Parc éolien.

Souvent vue comme la solution miracle pour sortir des sources d’énergie très polluantes comme les énergies fossiles ou, plus controversée encore, l’énergie nucléaire, l’éolien a le vent en poupe! Mais est-ce vraiment si propre que ça?

 

Par Arthur BÉAGUE, chroniqueur (L’Eau vive)

 

L’énergie éolienne est l’une des composantes majeures de la politique de transition énergétique et elle connait actuellement une croissance fulgurante. Le Canada ne déroge pas à la règle. L’éolien commence à prendre une place importante dans les sources d’énergie du pays. En 2018, 4,6 % de la production électrique provenait de l’éolien. C’est certes très loin derrière les 58,9 % de l’énergie hydraulique, mais le gouvernement en a fait un cheval de bataille et souhaite porter à 20 % la part de l’éolien dans la production d’électricité en 2025.

Cette énergie basée sur une ressource naturelle inépuisable qu’est le vent n’est en rien comparable aux énergies fossiles. Qu’elles soient terrestres ou en mer, les éoliennes émettent très peu de dioxyde de carbone. Pour 1 kWh produit, l’énergie éolienne dégage 83 fois moins de C02 que la combustion du charbon et 70 fois moins que le pétrole.

 

Lire la chronique dans son intégralité sur le site du journal L’Eau vive

 

Alors quand Éole, fils de Poséidon, veut bien ouvrir sa caverne pour libérer cette masse d’air, nous en profitons grâce à une machine révolutionnaire : l’éolienne! Le vent fait tourner les pales qui font tourner le générateur qui s’occupe de transformer l’énergie mécanique en énergie électrique.

 

Pas si bon pour la planète

Mais voilà, production rime avec perturbation. L’énergie éolienne, aussi propre soit-elle, a des impacts. Outre le fait que le paysage s’en trouve modifié avec l’apparition de ventilateurs géants, l’installation d’un parc éolien modifie et détruit une partie de l’habitat. L’éolienne est ainsi susceptible de modifier les réseaux trophiques et d’avoir un impact indirect sur les espèces qui utilisent ces sites.

Un impact direct est aussi constaté en particulier chez les animaux volants. Au Canada, 8,2 oiseaux par éolienne seraient ainsi tués chaque année, soit environ 54 000 oiseaux par an. La mortalité résulte de chocs avec les éoliennes, mais aussi, pour les animaux de petite taille, de barotraumatisme, c’est-à-dire un choc lié à une diminution soudaine de la pression dans le corps, causé par le passage de l’individu à proximité d’une pale d’éolienne en mouvement. Les chauvesouris paient un très lourd tribut au point que l’éolien représente pour ce groupe faunistique l’une des sources de mortalité les plus importantes. Au Canada, 166 000 chauvesouris seraient ainsi tuées chaque année.

L’énergie éolienne est surtout pointée du doigt pour son utilisation de terres rares nécessaires à la fabrication des aimants qui équipent la plupart des génératrices. Cet ensemble d’éléments chimiques est présent dans la croute terrestre sur toute la surface du globe. La Chine est le leadeur incontestable du marché avec 97 % de la production mondiale grâce à des prix défiant toute concurrence et une politique où la santé des hommes et celle de l’environnement n’a aucune valeur.

L’extraction de ces métaux nécessite de broyer les roches, puis d’utiliser une pléthore de réactifs chimiques (acides sulfuriques, acides nitriques…), entrainant des radiations dans des proportions non négligeables. L’industrie éolienne consacre des efforts de recherche et de développement en vue de mettre au point des technologies de génératrices qui rendraient inutiles l’utilisation de terres rares.

Les transitions sont souvent gages de changement et d’espoir, mais n’oublions pas que toute course a une ligne d’arrivée.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici