Rachel Westman, la directrice du développement de la Mood Disorders Association of Manitoba (Photo : Marta Guerrero).

Quand le blues hivernal s’installe plus profondément chaque année, il est peut-être temps de se tourner vers la luminothérapie. Il existe tout un réseau de bénévoles qui est là pour aider les gens à identifier les symptômes d’un trouble affectif saisonnier.

Par Mariam Ba Sow

La Mood Disorders Association of Manitoba (l’Association des troubles de l’humeur du Manitoba) est une organisation à but non lucratif qui opère à travers toute la province. Elle apporte sont aide à ceux qui souffrent de troubles de l’humeur, ainsi que leurs familles, amis, soignants et soutiens. L’association organise des groupes de parole et de soutien gratuits et anonymes.

Les personnes qui souffrent de troubles dépressifs, bipolaires ou de dépression post-partum peuvent être accueillis chaque jour au 4 Fort Street à Winnipeg. Des bénévoles sont présents pour répondre au téléphone, être à l’écoute et partager leur propre expérience, tout en garantissant support et confidentialité.

Rachel Westman, la directrice du développement de l’organisation, rapporte : « Nous ne gérons pas les situations de crises. Nous n’avons pas de médecins dans nos locaux. Nous sommes avant tout là pour guider et conseiller. » Son rôle est d’organiser des événements afin de sensibiliser les Manitobains à l’importance de la santé mentale, et lever des fonds pour l’association.

La Mood Disorders Association of Manitoba est une organisation provinciale, qui compte plus d’une vingtaine d’employés et de bénévoles à travers le Manitoba. L’association est active depuis 1983, grâce aux dons, prélèvements de fonds et au support de la communauté manitobaine.

« Nous n’avons pas encore de services en français. C’est en discussion. »

Malgré cela, l’association fournit un service très particulier qui concerne bon nombre de Manitobains : « Nous vendons et louons près de 500 lampes pour de la luminothérapie en hiver. Ces lampes filtrant les UV sont testées cliniquement. Une exposition quotidienne devant une lampe de 15 à 30 minutes par jour permet d’atténuer les symptômes du SAD. » L’acronyme SAD, qui est évidemment très parlant en anglais, signifie Seasonal Affective Disorder.

Le Trouble affectif saisonnier est un état dépressif plus avancé que le simple blues de l’hiver. Ce type de trouble de l’humeur apparaît typiquement au même moment chaque année. Les premiers symptômes se font sentir vers la fin de l’automne ou au début de l’hiver, et disparaissent au printemps ou en été. Ces symptômes sont légers au début, mais s’intensifient en même temps que la saison hivernale progresse. Cet état dépressif touche principalement les personnes vivant dans les régions nordiques où les jours raccourcissent durant l’hiver.

Rachel Westman insiste sur les difficultés humaines : « Le SAD peut sérieusement affecter la capacité d’une personne à fonctionner normalement. Il cause des changements d’humeur, une modification de la façon de penser et de réfléchir, du comportement et du bien-être général de la personne.»

Les symptômes du SAD sont récurrents chaque hiver, sans que la personne qui en souffre ne puisse expliquer la raison de son changement de comportement et d’humeur. Ces manifestations peuvent varier selon les personnalités. Exemples : difficultés à socialiser, prise de poids, mauvaise humeur, besoin de beaucoup de sommeil, perte d’énergie, léthargie et anxiété.

« Ils peuvent s’apparenter à d’autres troubles dépressifs. Ce retour des symptômes hiver après hiver est le signe qu’il s’agit très vraisemblablement du SAD. Quand les jours sont plus courts, notre corps est moins exposé à la vitamine D que le soleil nous apporte naturellement. La sérotonine, l’hormone qui gère notre horloge interne, est moins sécrétée par notre cerveau. Comme le rythme circadien est déréglé, la dépression s’installe. Le corps manque aussi de mélatonine, donc on somnole toute la journée. On ressent le besoin de dormir plus que d’habitude, mais sans se sentir reposé pour autant.»

La thérapie par la lumière que propose la MDAM permet d’améliorer ces symptômes jusqu’au retour des beaux jours. Rachel Westman insiste cependant sur le fait qu’il s’agit d’un complément d’une bonne hygiène de vie : « Même si c’est l’hiver, il faut sortir pour profiter de la lumière naturelle. Faire une activité sportive en fin de semaine, comme le ski de fond, le jogging, le patinage. Il y a plein de choses à faire durant cette saison. Pour mon cas, faire du sport à l’extérieur, manger sain, faire de la luminothérapie, conjugué à un traitement antidépresseur m’aide beaucoup chaque hiver. Cela peut être différent pour d’autres, mais c’est ce qui marche pour moi. C’est tout un nouveau mode de vie à adopter.»

L’aide lumineuse

Les lampes vendues à 200 dollars ou loués pour 20 dollars par mois à la Mood Disorders Association of Manitoba permettent de réinitialiser l’horloge interne, en imitant le soleil de façon artificielle. Les effets positifs se font sentir dès les premières semaines d’utilisation, à condition de ne pas arrêter la thérapie en chemin. Les symptômes dépressifs reviennent en effet si on ne prend pas le temps de s’arrêter devant sa lampe chaque jour.

Comme le précise les brochures de l’association, puisque la luminothérapie n’a aucun risque connu, elle peut donc être couplée avec un traitement à base d’antidépresseur. Les besoins de chacun peuvent varier, donc l’avis d’un médecin est à prendre en considération avant de commencer la thérapie par la lumière.

Une mise en garde tout de même pour les personnes ayant une maladie ou des complications liées aux yeux, ou qui prennent un traitement photo-sensibilisant. Les ultraviolets, ces rayons lumineux nocifs, sont filtrés par la lampe donc ne présentent aucun danger. Vous ne prendrez donc peu de risques en essayant la luminothérapie chez vous ou au bureau, durant un mois pour constater s’il y a des effets bénéfiques sur vous.

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