Denis Vrignon-Tessier, Jérémie Gosselin et Eric Gosselin du groupe Les Surveillantes, lanceront leur deuxième album, Feu les artifices le 23 janvier. Photo : Mathilde Errard

Le 23 janvier, le groupe Les Surveillantes lance son nouvel album avec des morceaux enregistrés uniquement en live (1). Feu les artifices sort neuf ans après un premier album qui avait emmené le groupe en tournée au Canada et en France.

 

Par Mathilde ERRARD

 

La pochette s’accorde au titre de l’album : sobre, fine. Elle ressemble à un morceau de papier vierge sur lequel l’un des membres du trio, Denis Vrignon-Tessier, a esquissé un dessin au crayon à papier.

Dans le studio d’enregistrement, Denis Vrignon-Tessier, Eric et Jérémie Gosselin ont également décidé d’être simples. Pour leur premier album sorti en 2010 l’enregistrement s’était déroulé d’une manière classique : chacun avait joué en même temps, mais dans des compartiments séparés, avec des écouteurs.

En mars 2019, les neuf chansons de Feu les artifices, elles, ont toutes été enregistrées en live. Dans le studio chez Eric Gosselin, les trois musiciens ont chanté et joué autour d’un seul micro. Jérémie Gosselin explique : « Assis les uns en face des autres, ça a changé le son et notre manière de jouer. C’est comme si on pouvait voir tout le paysage de la chanson. On était plus simplement concentré sur notre performance. »

Eric poursuit : « Enregistrer en live a été plus plaisant. On sentait les vibrations, les énergies et on pouvait capter les regards et les intentions de chacun. »

Il ajoute que cette manière d’enregistrer a permis de mieux faire passer l’énergie du groupe. « On voulait quelque chose de vrai, d’authentique. Sans découpage. Sans artifice. Alors, quand on faisait des erreurs, on recommençait le morceau du début. »

Enregistrer en live leur a également permis de gagner en efficacité et en temps. Les artistes avaient pratiqué et peaufiné les morceaux de l’album depuis quelques années.

Depuis la fin de leur tournée de six mois en 2011, le groupe a ralenti la cadence. Les Surveillantes était suivi par l’agence montréalaise Preste, ils ont tourné sur une soixantaine de dates en six mois au Canada et en France. Une très bonne période pour tous. Mais intense.

« C’était vivre tout le temps dans ses valises, se souvient Denis Vrignon-Tessier. C’était un peu comme pédaler sur une bicyclette dans le vent. Voire dans la neige », sourit-il.

Eric Gosselin file la métaphore : « Et il fallait appuyer très fort sur la pédale. Sinon, on nous oubliait très rapidement à Montréal ». Jérémie Gosselin abonde dans le même sens : « Et on s’est posé la question : Est-ce qu’on veut continuer à ce rythme-là sur le long terme? »

Reste que depuis ce temps-là, les trois musiciens ne se sont jamais arrêtés de jouer et de composer. Cela fait quelques années qu’ils songeaient à sortir un disque. Mais entre leurs projets personnels, leurs vies de famille et leurs emplois, ils ne sont finalement entrés en studio qu’au mois de mars 2019.

Comme la pochette et le titre, un fil rouge relie les textes, signés par les trois artistes. Chacune à leur manière, les chansons rejettent, défont les idées reçues et les normes imposées implicitement par la société.
« Par exemple, dans Une chanson pour une amie, on est allé à l’encontre de cette idée qui dirait qu’un homme et une femme ne peuvent pas être simplement amis. Qu’il y a forcément une attirance derrière. »

Leur nom est également resté en cohérence avec leurs idées. Jérémie Gosselin rappelle que l’idée provient d’un recueil de nouvelles de Gaëtan Brulotte, Le Surveillant. « Il n’y a avait pas que des hommes dans le groupe à l’époque. Alors, on a décidé que le féminin l’emporterait. »

En 2011, après le départ de Danielle Burke, le groupe a conservé ce nom. Aujourd’hui, il participe aux questionnements actuels sur les identités et les genres. « C’est bien que les gens se posent des questions : Les Surveillantes… Mais ce sont des hommes? Pour moi, c’est important d’être flexible et de démanteler cette idée qu’un homme va dans telle case et la femme dans une autre. »

(1) Le 23 janvier au CCFM, salle Antoine Gaborieau à 19h30. 15 $ à l’avance, 20 $ à la porte.

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