Andrina Turenne, vice-présidente de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM); Philippe Mailhot, historien et membre du comité organisateur ; Paulette Duguay, présidente de l’UNMSJM et Michelle Gervais, directrice de Tourisme Riel.. Photo: Mathilde Errard

Une croix sera érigée en souvenir d’un moment fondateur de la résistance métisse en 1869, celui de La Barrière. Entreprises Riel, l’Union nationale métisse et les autres organisateurs l’espèrent pour octobre 2020, l’année du 150e anniversaire du Manitoba. Le possible impact touristique est dans les esprits.

Par Mathilde ERRARD

Jeudi 24 octobre, une croix en bois a été symboliquement plantée au bord de la route 75 au sud de Winnipeg. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. Il correspond à peu près à l’endroit original où a été érigée une barrière, voilà 150 ans, précisément le 2 novembre 1869.

Le curé de Saint-Norbert, l’abbé Noël Ritchot, et Louis Riel y ont aussi planté une croix. Leur geste avait pour but de marquer la décision des Métis canadiens-français d’interdire l’accès du territoire au lieutenant gouverneur McDougall imposé par Ottawa.

L’envoyé du gouvernement fédéral projetait de rejoindre le fort Garry pour prendre possession de la Rivière-Rouge au nom du Canada. À cette époque, explique Philippe Mailhot, historien et ancien directeur du Musée de Saint- Boniface, « les gens étaient très croyants. Pour l’abbé Ritchot et Louis Riel, cette victoire a été possible grâce à l’intervention de Dieu. La croix était un symbole. »

C’est donc sur ce petit bout de terre qu’un projet devrait voir le jour d’ici un an, dans le cadre du 150e anniversaire de la Province. Entreprises Riel et l’Union nationale métisse Saint- Joseph du Manitoba souhaitent y déplacer la croix de granit aujourd’hui située place Saint- Norbert, près de la Maison McDougall. (1)

L’enjeu est avant tout touristique. Le but est de mettre davantage en valeur l’évènement de La Barrière, affirme Michelle Gervais, présidente de Tourisme Riel. « Nous souhaitons ériger cette croix à l’endroit original. Mais, puisque le lieu est difficile d’accès, l’idée est d’aménager une place où les curieux pourront s’arrêter et s’informer. »

Il est important que cet acte de résistance des Métis possède son lieu attitré, explique-telle. « On peut parler de La Barrière au milieu d’un parc, mais il faut pouvoir montrer physiquement les lieux. Que les touristes s’arrêtent et réalisent : Ah ! C’est ici que ça s’est passé. En plus, sur la route 75, nous sommes à l’extrémité sud de la ville, nous sommes entourés de grands champs. Il est plus facile d’imaginer l’arrivée des troupes de McDougall face aux Métis.

« Dans nos visites guidées, nous parlons souvent de Louis Riel dans Saint-Boniface : l’église, sa tombe, le musée… Mais les évènements vraiment décisifs se sont passés ici, à Saint-Norbert. Aujourd’hui, comme nous n’avons pas de lieu physique à visiter, on se rend très peu à Saint-Norbert. Ou alors, on peut simplement s’arrêter sur les marches de l’église, mais c’est tout. »

Michelle Gervais estime que cet aménagement coûterait environ 150 000 $. Le comité du projet a entrepris des demandes de financement, notamment auprès de Patrimoine canadien et de Manitoba 150. Elle espère des réponses d’ici la fin de l’année. Ce projet en est encore au stade du dessin, réalisé par la société d’architectes HTFC Planning and Design.

Philippe Mailhot, membre du comité organisateur, aimerait voir la création d’une tournée touristique des sites Riel dès 2020. « Ce site pourrait faire partie d’un circuit et rejoindre les autres monuments liés aux Métis et à Louis Riel : le tombeau de Louis Riel, l’embouchure de la rivière Seine où Louis Riel est né, où il y a une petite plaque, le fort Garry… »

Il souligne que ce projet ne profitera pas qu’au tourisme patrimonial. Il permettra d’étendre plus largement la connaissance sur l’évènement historique de La Barrière.

« Moi j’ai grandi à Saint- Norbert. Mais dans ma jeunesse, je n’avais aucune idée de ce qui s’était produit juste à côté de chez moi dans le passé. On n’en parlait pas à l’école, par exemple. Je savais qu’il y avait un monument au bord de la rivière, mais sans savoir ce que ça représentait. »

(1) Les membres participants au projet sont : Entreprises Riel; l’Union nationale métisse Saint- Joseph du Manitoba; Philippe Mailhot, historien; la Société historique de Saint-Boniface, Héritage Saint-Norbert ; la Fondation Saint-Norbert; Groupe Action Saint-Norbert et l’Association des municipalités bilingues du Manitoba.

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