Jo-Ann Sundermeier. Photo: Gracieusité Iam McCauland

Cinq ans après sa dernière représentation à Winnipeg, revoilà Roméo et Juliette dansé par le Ballet royal. Pour la première danseuse Jo-Ann Sundermeier, interpréter le rôle de l’héroïne est un rêve devenu réalité. (1)

Par Manella VILA NOVA

Jo-Ann Sundermeier, danseuse au Ballet royal de Winnipeg depuis 2003, sera Juliette pour la première fois au Canada. « C’est un honneur pour moi. J’ai toujours été inspirée par ce rôle. Il est emblématique. Je voulais vraiment interpréter ce personnage, et le directeur artistique André Lewis m’a fait confiance. »

Lors d’une césure de deux ans prise en 2013 au Smuin Ballet de San Francisco, la danseuse avait déjà interprété des extraits du ballet. « Nous avions présenté la scène du balcon. C’était une version différente de celle du Ballet royal, tirée du travail d’un autre chorégraphe. Cependant, je travaillais déjà avec mon partenaire actuel. »

Son partenaire actuel, Josh Reynolds, est soliste au Ballet Royal de Winnipeg. Il est également son mari. « Je l’ai rencontré à San Francisco, puis nous sommes revenus ensemble à Winnipeg. C’est vraiment merveilleux de pouvoir danser avec lui.

« Comme danseuse, on doit pouvoir faire confiance à son partenaire à 100 %. C’est évidemment le cas. Il m’apporte aussi du soutien, en répétition et sur scène. On travaille bien ensemble en studio, et quand on rentre à la maison, on oublie un peu le travail. »

En juin dernier, le couple a accueilli son premier enfant. « J’étais en congé maternité. J’ai recommencé à faire des parties de cours de danse mi-novembre, et j’ai vraiment repris à la mi-décembre. J’avais demandé à avoir un rôle de figurante dans le ballet Casse-Noisette. Le rôle de Juliette marque mon vrai retour sur scène. »

Depuis le début du mois de janvier, Jo-Ann Sundermeier s’entraîne à temps plein pour donner vie à Juliette. « C’est un des rôles les plus difficiles à danser. Passer d’un rôle de figurante à un rôle principal est très extrême, mais je me sentais à la hauteur du défi. J’ai pris le temps de m’assurer que j’étais en forme physiquement et émotionnellement. »

Pour la danseuse, le plus difficile reste l’endurance. « J’aime les émotions qui accompagnent le rôle. C’est ce qui m’aide à tenir quand je suis si fatiguée que j’ai l’impression de ne pas pouvoir continuer à danser. Je puise dans l’énergie de mon partenaire, dans celle des danseurs du corps de ballet et ça régénère mon énergie pour arriver au bout. De plus, en tant que nouveaux parents, on est tout le temps épuisés. Mais j’aime tous les aspects de ma vie, et je ne les échangerais pour rien au monde. »

La version de Roméo et Juliette du Ballet royal de Winnipeg, chorégraphiée par Rudi van Dantzig sur une musique de Serge Prokofiev, rassemble les danseurs de la compagnie, les apprentis et les élèves de l’école du Ballet royal, soit près de 75 danseurs sur scène.

Pour Jo-Ann Sundermeier, c’est tout d’abord une histoire à transmettre. « Une des grandes difficultés de ce ballet est de rendre l’histoire authentique pour le public. Dans les ballets classiques traditionnels, on a besoin d’une très bonne technique. Les costumes nous rendent vulnérables, parce qu’ils montrent tous les détails. Avec Roméo et Juliette, on doit voir au-delà de la technique pour accéder à plus d’émotions. Ce sont des défis différents de ceux auxquels on est confrontés habituellement. »

(1) Roméo et Juliette par le Ballet royal de Winnipeg, à la Salle du centenaire du 13 au 17 février.

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