKVENS

À l’annonce des résultats, comment avez-vous réagi

J’ai réagi plutôt calmement. On était 24. Il fallait en choisir quatre. Je savais de toute façon qu’il y aurait quatre heureux et 20 déçus. Parmi ceux qui n’ont pas été choisis, il y avait des artistes tellement talentueux. On s’est dit que manifestement ce n’était pas forcément juste le talent ou les capacités artistiques qu’on regardait.Pour ma part, Il n’y a ni regrets ni remords, parce que j’ai donné le meilleur de moi-même.

Qu’est-ce que le festival vous a apporté?

J’ai ramené toutes les cartes de visite que je pouvais ramener (rires). Il y a pas mal d’information très pratiques, de contacts, d’échanges artistiques qui se sont faits. Maintenant, je vais prendre le temps de faire le bilan, de réfléchir à ma manière d’aborder la musique. La rentrée sera plutôt calme.

Qu’est-ce qui pourrait changer concrètement dans votre façon d’aborder la musique?

Ce que j’ai maintenant vraiment intégré, c’est qu’être artiste, travailler dans la musique, ce n’est pas seulement être sur scène. L’industrie de la musique, c’est un métier. D’un côté, il y a la création. De l’autre, il faut pouvoir en vivre. C’est làdessus que je veux vraiment réfléchir. Comment être plus productif au niveau de mes revenus ? Il y a des réflexions à mener : Est-ce que je veux faire plus d’écriture, plus de production ? Est-ce que je veux devenir autoproducteur ou signer pour une maison de disque?

À ce jour, qu’est-ce qui a inspiré vos textes?

Je parle d’expériences de vie, de moments de réussite, mais aussi de défaites, d’échecs, de déceptions. Comment j’aborde les choses mentalement? Qu’est-ce que ça m’apprend comme leçon?

Vous parlez souvent de Dieu dans vos chansons…

Je suis chrétien. J’ai toujours été clair par rapport à mes convictions. J’ai rencontré beaucoup de situations qui m’ont amené à prier Dieu, à rechercher des solutions à travers mon chemin spirituel. Mais je ne cherche absolument pas à m’imposer. Dans la plupart de mes textes, je dis que chacun a sa destinée et que croire ou pas, c’est un choix.

Je préfère parler de ma relation avec Dieu, plutôt que de religion. Je ne suis pas du tout légaliste. Je ne cherche pas à me créer des lois pour croire. Je dis que dans cette relation avec Dieu, c’est comme dans toutes les relations. Il y a des moments plus faciles et plus difficiles. Si j’arrive à en parler si facilement, c’est parce que je suis passé par des situations de vie par lesquelles tout le monde est passé. Je parle du racisme, des injustices que je vois, des choses que j’observe, de la vie, de l’amour, des relations hommefemme, frère-soeur, familiales, amicales, de la situation autochtone, de la situation en Afrique.

Prenons par exemple votre titre Chaque jour…

Pour ce morceau-là, j’avais vraiment envie de me concentrer sur du gospel pur et dur. On vient de perdre la reine de la musique soul, Aretha Franklin. Elle vient du gospel. Cette référence, elle l’avait toujours. Elle louait Dieu dans ses chansons. Pour moi, Chaque jour, c’est une manière de le célébrer. C’est pas parce que certains vont faire n’importe quoi au nom de la religion que je vais arrêter de célébrer Dieu. C’est un choix de vie de dire quoi qu’il arrive dans la vie, je continue de célébrer. C’est un message qui est universel. La vie n’est pas facile. Que Dieu réponde à tes prières ou pas, loue-le quand même. Simplement parce que tu es en vie.

Et ceux qui vous écoutent et qui n’ont pas la foi?

Le bonheur, c’est un choix. Ça m’a pris beaucoup de temps avant de m’en rendre compte. C’est une manière de dire : Affirme ton bonheur. N’aie pas honte de quoi que ce soit. Si pour moi c’est Dieu, je ne vais pas avoir honte de ce qui me rend heureux. On doit célébrer ce qu’on est.

Comment vous est venue cette foi?

J’ai grandi dans une famille chrétienne. J’ai réalisé à un moment donné de l’adolescence, que je voulais suivre le Christ dans ma vie personnelle. Je n’ai pas fait un choix conscient lorsque je me suis dit que je voulais que ça soit dans ma musique. Ça fait juste partie de mon style de vie. Pour être artiste, quelque part, il faut être un peu croyant, il faut avoir la foi. Être un artiste, c’est l’expression de ton âme. Il y a quand même un aspect spirituel sans être mystique.

(1) À l’heure d’écrire ces lignes, le lauréat du concours n’était pas encore connu.

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