Yvonnick Le Lorec et Ketty Pichaud, pris d’émotion au moment de leur victoire, en compagnie des finalistes Matt Schaubroeck et Kelly Bado. Photo: Marta Guerrero.

Une huitième édition de la Fosse aux Lions s’est déroulée au Théâtre Cercle Molière, le 25 avril. L’entreprise de restauration bretonne Ker Breizh a remporté la grande cagnotte de 15 000 $ devant un jury sans concession. (1)

Par Morgane LEMÉE

Au lendemain de la Fosse aux Lions 2019, l’émotion est toujours palpable. Les propriétaires de Ker Breizh, Ketty Pichaud et Yvonnick Le Lorec, sont sur leur petit nuage. Pourtant, les pieds bien sur terre. À peine le temps de décompresser, ils se sont empressés à entamer les démarches : comparatifs de prix pour les crêpières, visite chez le garagiste, commande de nouveau matériel.

Le couple de restaurateurs l’affirmait lors de sa présentation en finale de la Fosse aux lions : la cagnotte de 15 000 $ du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM) permettrait une croissance considérable de leur entreprise de restauration. Yvonnick Le Lorec : « On prévoit tripler notre production en achetant quatre crêpières supplémen taires. On va aussi acheter tout le matériel nécessaire pour notre été sur l’Esplanade Riel, et donc pouvoir ouvrir le kiosque plus rapidement. Et puis on va investir dans une fourgonnette avec logo, ce qui va améliorer notre visibilité. »

Ketty Pichaud et Yvonnick Le Lorec ont créé Ker Breizh en octobre 2018. Ker : l’endroit chaleureux, convivial. Breizh : la Bretagne. Ces deux mots résument l’essence de leur cuisine : crêpes sucrées, galettes de sarrasin salées, caramel au beurre salé et autres spécialités de leur Bretagne natale.

L’histoire d’amour entre les deux entrepreneurs français et le Manitoba ne date pas d’hier. Ketty Pichaud raconte : « On a déjà vécu ici il y a dix ans. Mais on a dû rentrer en France précipitamment à cause de papiers d’immigration. Il y avait un goût de non-fini. On a ouvert notre café en France et on a gagné en expérience. On est revenus en vacances au Manitoba en 2014 et ça nous est apparu clairement : notre histoire avec Winnipeg n’était pas terminée. On a décidé de revenir et d’importer les crêpes typiquement bretonnes. »

Après plusieurs années de préparation, Ketty Pichaud et Yvonnick Le Lorec ont fait leur retour en juin 2018, en compagnie de leur fils de trois ans, Ylarick. « En plus des grands espaces et de la mentalité canadienne que l’on adore, le Manitoba est une terre d’opportunités. En France, on avait mis trois ans à vraiment faire décoller notre restaurant. Il a beaucoup plus de compétition. Ici, on sent qu’on a notre chance. Depuis notre victoire, on en est sûrs : ce n’est que le début pour Ker Breizh. »

Le rêve ultime : ouvrir un jour les portes d’un restaurant crêperie aux allures 100 % bretonnes. En attendant, les spécialités de Ker Breizh sont à retrouver tout l’été sur l’Esplanade Riel et sur le marché de Saint-Norbert.

(1) Le jury de la Fosse aux Lions 2019 était composé de Julie Turenne-Maynard, Ginette Lavack, Robert Tétrault et Matt Sabourin.

La Fosse aux Lions a trouvé sa formule

Depuis sa création en 2011, la Fosse aux Lions, organisée par le CDEM, reçoit environ 12candidatures pour quatre finalistes. Le but de la compétition est simple : encourager l’économie locale et ses entrepreneurs.

Suzanne Druwé, directrice des communications du CDEM : « Il faut savoir que nous ne donnons pas 15000$ cash comme ça. Ce serait trop dangereux. L’entreprise gagnante nous remet ses factures au fur et à mesure et nous remboursons à hauteur de 15 000 $. « Quand on y pense, une douzaine de nouvelles entreprises candidates, dans un bassin francophone, c’est beaucoup. On nous le dit chaque année : même s’ils perdent, les participants se sentent gagnants.

« Car le processus de préparation pour la Fosse aux Lions leur demande une réflexion profonde. On ne fait pas ça seulement pour qu’ils gagnent, mais pour qu’ils mènent à bien leur entreprise. Si bien que tous les participants sont encore en affaire aujourd’hui.

« Il y a deux ans, on a eu quelques pépins durant la soirée. On s’est alors rendu scompte qu’il fallait changer notre formule pour que cette finale devienne un spectacle. Nous avons changé l’emplacement pour être au Théâtre Cercle Molière. Depuis, nous travaillons de plus près avec les finalistes. Ils suivent des formations, on leur fait répéter leur discours. On a vu une différence remarquable l’année dernière, avec une ambiance très professionnelle. Là, on a trouvé notre formule. »

 

 

 

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