Christine Lachance-Piché, fille de Cécile Lachance (née Boily). La maison, du moins les parties les plus anciennes, est celle de Guillaume Boily à Petite-Rivière- Saint-François.

Par Cécile Lachance

C’est à Saint-Jouin-de-Marnes, dans le département des Deux-Sèvres, en France, que l’on retrace le premier Boisly : Pierre, né en 1540. Guillaume, né cinq générations après, en 1682, fut poussé par la famine et la misère à émigrer au Canada en 1724.

À la Baie-Saint-Paul, il est embauché comme forgeron à la Seigneurie des Pères du Séminaire de Québec. En 1726, il épousa Louise Gagné, veuve de Robert Dufour, victime d’un accident de canot. À 43 ans, Guillaume Boily devenait soudain père de sept enfants, dont la plus jeune, Louise Dufour, était handicapée. Il a élevé et aimé ces enfants comme s’ils étaient les siens.

Le 2 juin 1728 est une date mémorable dans l’histoire des Boily. Louise Gagné-Dufour, à 45 ans, donne naissance à un enfant nommé Jean. Il suivra les traces de son père et deviendra forgeron et cultivateur. Il épousera Ursule Duchesnes et ils auront dix enfants.

Au temps de la conquête anglaise, en 1759, Jean avait cinq enfants de un à huit ans et Ursule était à nouveau enceinte. Il gardait chez lui son vieux père, Guillaume, et sa demi-sœur, Louise Dufour.

Lorsque les Anglais arrivèrent par le Saint-Laurent pour assiéger Québec, tous, femmes, enfants et vieillards se sauvèrent dans les bois. Les colons construisirent des fortifications à la hâte. Ils passèrent l’été dans la forêt avec leurs bestiaux. Leurs maisons furent pillées et brulées. Ursule accoucha dans des conditions absolument abominables. C’est miraculeux que la mère et l’enfant aient survécu.

Après la capitulation, les gens revinrent chez eux, ramenant les cadavres de ceux qui étaient morts de misère, parmi ceux-ci, Louise Dufour. Par ailleurs, l’ennemi avait découvert leurs caches et avait tout détruit. Ils n’avaient plus rien. Jean et Ursule ont dû inventer des moyens de survivre à ces temps si difficiles.

L’ancêtre Guillaume est décédé le 17 février 1764, à 82 ans. Il repose dans le cimetière de la Baie-Saint-Paul. Il est l’ancêtre paternel de tous les Boily au Canada. Louise Gagné-Dufour, son épouse, est l’ancêtre maternelle de tous les Boily ainsi que de tous les Dufour au Canada. Il est dit que Guillaume était un homme bon.

Ursule est décédée en 1777. Jean s’est remarié en 1779 avec Amable Côté. De cette union naquirent 11 enfants. Jean, fils unique de parents âgés, devint père de 21 enfants.

Mon arrière-grand-père, Camille Boily, et son frère Ernest, de la dixième génération, ont quitté Saint-Paul-du-Nord, au Québec, pour s’établir à La Broquerie, au Manitoba, au printemps 1888. Ils ont travaillé à la hache afin de préparer le bois pour construire leurs maisons. Au début d’octobre de la même année, Vénérande, l’épouse de Camille, s’est mise en route avec leurs six enfants et Mathilde, l’épouse d’Ernest, pour les rejoindre. Elles quittaient Saint-Paul-du-Nord pour toujours.

La première partie du voyage s’est faite par bateau sur le fleuve Saint-Laurent. Une tempête a déchiré les voiles et a failli les diriger en haute mer. Lorsque le bateau est arrivé à Montréal, les passagers durent passer la nuit dans le bateau.

Au matin, c’était la marée basse et le bateau était penché sur le côté. Il a fallu attendre la marée haute pour le redresser. Il n’y avait pas de vent donc le bateau ne bougeait pas. Une chaloupe est allée à la rescousse et les hommes ont dû ramer comme des forçats pour amener le bateau au quai.

En débarquant les caisses, les débardeurs en ont échappé une grosse remplie de linge, de couvertures et de catalognes dans le fleuve. Ils l’ont repêchée et placée dans le train du CPR en route pour Winnipeg. Le train est arrivé de nuit. Camille et Ernest attendaient impatiemment leurs familles. Je peux seulement m’imaginer la joie et le soulagement des retrouvailles après tant de péripéties. La dernière étape du voyage s’est déroulée en charrette. Malheur de malheur, lorsqu’on ouvrit la grosse caisse, tout le linge était moisi. On a dû tout jeter.

Vous, mes braves ancêtres, je vous salue.

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Graphiste, illustratrice et publi-reporter à La Liberté.

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