Stella Ntambwe devant la Cathédrale de Saint-Boniface. Stella Ntambwe, en plus de chanter, joue de l'harpe celtique et du violon. Cependant, elle rêve d'une harpe à pédale, pour avoir 47 cordes et ne pas être limitée. Photo: Marie Berckvens

Stella Ntambwe, âgée de 14 ans, chante depuis presque toujours. Après avoir commencé le piano à cinq ans, la voilà aujourd’hui avec harpe et violon. Mais son grand instrument, c’est sa voix.

Par Marie BERCKVENS

Quand la question des tout débuts est posée à Stella Ntambwe, après un moment de réflexion, la réponse coule naturellement : « Dans la famille, on chante. Dans la famille de papa, notre grand-mère chantait dans la chorale. Mon père aussi. Alors, nous aussi, on chante. »

La famille Ntambwe, originaire de la République démocratique du Congo, c’est un peu comme un orchestre avec toutes les tessitures. Stella, c’est la voix principale, la soprane. Il y a Fidèle, 17 ans, qui joue du piano, de la basse et de la guitare acoustique. Et puis l’alto Victoria, 12 ans, qui joue du piano et de la basse. Et enfin, la cadette, la ténor Peace, 10 ans, qui joue de la mandoline.

La famille orchestre se rend à plusieurs évènements. On a pu apercevoir Stella en mars dernier au Jour J, le forum jeunesse organisé par l’Accueil francophone. Souvent, Stella et ses soeurs vont à l’hôpital de Steinbach, participent à des mariages, à des prélèvements de fonds.

Leurs voix sont aussi sollicitées pour des funérailles. Le père de Stella, Boris Ntambwe, se souvient : « En 2016, un ami de la famille de Steinbach avait demandé avant de mourir que mes filles chantent à ses funérailles. L’église était remplie. Les gens venaient de partout. L’auditoire était captivé. »

Stella en frissonne encore : «J’étais tellement nerveuse. Mes petites soeurs se demandaient comment ça allait se passer. Comme je suis leur aînée, je leur disais : On va rester calme, ça va bien se passer. Comme mon père a dit : Si vous êtes devant l’auditoire et que vous êtes nerveuses, il faut juste regarder les gens que vous connaissez. Alors j’ai regardé mes parents, mes cousines, ceux avec qui j’étais plus familière. »

Dans sa famille, de confession chrétienne, toute petite, Stella a rapidement découvert le gospel et son idole Mahalia Jackson, considérée comme la reine de ce genre musical. Plus tard, elle se surprenait à imiter les chanteurs et chanteuses d’opéra, ou encore la chanson de Johannes Brahms « Guten Abend, gute Nacht » (voir vidéo en bas de l’article).

Alors, à 8 ans, sa décision était prise. Elle voulait devenir chanteuse d’opéra. Un rêve qui l’entraîne vers des accents quasi mystiques : « J’ai juste un sentiment en moi qui me rend extrêmement contente quand je chante. Je suis comme en train de voler ou de respirer l’air frais. Je chante pour le plaisir, mais aussi pour Dieu. Dieu nous donne les dons. Alors, on doit redonner ce que Dieu nous a donné. »

Son père l’incite à se dépasser et cherche un professeur de chant qui pourrait amener sa fille à un niveau supérieur. Et Stella Ntambwe cultive ce même désir d’exigence. « Il faut que cela soit perfecto. »

Étudiante au Collège de Lorette, Stella, qui signifie étoile en latin, garde pourtant les pieds sur terre. « Si la musique ne fonctionne pas, je voudrais étudier la physiothérapie. Dans un monde idéal, je veux juste avoir une bonne vie. Mon très grand rêve, c’est de donner un concert à la salle du Centenaire de Winnipeg. Il faut travailler très dur pour ça. »

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