Les bénévoles de la banque alimentaire Bons Voisins d’Embrun continuent leur travail pour aider les familles dans le besoin. Photo : Page Facebook Bons Voisins

Crise de COVID-19 ou non, les banques alimentaires de Prescott-Russell continuent leur travail, mais elles s’attendent à une augmentation de la demande dans les semaines à venir.

 

Par Ayoub JLILA – Édition André Paquette 

 

« Nos étagères se vident doucement, mais on s’attend à une augmentation des appels dès la semaine prochaine suite aux mises à pied dans les différents secteurs économiques de la région ». C’est ainsi que le président de la banque alimentaire Bons Voisins d’Embrun, Jean-François Gignac, a résumé la situation lorsque nous lui avons parlé récemment.

Cet organisme, comme tous les autres offrants du soutien alimentaire dans la région de Prescott-Russell, s’apprête à vivre des semaines d’achalandage accru en raison de la crise de la COVID-19 qui frappe de plein fouet l’économie de la province et de la région. 

Crise de dons?

Les banques alimentaires demeurent ouvertes, puisqu’elles sont considérées comme des services essentiels, mais la déclaration de l’état d’urgence par la province et les recommandations des autorités sanitaires ont un impact indirect sur les stocks et la quantité de dons reçus. 

« Pour le moment, il n’y a rien d’alarmant. Le nombre d’appels est plus élevé que d’habitude, mais on a un œil sur la situation », explique M. Gignac. La banque alimentaire d’Embrun tient le coup, et continue à servir la communauté, malgré l’évolution rapide de la situation. 

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Cette banque, qui nourrit plus de 3000 bouches par année, résiste grâce aux dons accumulés durant la période des fêtes de Noël, mais tout présage une pénurie prochaine.

« Nous avons tenu une réunion d’urgence pour évaluer l’état de nos stocks, mais notre crainte est l’augmentation de la demande après les pertes d’emplois dans la région », indique Jean-François Gignac. 

La crise de COVID-19 a laissé bon nombre de famille dans une situation précaire, mais a aussi touché à certains commerces, qui étaient les premiers contributeurs de la banque alimentaire. Cette situation accentue la pression sur l’organisme pour trouver d’autres moyens de remplir ses étagères. 

Demande en augmentation

Diane Perrault, de la banque alimentaire Casselman Crysler St-Albert, confirme ce portrait et explique que depuis une semaine, elle constate une augmentation légère des appels sur le répondeur de son organisme. « Malheureusement, nos services seront plus sollicités dans les semaines à venir, nous sommes conscients de cela », souligne-t-elle.

La responsable bénévole craint l’impact de la pandémie sur l’économie, avec le risque que le nombre de personnes en situation précaire augmente. Mme Perreault dit en voir déjà les prémisses. « On essaye de répondre à tous et en même temps, nous surveillons nos stocks. Hier, nous avons reçu 10 appels, ce qui est un grand nombre en temps normal. »

Solidarité malgré la crise

Les banques alimentaires qui ne bénéficient d’aucune aide gouvernementale, demeurant dépendantes des dons et la générosité de la communauté. À cet effet, M. Gignac a confiance. Il constate que malgré ces temps de crise, la communauté reste attentive aux besoins de son organisme. Cette attention particulière se traduit sur le terrain par le bénévolat qui, fait surprenant, n’a pas diminué. Au contraire, les volontaires sont en nette augmentation. 

« On n’a pas de pénurie au niveau des bénévoles ; au contraire, les gens de la communauté proposent toujours leur aide », souligne M.Gignac. Même constat pour la banque alimentaire de Casselman, qui ne manque pas de bras pour le moment.

Le temps de s’adapter

Cette crise sanitaire sans précédent pousse ces organismes sociaux à s’adapter aux mesures de distanciation sociale. « Nous avons envoyé une note à tous les bénévoles, les priant d’appliquer les règles de sécurité et de ne pas se déplacer s’ils ont effectué un voyage dernièrement », indique le président de la banque alimentaire d’Embrun. 

« On a dû s’adapter dans notre travail quotidien : on porte des masques et des gants et les bénévoles, qui ne sont que cinq maximum, gardent la distance de sécurité d’un mètre. »

D’autres changements sont perçus dans la manière de servir les citoyens. « Avant, les familles avaient l’habitude d’entrer dans la banque pour récupérer leurs boites, mais aujourd’hui ce n’est plus possible. Aussi, le comptoir des produits n’est plus accessible aux familles », indique M.Gignac. 

Bien évidemment, ces mesures découlent de la prévention contre la propagation de la COVID-19, et visent à assurer un milieu de travail sécuritaire pour les bénévoles et les familles. « Nous prenons les précautions nécessaires pour continuer à servir les familles » confirme Diane Perrault.

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