Les producteurs laitiers sont régis par le système d’offre et de demande et la demande (humaine) a été réduite ces temps-ci. Amber Craswell, membre du bureau de direction de Dairy Farmers of PEI, affirme que les producteurs de l’Ile n’ont pas eu besoin de jeter du lait, contrairement à d’autres provinces. Photo : blog.heatherogg.com

La pandémie de COVID-19 a entrainé des fluctuations rapides et imprévues de demandes pour de nombreux produits, notamment le lait et les produits laitiers. La fermeture presque complète du secteur de la restauration et l’évolution des habitudes d’achat dans les épiceries ont eu des répercussions importantes sur la demande pour les principaux produits laitiers.

 

Par Jacinthe LAFOREST – La Voix acadienne

 

Partout au Canada, les producteurs et les transformateurs laitiers continuent de travailler avec leurs partenaires tout au long de la chaine d’approvisionnement pour nourrir le pays alors que nous faisons tous face à des circonstances et des défis sans précédent. De plus, les producteurs et les transformateurs laitiers font don de volumes importants de produits laitiers aux banques alimentaires afin de soutenir les Canadiens dans le besoin.

La dernière chose que les producteurs et leurs partenaires de la chaine d’approvisionnement souhaitent, c’est de jeter du lait. Jour après jour, à longueur d’année, les producteurs et les transformateurs se consacrent à l’approvisionnement du marché en lait nécessaire pour nourrir les Canadiens.

« C’est vraiment la dernière chose qu’on veut, dit Johnny Gallant, producteur laitier dans le petit village de St-Timothée dans la région Évangéline. On est chanceux ici à l’Ile que notre coopérative ADL est assez diversifiée et que jusqu’à présent, elle n’a pas été obligée de jeter du lait» .

Le problème des quotas

Amber Craswell, membre du bureau de direction de Dairy Farmers of PEI depuis le 2 avril, confirme que sur les cinq membres du regroupement P5 qui inclut les producteurs de l’Ile, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, du Québec et de l’Ontario, l’Ile est la seule province qui n’a pas eu besoin de jeter du lait cru.

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« Ici, sur notre ferme Crasdale Farms à Rustico, nous trayons normalement 100 vaches, mais nous avons réduit notre production. Ça peut se faire de plusieurs façons : ici, au lieu de sevrer nos veaux à deux mois, on les laisse téter quelques semaines de plus. Aussi, au lieu de cesser de traire les vaches 60 jours avant le vêlage, on arrête vers 75 jours », explique Amber Craswell.

« C’est sûr que nous ne pouvons pas arrêter de traire une vache qui donne 60 litres de lait par jour. Ça la rendrait malade et pour nous, la santé des animaux est très importante. Mais quand une vache arrive à l’étape où elle donne peut-être 25 litres par jour, c’est possible d’ajuster sa nourriture pour faire descendre un peu sa production et arrêter de la traire sans danger pour elle », enchaîne la productrice agricole.

Du côté de St-Timothée, Johnny Gallant explique que tout repose sur le système de quotas. « En général, on a un peu de flexibilité. On a un an pour remplir le quota de la ferme. Il y a des périodes où on produit moins et des périodes où on se rattrape en produisant un peu plus. À notre ferme, on était en mode rattrapage quand tout ça a frappé. Je n’ai plus du tout le droit de dépasser mon quota même si, sur l’année complète, je ne l’ai pas rempli », déplore-t-il.

Les Producteurs laitiers du Canada, l’organisme national qui regroupe toutes les provinces et les territoires, a reconnu qu’au Canada « les changements spectaculaires de la demande et les défis connexes qui se font sentir tout au long de la chaine d’approvisionnement ont rendu nécessaire l’élimination d’une partie du lait cru, ce qui est extrêmement regrettable et difficile ».

Le café sur le pouce manque à l’industrie laitière

Lorsqu’en se rendant au travail, on s’arrête prendre notre café double crème sur le pouce, on est loin de se douter que cela fait partie de l’équilibre de l’offre et de la demande qui régit la production laitière au Canada. Mais c’est le cas. « Le café chez Tims ou McDonald’s, les petites dosettes de crème, tout ça fait partie de la demande et c’est en grande partie là que la demande s’est presque arrêtée, sans avertissement », souligne Johnny Gallant, approuvé par Amber Craswell.

« Ma fille jouait au hockey cinq fois par semaine. Je n’y vais plus, donc je ne prends plus mon café à la cantine. On n’y pense pas, mais tout cela pèse dans la balance ».

Le conseil d’administration des Producteurs laitiers du Canada rappelle pour sa part que « toute la chaine d’approvisionnement travaille avec diligence pour réagir à ces chocs soudains et pour s’adapter aux changements de la demande de produits laitiers et d’autres aliments ».

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