Née à Montréal, Martine Bordeleau passe sa jeunesse à découvrir le monde avant de poser ses valises au Manitoba il y a 30 ans, séduite par l’immensité du ciel et la bienveillance des Manitobains. Sa passion pour le français l’entraîne vers une carrière en communications. Son père, André, conteur dans l’âme, lui a partagé quelques souvenirs de la seconde guerre mondiale.

Par Martine Bordeleau

– Je n’allais rapporter qu’une seule chose de la guerre, une dentelle de Bruges, pour ma mère.
– Lui as-tu donnée?
– Non, j’en ai fait cadeau à une garde-malade.
– Tu as donné à une étrangère le cadeau que tu destinais à ta mère?
– Hé oui. L’espace d’une nuit, elle m’a redonné goût à la vie. J’avais honte. J’étais un homme réduit par le typhus et blessé, ensanglanté, crotté, nauséabond, en loques et mal rasé. Pourtant, elle me regardait comme si j’étais le plus bel homme du monde. Avec un regard affectueux, elle m’a aidé à me déshabiller pour que je puisse me laver, mon premier bain chaud depuis des mois, et elle m’a soigné. Elle s’appelait Claire, comme une lumière au milieu de la grande misère que nous venions de traverser.
– Qu’a dit grand-maman à ton retour, les mains vides?
– Que j’étais son plus beau cadeau.

 

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Graphiste, illustratrice et publi-reporter à La Liberté.

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